Faut-il profiter du confinement pour ne plus se laver les cheveux ?

Depuis quelques semaines, la tendance est aux cheveux gras. La raison ? Le confinement. L’excuse ? La cure de sébum. Qu’en est-il vraiment des bienfaits de cette pratique et comment la réaliser correctement ? La réponse du Dr Nina Roos, dermatologue.

Aucun doute, confinement rime avec relâchement. S’il est conseillé, à juste titre, de ne pas passer toute la journée en pyjama, on se laisse tenter avec joie par un legging ou un jogging moelleux. Même tendance du côté du maquillage. Comme il semble loin le temps de la routine make-up du matin ! Si ces petits laisser-aller font l’unanimité, il en est un en revanche qui nous laisse un peu perplexes : profiter du confinement pour ne plus se laver les cheveux. C’est ce que ses adeptes appellent «la cure de sébum». L’objectif final est qu’ils regraissent moins vite. Mais qu’en est-il vraiment ? Ne pas se laver les cheveux régulièrement peux-t-il leur faire du bien ? Le Dr Nina Roos, dermatologue et vénérologue, démêle le vrai du faux.

La routine beauté préférée des stars pendant le confinement

La chanteuse Dua Lipa et son petit ami Anwar Hadid, le 23 mars 2020. Rien de tel qu’un atelier masque de beauté en couple !

Gigi Hadid a opté pour un masque doré. Un véritable mannequin en or.

Jessica Alba peut se vanter d’utiliser les produits de sa propre marque, Honest. Et semble une adepte du multi-masking, soit combiner les soins pour du sur-mesure. Elle mise donc sur le Détox pour la zone T et le Prime + Perfect sur le reste du visage.

Kristen Bell et son mari ont trouvé comment passer le temps avec un masque de beauté en duo.

Le moral avant tout

On se souvient des tendances du no-poo (arrêter le shampoings) et du low-poo (les espacer). L’initiative du moment, saisir l’occasion de l’isolement contraint pour sevrer ses cheveux du lavage, répond à cette même envie de limiter nos soins capillaires. «Il est vrai qu’au quotidien, nous avons tendance à agresser nos cheveux, reconnaît le Dr Nina Roos, dermatologue. Profiter du confinement pour réduire les soins qu’on leur apporte est donc une bonne idée. Mais ne plus du tout les laver ne me semble pas réaliste.» Deux raison à cela.

D’abord, à moins d’être confinées toutes seules, nous sommes toujours exposées au regard des autres : famille, conjoint et même collègues pour celles qui télétravaillent en visioconférences. «Or on attend de nous que nous conservions une certaine tenue, une maîtrise, même dans les moments extrêmes», explique la dermatologue. La deuxième raison : le bien-être personnel. Dans le contexte actuel, il est préférable de privilégier ce qui nous fait du bien. Or, selon le Dr Roos, «garder la tête sale n’est pas bénéfique pour le moral. Si ne plus vous laver les cheveux vous fait plaisir, allez-y ! Sinon, ne le faites pas. D’autant que selon les natures de cheveux, les effets seront différents.»

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Des effets aléatoires

S’il est tentant d’adopter une routine qui demande moins d’effort et d’entretien, les résultats ne seront malheureusement pas les mêmes pour tout le monde. «Comme il existe plusieurs types de cheveux, il n’existe pas de recette universelle», confie le Dr Roos. Pour les personnes sujettes aux pellicules par exemple, ne pas faire de lavage pendant longtemps pourrait très vite s’avérer désagréable, notamment en raison des démangeaisons que cela provoque. «Les cuirs chevelus comme ceux-là ont besoin de soins adaptés, en particulier pour réguler leur PH et leur production de sébum», explique-t-elle. En résumé : arrêter de les laver ne sera pas efficace.

Mais s’il est une catégorie de personnes pour qui l’idée de pouvoir, un jour, arrêter les shampoings est tentante, c’est bien pour celles ayant une nature de cheveux grasse. Cela concerne en particulier les jeunes femmes de moins de 25 ans, et a fortiori les fumeuses. Pour elles, pas de miracle selon la dermatologue : « à l’issu du sevrage, leurs cheveux graisseront peut-être un peu moins vite, mais cela n’entraînera que des résultats à la marge. En général, on recommande aux personnes à la peau grasse un shampoing tous les 3 ou 4 jours. Pour les peaux plus matures et plus sèches : une fois par semaine ou tous les 15 jours.»

Prendre le temps d’observer

Si l’arrêt définitif des soins capillaires pendant le confinement est déconseillé, comment faire profiter à nos cheveux de ce temps long ? «C’est peut-être l’occasion de laisser son cuir chevelu reprendre un rythme naturel», suggère Nina Roos. L’idée : prendre le temps d’observer comment fonctionne notre cuir chevelu pour mieux connaître ses besoins et adopter une routine de lavage plus adaptée. «On peut commencer par un sevrage de 8 à 10 jours, et modifier la durée selon notre résistance et les besoins observés, conseille la dermatologue. Les personnes qui ont la peau sèche pourront peut être attendre plus longtemps, contrairement à celles ayant la peau grasse.»

Toutefois, il est important de rappeler que le contexte influence le résultat. Si les saisons et les hormones modifient la production de sébum, le confinement aussi. Moins exposés à la pollution, nos cheveux se salissent certes moins vite. «Mais la situation d’enfermement génère du stress, et le fait de ne pas pouvoir décompresser en faisant du sport ou en sortant augmente la production de sébum», prévient l’experte. Les besoins seront donc peut-être différents après le retour à la vie normale.»

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Faire moins pour faire mieux

Laver moins d’accord, mais comment cela va-t-il aider à ralentir l’effet gras ? «Plus on met de nettoyant moussant, plus on favorise le graissage des cheveux, explique le Dr Roos. Les shampoings ont tendance à agresser le cuir chevelu car ils dissolvent le film hydrolipidique (les bonnes graisses de l’épiderme), forçant la peau à synthétiser plus de sébum pour compenser le dessèchement en surface. Diminuer les soins permet donc à la peau de moins compenser et donc de s’auto-réguler.» La dermatologue propose également de réduire le nombre de produits utilisés, en se passant de l’après-shampoing par exemple. Et quitte à consommer moins, autant consommer mieux, avec des soins moins agressifs comme ceux des marques dermo-cosmétiques par exemple. L’idéal, selon elle ? Le format solide ! «Moins moussant, plus écologique et souvent produit par des filières favorisant l’artisanat, c’est un très bon compromis.»

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