3 mai 1987 : le jour où Dalida s’est donné la mort à son domicile parisien

“La vie m’est insupportable, pardonnez-moi” : c’est le mot laissé par Dalida dans la nuit du 2 au 3 mai 1987, avant de se donner la mort, seule, par overdose de somnifères.

Son corps sera retrouvé le lendemain, un dimanche, par son habilleuse, au 11 bis rue d’Orchampt, son domicile parisien (Montmartre, Paris XVIIIe).

Des barbituriques, un verre de whisky et deux lettres

L’actrice et chanteuse italienne, de son vrai nom Yolanda Gigliotti, est née au Caire (Egypte) en 1933. Elle était atteinte, dans les dernières années de sa vie, de dépression chronique due notamment aux drames qui ont parsemé sa vie : trois de ses grands amours se sont donnés la mort et elle est devenue stérile à la suite d’un avortement clandestin.

De retour d’un concert en Turquie (du 28 au 29 avril dans la ville d’Antalya, ndlr), qui sera le dernier, la chanteuse semble éteinte. Son assistant, et confident, Antoine Angelelli soutient, selon un article de Gala daté de 2017, que ce suicide était prévisible. “J’ai fait le dernier gala avec elle en Turquie, le jeudi 29 avril. C’est ce soir-là qu’elle a dû prendre sa décision, car elle a chanté Mourir sur scène avec une telle intensité qu’on s’était regardés, interloqués avec son impresario Roland Ribet”, témoigne-t-il.

Quelques jours plus tard, à Paris, le 2 mai 1987, Dalida fait croire à son entourage qu’elle a une soirée chargée : elle doit aller voir une comédie de Jérôme Savary, Cabaret, au théâtre Mogador. En réalité, elle annule et attend un coup de téléphone de son homme du moment, un médecin nommé François Naudy. Il ne l’appellera jamais.

Dans la nuit du 2 au 3 mai, Dalida avale un tube de barbituriques (somnifères et sédatifs puissants) avec un verre de whisky (l’alcool décuple les effets de ce type de médicament, ndlr). Elle laisse deux lettres, une à son frère Orlando, l’autre à son compagnon. Et un mot, sûrement destiné à son public : “La vie m’est insupportable, pardonnez-moi”.

C’est Jacqueline, son habilleuse et dame de compagnie, qui retrouve son corps sans vie dans l’après-midi du 3 mai.

Inhumée au cimetière de Montmartre

Le 4 mai 1987, lendemain de sa mort, pour annoncer la triste nouvelle, le journal le Républicain lorrain titre “Ciao Ciao Dalida” en référence à sa chanson iconique Ciao Ciao Bambina.

Les funérailles devaient avoir lieu à l’église Saint Jean de Montmartre, le 7 mai 1987. Mais le bâtiment étant trop petit pour accueillir les quelque 40 000 personnes venues assister à la cérémonie, celle-ci se tient par dérogation à l’église de la Madeleine. Elle est inhumée le même jour au cimetière de Montmartre (division 18).

Un grand nombre de personnalités, telles que Charles Aznavour, Brigitte Bardot, Alain Delon ou encore François Mitterrand, lui rendent publiquement hommage. Plus de trente ans après sa mort, le monde de la musique continue de célébrer la chanteuse iconique en mal d’amour et les confidences sur les circonstances de sa mort continuent d’affluer.

Icône de la butte Montmartre, elle a aujourd’hui une place à son nom où des fans se réunissent régulièrement. 

“Personne ne me volera ma mort”

Star mythique de son vivant, Dalida est restée gravée dans les mémoires comme une femme accomplie dans la musique mais frustrée dans sa vie privée. Son frère et producteur Orlando rapporte, dans un entretien donné à France Dimanche en 2019, cette phrase prononcée par la chanteuse : “J’ai réussi dans la vie, mais pas ma vie”.

Toujours selon son frère, le suicide de Dalida était certainement prémédité (“Elle a toujours dit : ‘personne ne me volera ma mort’”) et s’explique par les nombreuses déconvenues amoureuses qui ont parsemé sa vie. Trois des hommes qu’elle a aimés se sont suicidés.

Le drame le plus marquant de sa vie sera la mort de son fiancé Luigi Tenco qui se donne la mort en janvier 1967 en se tirant une balle dans la tête après une prestation médiocre au Festival San Remo. C’est Dalida elle-même qui découvre le corps inerte de son premier amour. Elle fera une tentative de suicide un mois après, en avalant déjà un tube de barbituriques.

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