Agnès Buzyn en deuil : son père, Élie Buzyn, est mort à l’âge de 93 ans

Agnès Buzyn a annoncé, ce lundi 23 mai à l’AFP, que son père, Élie Buzyn, survivant de la Shoah, a rendu son dernier souffle à l’âge de 93 ans. La veille, il racontait encore son histoire lors d’une conférence de témoignages.

Ce lundi 23 mai au matin, Agnès Buzyn vient de perdre un homme très important dans sa vie : son père, Élie. C’est auprès de l’AFP que l’ancienne ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé la triste nouvelle, comme le rapporte le HuffPost, en précisant qu’il « était entouré de sa famille«  après avoir, la veille, « fait un malaise » à la suite d’une « conférence de témoignages, où il était avec des jeunes pour ‘passer le relais’ ». En effet, son nom ne vous dit peut-être rien, mais ce dernier, qui était âgé de 93 ans au moment de rendre son dernier souffle, était un rescapé de la Shoah.

Dimanche 22 mai, Élie Buzyn avait raconté son histoire pour l’ultime fois. Sa fille, très fière, a décrit son intervention comme ayant été « très émouvante, très bouleversante » et ayant « beaucoup touché » son père. « Il a transmis le relais avec une constance et une détermination incroyable, jusqu’au bout », a pour sa part réagi le rabbin Haïm Korsia auprès de l’AFP, en faisant ensuite part, sur Twitter, de sa « tristesse inouïe d’apprendre le décès d’Élie Buzyn, rescapé d’Auschwitz et militant du devoir de mémoire », qu’il « aimai[t] tendrement comme un père ». Sur le réseau social, Francis Kalifat, le président du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) a salué cet « immense témoin de la Shoah et infatigable combattant de la mémoire » qui, « jusqu’au bout, a porté la parole des victimes de la barbarie nazie ».

Un destin familial tragique et un besoin d’informer

Le père d’Agnès Buzyn avait été arrêté en août 1944, soit quatre ans après que son frère, Avram, ait été fusillé par les nazis. Il avait expliqué devoir sa survie à des déportés, qui lui ont conseillé de mentir sur son âge en assurant être majeur, alors qu’il n’avait que 15 ans. Grâce à ce mensonge, il avait alors été jugé apte au travail forcé, avant d’être évacué lors d’une « marche de la mort » où il a échappé aux balles, en janvier 1945. De leur côté, ses parents n’ont pas eu le même destin puisqu’ils sont malheureusement morts dans les chambres à gaz. Devenu chirurgien orthopédique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Élie Buzyn a tout fait pour que l’on n’oublie pas les crimes perpétrés dans les camps de concentration.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias

Crédits photos : DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE

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