INTERVIEW – Line Renaud : « Je voulais tellement avoir un enfant… »

À l’affiche de la série policière « Meurtres dans les trois vallées », diffusée ce samedi 20 novembre sur France 3, Line Renaud n’est pas prête à tirer sa révérence. Pour Gala.fr, l’actrice s’est livrée à coeur ouvert sur son incroyable carrière marquée par des voyages, des rencontres, des amitiés mais surtout par l’homme de sa vie Loulou Gasté. Confidences.

Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur sa passion pour le cinéma. Pour la deuxième fois consécutive, Line Renaud a accepté d’endosser le rôle de Gabrielle Sandraz dans la série policière « Meurtres dans les trois vallées », diffusée ce samedi 20 novembre sur France 3. En 77 ans de carrière, la comédienne et chanteuse est devenue l’une des personnalités préférées des Français. Engagée, bienveillante et passionnée, La demoiselle from Armentières suscite toujours autant l’admiration. Après ses tournages, Line Renaud a accepté de faire le point sur sa vie et sur ses souvenirs pour Gala.fr. Rencontre.

Gala.fr : Trois ans après Meurtres à Brides-les-Bains, vous interprétez de nouveau Gabrielle Sandraz. Qu’est-ce qui vous plaît dans votre personnage, une ancienne grande reporter de guerre ?

Line Renaud : Je suis ravie de pouvoir de nouveau jouer ce personnage qui est une combattante, une aventurière et une battante. Elle va vraiment jusqu’au bout des choses. Elle en a vu de toutes les couleurs et en plus elle connaît tous les secrets de ce village où elle est née, où elle a vécu. J’aime beaucoup jouer le rôle de Gabrielle Sandraz.

Gala.fr : Est-ce que vous vous reconnaissez en elle ?

Line Renaud : Bien sûr ! Nous avons plein de points communs. Je suis une battante comme elle. Vous savez pendant l’Occupation, j’ai eu très peur. Nous avons frôlé la mort. Vous savez, ma famille a vécu très dangereusement pendant cette période. Ma mère était dans la Résistance et je ne le savais pas. Je n’étais qu’une enfant. Ma grand-mère le savait certainement mais je ne l’ai appris que bien longtemps après. Elle ne me l’a jamais dit mais j’ai compris les tas de choses qu’elle faisait. Elle allait délivrer des costumes d’hommes à des soldats Anglais qui avaient été parachutés pendant la nuit. En plus nous habitions juste en face de la Kommandantur, nous étions donc en plein danger.

« Le jour où je ne pourrais plus tourner, j’arrêterais »

Gala.fr : Vous partagez l’affiche avec Samuel Labarthe. Comment se sont passées vos retrouvailles ?

Line Renaud : Très bien, j’étais ravie de retrouver mon Samuel. Ensemble, nous avons une belle histoire, qui est presque une histoire de famille. Je suis la marraine de sa fille. Nous avons joué ensemble pendant des mois la pièce « Très chère Mathilde » au théâtre Marigny. J’ai des souvenirs tellement merveilleux avec lui. Je me souviendrai toujours du jour où il m’a annoncé que sa femme était enceinte. C’était en plein salut final. Je lui ai dit : « on va l’appeler Mathilde » et c’est comme cela qu’ils ont nommé la petite.

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Vous avez commencé à tourner en 1944. Est-ce que vous pensez mettre un clap de fin à votre belle carrière ?

Line Renaud : Le jour où je ne pourrais plus tourner, je le saurais et j’arrêterais. Ça se fera naturellement. Je vais bientôt tourner d’autres films. Quand on me dit « on tourne », c’est comme si on m’envoyait une bouffée d’adrénaline.

Gala.fr : Avant d’être actrice, vous étiez meneuse de revue. Qu’est-ce qui vous plaisez dans le monde du cabaret et du music hall ?

Line Renaud : À mes débuts dans le music hall, je chantais les chansons de mon répertoire. Après ma tournée aux États-Unis, en 1954, je suis revenue en France en tant que meneuse de revue. J’étais toujours chanteuse mais j’avais six boys autour de moi. Cela me permettait de me changer pendant qu’ils dansaient. C’est ainsi que le Casino de Paris m’a demandé de mener une revue. Je l’ai fait entre Paris et Las Vegas pendant vingt ans. En somme j’ai fait trente ans de tour de chant et trente ans de revue.

Gala.fr : Vous étiez un peu la Céline Dion de l’époque, non ?

Line Renaud : Un petit peu mais je n’ai pas autant maigri que Céline (rires) !

Gala.fr : Quel a été le souvenir le plus marquant de votre carrière ?

Line Renaud : Avoir ma rue à Las Vegas. Dans ma carrière, je n’imaginais pas avoir une Line Renaud Road parfaitement située à côté de celles de Dean Martin et de Sammy Davis Junior. Cinquante ans après ma tournée à Las Vegas, je ne m’y attendais tellement. J’étais franchement très émue.

« C’était mon pilier »

Gala.fr : Cette carrière vous la devez en grande partie à votre époux Loulou Gasté (1950-1995). En quoi a-t-il marqué votre vie ?

Line Renaud : C’est l’homme de ma vie et même de toute ma vie. J’ai passé 50 ans à ses côtés. Vous savez, comme dans tous les couples de longue durée, il y a eu des hauts et des bas. Le tout était de tenir le coup, de se donner des deuxièmes chances. Notre couple s’est donné ces deuxièmes chances et on a fini notre vie ensemble. Loulou est mort très heureux. C’était mon pilier puis je me suis débrouillée toute seule. J’ai dû être mon propre pilier.

Gala.fr : Dans votre vie, vous regrettez de ne pas avoir joué un rôle, celui de mère. Dans une précédente interview, vous parliez même de « vrai ratage », pourquoi ?

Line Renaud : C’est un ratage total. Une femme qui n’a pas eu d’enfant n’a pas complètement réussi sa vie. Je voulais tellement avoir un enfant mais Loulou n’en voulait pas. Après j’ai parlé d’adoption, il n’en voulait pas non plus. Et je le comprends car il avait déjà son enfant. J’avais 16 ans et lui 36 ans. J’étais comme son enfant donc cela ne lui a pas manqué. Mais cela a été mon cas jusqu’à mes 70 ans.

Gala.fr : Cet amour et cet instinct maternel, vous l’avez comblé auprès de Muriel Robin et de Claude Chirac. Que représentent-elles pour vous ? Quelles sont vos relations avec ces deux femmes ?

Line Renaud : Elles sont ma famille. Nous sommes très très proches. Muriel m’appelle tous les jours et habite à côté de chez moi. Elle a acheté une maison à 500 mètres de la mienne pour pouvoir se rapprocher de moi. Elles sont comme mes filles de coeur. Elles se confient certainement plus à moi qu’à leur propre mère. Claude me le dit souvent. Je sais plus de choses à son sujet que Bernadette Chirac. Elles osent me dire des choses qu’elles n’osent pas dire à leurs parents. Je suis aussi leur confidente. Ça comble un peu le manque.

« Vivre est mon plus grand projet »

Gala.fr : Actrice mais surtout femme engagée. En septembre dernier vous étiez présente à l’Assemblée nationale pour convaincre les députés de voter un texte sur le droit à l’euthanasie. Pourquoi était-ce important pour vous de défendre cette cause ?

Line Renaud : Elle n’est pas importante que pour moi. Ce n’est pas la peine de continuer un acharnement thérapeutique lorsque l’on sait qu’il n’y a plus rien à faire. Pourquoi prolonger des souffrances ? J’ai vu ma mère me demander d’abréger ses souffrances mais je ne pouvais rien faire. Il faut mourir dans la dignité tout en étant bien entourée. Ayant vécu libre et digne, je veux choisir ma façon de mourir. Par contre, je n’irai pas en Suisse, ni en Belgique, pour le faire. Je veux qu’il y ait une loi et cette loi sera discutée, Olivier Véran me l’a promis. Elle va certainement aboutir car c’est inutile de laisser les gens souffrir.

Gala.fr : Quelles sont vos relations avec le couple Emmanuel et Brigitte Macron ?

Line Renaud : Excellentes et chaleureuses. Ils sont terriblement sympathiques et accessibles. Quand le Président s’arrête pour parler au public, on voit qu’il adore ça. Et Brigitte est une femme comme les autres. Dans la vie, elle est très simple et très naturelle. Quand je la vois, elle me fait beaucoup rire. Il faut savoir que Brigitte Macron est très drôle.

Gala.fr : Quels sont vos projets ?

Line Renaud : Vivre ! C’est mon plus grand projet. Vous savez j’ai perdu beaucoup de mes amis ces derniers temps, Annie Cordy, Charles Aznavour et mon Johnny aussi. Il est parti beaucoup trop jeune. Ça me touche énormément de les voir partir. Je veux juste profiter de la vie.

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Crédits photos : OLIVIER BORDE / BESTIMAGE

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