INTERVIEW – Raphaël de Casabianca ("Nos terres inconnues") : "Ahmed Sylla m'a dit que sa mère allait me détester"

France 2 diffuse Nos terres inconnues avec, comme invité, le comédien et humoriste Ahmed Sylla, le mardi 6 avril 2021, à 21h05. L’occasion pour Femme Actuelle d’interviewer Raphaël de Casabianca, celui qui a repris les rênes de l’émission depuis 2019.

  • Raphaël de Casabianca
  • Frédéric Lopez

Après les Cévennes, le Queyras et Ouessant, c’est dans les Pyrénées que les sacs à dos se sont posés dans l’émission Nos terres inconnues diffusée sur France 2, le mardi 6 avril 2021, à 21h05. Ahmed Sylla n’a pas dérogé à la règle. Le comédien et humoriste a eu l’occasion de vivre de vives émotions et des sensations fortes. Sous l’œil bienveillant de Raphaël de Casabianca. Pour cette occasion, le globe-trotter de 40 ans, ex-animateur d’Échappées belles, a accordé une interview à Femme Actuelle dans laquelle il nous livre quelques anecdotes sur ce tournage.

Femme Actuelle : Comment s’est déroulé le tournage de Nos terres inconnues avec Ahmed Sylla malgré les conditions sanitaires ?

Raphaël de Casabianca : On a eu la chance de tourner, en septembre 2020, entre les deux confinements. On était extrêmement heureux de pouvoir être dans la nature. Ça faisait longtemps qu’on n’était pas reparti sur les routes. Ça a décuplé cette envie de nature et de rencontres aussi. On a tous été testés avant, pendant, et après, pour ne prendre aucun risque et être conformes aux règles sanitaires.

Intervenez-vous dans le choix de vos invités ?

R.d.C. : On en discute beaucoup avec les équipes, avec Frédéric Lopez aussi, qui est toujours producteur, avec qui je travaille main dans la main. Il y a le choix de l’invité et celui des intervenants. Lisa Delahais, notre rédactrice en chef, part sur le terrain pendant plusieurs semaines pour aller à la rencontre des gens que l’on va rencontrer après. Je ne vais pas en repérage parce que j’ai besoin d’avoir aussi, comme mon invité, l’effet de la découverte. Je ne veux pas tout savoir.

Avez-vous rencontré Ahmed Sylla avant de commencer le tournage ?

R.d.C. : On a pris un verre ensemble, une fois, à Paris. C’est marrant parce que je pensais l’inviter sur Rendez-vous en terre inconnue, c’est-à-dire beaucoup plus loin. Mais il a préféré partir en France parce qu’il est, je pense, très émotionnel. Il avait peut-être des craintes sur le fait d’être très loin. C’est quelqu’un que j’admire, qui me fait rigoler, qui est plein de vie. J’ai tout de suite senti que ça allait être super. Et puis ça s’est confirmé le premier jour, en deux secondes, là, avec les ânes. J’ai senti que ça allait être génial. Il s’est créé une vraie belle amitié avec Ahmed. On se revoit, on est toujours en lien. C’est une belle rencontre.

“S’intéresser aux autres, c’est plutôt savoir écouter”

Au début de l’émission, vous lui confisquez son téléphone portable le temps d’une semaine. Êtes-vous un accro du portable ou supportez-vous d’être totalement déconnecté ?

R.d.C. : J’ai un rapport un peu ambivalent, comme beaucoup de gens. Ça ne me gêne pas qu’on m’enlève le portable. Quand je pars sur Rendez-vous en terre inconnue, je ne l’ai pas pendant trois semaines. Après, avec mon métier, je suis présent sur les réseaux sociaux. Je monte un média en ligne, Pétaouchnok, donc forcément je suis plus connecté. Maintenant, je reconnais que le travers est qu’on est tous un peu addict. C’est devenu un peu comme un doudou où il y a tout. Donc, j’ai des règles où je n’utilise pas mon portable, comme dans ma chambre à coucher. Pour l’émission, le fait de ne pas l’avoir permet d’être dans un temps d’écoute. Et ça, ça change tout. C’est ce que j’apprécie, on pense que s’intéresser aux autres c’est poser plein de questions, moi je pense que c’est plutôt savoir écouter.

Qu’avez-vous ressenti quand il a exprimé son souhait de ne pas faire de parapente au moment de votre rencontre ?

R.d.C. : C’est délicat parce qu’il me dit qu’il a peur, qu’il a le vertige et qu’il ne veut pas faire de parapente ou ce genre de choses. Moi, évidemment, j’ai un sourire en me disant “ouh là, c’est pourtant ce que l’on a prévu cette semaine”. Mais, “on en reparlera plus tard” me suis-je dit. Et pour finir il m’a remercié. Il était super heureux de l’avoir fait. Je pense qu’il l’a fait dans les meilleures conditions avec des gens qui ont fait très attention. J’étais là aussi. Ses jambes bougeaient à fond. Il ne tenait pas. C’était vraiment très impressionnant à voir. Il s’est surpassé.

“Ce n’est pas Koh-Lanta, on n’est pas là pour faire la séquence sensation !”

En même temps, s’il n’avait pas voulu le faire, qu’auriez-vous décidé ?

R.d.C. : S’il avait vraiment dit non, c’est impossible, j’aurais évidemment respecté sa volonté. Ce n’est pas Koh-Lanta, quoi ! On n’est pas là pour faire la séquence sensation. On est là pour lui offrir un super beau cadeau. Il a pu voler au-dessus de La Soule et des montagnes pyrénéennes.

Vous a-t-il dit au bout du compte s’il allait en refaire ?

R.d.C. : Je ne sais pas, mais il a dit que j’allais me faire engueuler par sa mère. Il m’a dit : “Ma maman va te détester ! Envoyer son fils en l’air comme ça, sans ménagement, c’est pas génial.

Quand elle va voir l’émission, elle va peut-être vous remercier…

R.d.C. : Exactement !

Le fait d’être un pur citadin, comme Ahmed Sylla, fait-il de lui un bon candidat pour cette émission ?

R.d.C. : C’est sûr qu’il y a un décalage. On ne sait jamais s’ils sont très citadins ou s’ils ont déjà fait beaucoup de randonnées. Il y a une part d’inconnu là aussi. Évidemment quand il y a un décalage, c’est drôle. Ça crée des situations. Après, ce n’est pas une case à remplir pour faire l’émission. On choisit d’abord le lieu très en amont. Rendez-vous en terre inconnue c’est sur trois semaines, donc ça demande beaucoup de temps. Nos terres inconnues se passe sur une semaine entière. On ne fait pas la destination en fonction de l’agenda de l’invité. C’est plutôt, une fois le lieu choisi, voir qui est disponible à cette période-là. On a des envies, il y a une liste, on croise les doigts pour que ça marche.

Ahmed Sylla n’a pas voulu faire Rendez-vous en terre inconnue

Finalement, entre Rendez-vous en terre inconnue et Nos terres inconnues, on s’aperçoit qu’il n’y a pas tant de différence que ça. La rencontre humaine est aussi belle…

R.d.C. : C’est le cœur de cette expérience et de ce voyage. Évidemment on peut être dépaysé, surpris, ému et vivre une expérience profonde à deux heures de chez soi comme à des milliers de kilomètres. Ma grand-mère me disait toujours : “Raphaël quand tu es jeune, tu veux voir loin, c’est normal, tu veux croquer le monde. Tu veux tout apprendre. Puis tu te rends compte qu’en regardant loin, tu ne fais pas attention à ce qu’il y a juste devant toi. Et tu verras, avec le temps, que tu as des trésors à portée de main“. Elle a raison. Dans le voyage, c’est ce que je ressens aussi, en ayant eu la chance de beaucoup voyager, je me rends compte que je suis plus attentif à certains détails parce que j’ai eu l’opportunité de voir beaucoup de choses. Je suis attentif à ce qu’il y a autour de moi. Et à cette humanité qu’on peut retrouver à l’autre bout du monde, comme on peut la retrouver en sortant de chez soi.

Y a-t-il une pointe de déception de la part de votre invité quand vous lui annoncez qu’il va participer à Nos terres inconnues et non pas à Rendez-vous en terre inconnue qui est devenue mythique ?

R.d.C. : Non, puisque Ahmed Sylla n’a pas voulu faire Rendez-vous. Et par ailleurs, je ne peux pas vous dire les noms, mais en fait, dans les prochaines émissions, on a proposé à quelqu’un, une personnalité très importante, de faire Rendez-vous en terre inconnue, et elle a préféré la France. C’est ça qui est intéressant.

Pourquoi selon vous ?

R.d.C. : La question est légitime parce qu’on propose une expérience à l’autre bout du monde, dans une contrée extrêmement lointaine, et on propose une expérience moins fantastique, sur le papier. Mais en fait, on se rend compte que les deux propositions se rejoignent sur des valeurs communes. Il y a un équilibre qui va se faire parmi les invités. De très grosses pointures vont aussi aller en France. Par ailleurs, j’ai envie que Nos terres inconnues et Rendez-vous en terre inconnue touchent une nouvelle génération. Je souhaite qu’un public plus jeune, qui suit Ahmed Sylla sur les réseaux et connaît ses sketches, regarde aussi l’émission en famille. Ça va générer des débats. Ils vont s’apercevoir qu’il y a des gens qui font des choix de vie engagés, qui sont en phase avec le monde et qui se battent pour ça.

En janvier 2021, vous avez eu l’occasion de partir avec Vianney pour tourner Rendez-vous en terre inconnue. Savez-vous si France 2 a déjà une date de diffusion ?

R.d.C. : La date de diffusion n’est pas encore actée. Vianney est quelqu’un d’extraordinaire que j’aime vraiment beaucoup. Je suis persuadé, comme avec Ahmed Sylla, qu’il va aussi toucher d’autres personnes.

À quand un Nos terres inconnues ou Rendez-vous en terre inconnue avec Frédéric Lopez comme invité ?

R.d.C. : C’est marrant, on me pose souvent la question. Je ne sais pas. Il faudra lui demander. Je suis partant. Après, je ne suis pas sûr qu’il en ait forcément envie, mais pourquoi pas. On ne sait jamais. Je trouverai ça très drôle et la boucle serait bouclée. Ce serait chouette.

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