« Je me suis affolée » : pourquoi Jane Birkin a eu si peur de collaborer avec sa fille Charlotte Gainsbourg

Jane Birkin a eu peur, de se voir reprocher sa vie passée par sa fille, et que celle-ci ne le filme. C’est ce que l’actrice-chanteuse, dont le portrait documentaire ‘Jane par Charlotte’ a été présenté mercredi 7 juillet à Cannes, craignait lors du début du projet, mené tambour battant par Charlotte Gainsbourg.

Le projet était ambitieux, et a failli ne jamais voir le jour. Des craintes des deux côtés de la caméra ont failli empêcher les spectateurs d’apprécier le documentaire ‘Jane par Charlotte’, que Charlotte Gainsbourg a dévoilé au Festival de Cannes ce mercredi 7 juillet. Les premières réticences sont celles du sujet principal : Jane Birkin, la mère de Charlotte Gainsbourg. Dans le Parisien de ce vendredi 9 juillet, mère et fille racontent la genèse du projet et les détours qu’il a pris avant d’arriver sur nos écrans. C’est une panique réflexe, une peur de se voir reprocher ses erreurs de mère et de femme passée qui a paralysé Jane Birkin dans les premiers temps. “Au début, je me suis affolée. Charlotte avait un énorme bloc de papier, avec ses questions, et j’avais peur que ce ne soit que des reproches sur une vie où je ne pouvais plus revenir en arrière. J’ai paniqué et on a tout arrêté pendant un an.” Mais la fille a su regagner la confiance de sa mère, avec patience et tendresse, comme le raconte Jane Birkin : ” Après, on a eu un moment à New York tellement doux que j’ai vu qu’elle n’avait pas d’hostilité. Ça m’a tranquillisée, au point que j’étais prête à devenir sa chose“. Elle n’avait finalement besoin que de ça, être rassurée sur les intentions pacifiques de sa fille.

Ce film a commencé après six ans d’éloignement

Car derrière ce documentaire sur une mère et une femme iconique, c’est un cri d’amour qui se déploie sur les écrans. Charlotte Gainsbourg confie même qu’à la fin du tournage, elle ne voulait plus “arrêter le film, pour rester avec elle.” Les deux femmes ont réussi à se retrouver, à renouer après une période difficile, marquée par le deuil et la séparation. En 2013, la fille aînée de Jane Birkin, Kate Barry meurt soudainement, et c’est pour celles qui restent que tout est chamboulé. Charlotte décide de partir, quitter Paris et s’installer à New York. “Son départ a été pénible, mais compréhensible“, admet sa mère, qui n’est pas sortie indemne de ce drame. “Après la mort de Kate, mon meilleur copain et une copine m’ont portée pendant six ans.” révèle-t-elle. Et c’est aussi ce film qui a permis le retour de la fille : “Pour Charlotte, ce film a commencé après six ans de séparation, enfin non, mais d’éloignement entre nous.” croit savoir Jane Birkin.

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Ce que confirme la désormais réalisatrice : “Si je n’étais pas partie, je pense que je n’aurais pas pu faire ce film. Même la rue de Verneuil, je pense que je l’aurais vendue. J’ai eu besoin de m’éloigner pour comprendre ce qui comptait vraiment. Avec le Covid, j’ai senti que je n’étais pas chez moi, j’avais besoin d’être près de ma mère. Et d’Yvan.” Mais le retour à la vie parisienne se révèle un exercice périlleux, dans lequel Charlotte Gainsbourg a failli abandonner le projet : “J’ai été dans une détresse, enfin je n’allais pas très bien, et là, c’est toi qui m’as aidé“, résume-t-elle en s’adressant à sa mère, interviewée à ses côtés par nos collègues du Parisien. Une réaction de mère, tout à fait naturelle pour Jane Birkin : “C’est les moments où tu as une vraie utilité, un mot affreux pour une mère, mais tu peux montrer que tu es là. J’ai cherché des solutions pour l’apaiser dans ce retour à Paris.” Est-ce aller au bout de ce projet, qui s’est étalé sur quatre ans et plusieurs continents, qui a réussi à apaiser Charlotte Gainsbourg? Lors de la présentation du film ce mercredi 7 juillet à Cannes, mère et fille ne semblaient pas regretter d’avoir persisté, malgré tout.

Crédits photos : JACOVIDES-BORDE-MOREAU / BESTIMAGE

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