« Je n’ai pas de médecins cachés dans le placard » : Olivier Véran cash sur la crise dans les hôpitaux

Alors que l’épidémie de Covid-19 montre quelques signes de reprise en France, avec notamment des hospitalisations en légère hausse, Olivier Véran évoque les moyens hospitaliers, fortement décriés pendant la crise sanitaire et souligne l’effort de l’exécutif, dans les colonnes de Libération, ce mercredi 27 octobre.

Olivier Véran conserve sa ligne directrice. Alors que le nombre de cas détectés de Covid-19 repart à la hausse sur le sol français, une récente enquête menée par le professeur Jean-François Delfraissy démontre que 20 % des lits seraient actuellement fermés dans les hôpitaux publics, faute de personnel. Si le ministre de la Santé a bien conscience du manque de lits et de personnels soignants au sein des établissements hospitaliers publics, il défend les efforts du gouvernement : « Oui, il y a un certain nombre d’unités dans les hôpitaux qui sont obligées de fermer temporairement, ou de réduire la voilure, faute de soignants, faute surtout de pouvoir recruter. […] C’est une réalité et nous la prenons à bras-le-corps.« 

Dès le début de la crise sanitaire, le monde hospitalier a alerté sur la pénurie de soignants. Et au terme de deux années de combat acharné face à une épidémie imprévisible, le personnel médical se fait de plus en plus rare. Si le gouvernement a fait l’effort d’investir « 10 milliards d’euros pour la hausse des salaires », dans le cadre du Ségur de la santé et a agi pour que « les soignants soient davantage inclus dans les décisions au sein des établissements de santé », cela ne suffit pas. Si Olivier Véran reconnaît « des conditions de travail dégradées à cause de sous-effectifs« , il affirme ne pas avoir les moyens humains pour venir à bout du problème : « Je n’ai pas de médecins cachés dans le placard, ni des infirmières qui attendent dans une salle qu’on appuie sur un bouton pour les déployer dans les hôpitaux. »

Reconquérir le personnel soignant

Pour stopper les nombreux départs du personnel médical épuisés « par la charge mentale et le rythme de travail de la crise », l’ancien aide-soignant a décidé de prendre le problème à la source : « J’ai demandé à Pôle Emploi de repérer les soignants qui s’étaient inscrits en vue d’une reconversion professionnelle. Pour qu’on aille les chercher, en les recevant un par un en entretien, en essayant de comprendre pourquoi ils s’en vont, et leur proposer d’autres alternatives, d’autres manières d’exercer leur métier. » En outre, le gouvernement a mis en place la prime de solidarité territoriale, qui entre en vigueur en décembre. Cette prime a pour but d’inciter les médecins à faire des gardes supplémentaires dans des hôpitaux voisins, avec à la clé une rémunération plus importante. Si la situation est « compliquée », le ministre de la Santé « refuse le fatalisme ».

Crédits photos : Aurélien Morissard/Panoramic/Bestimage

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