La photographe Vivian Maier, un regard unique sur les coulisses de l'Amérique

Le musée du Luxembourg, à Paris, célèbre l’œuvre de cette star de la photographie au succès posthume. On suit, émerveillés et souvent amusés, le regard de cette femme mystère, nounou fantasque et artiste de génie, décrypté par Anne Morin, la commissaire de l’exposition.

Une grande première. Pour l’exposition du Musée du Luxembourg, à Paris, Anne Morin, sa commissaire et directrice de l’agence diChroma photography à Madrid, s’est complètement «immergée dans la profondeur des archives» de Chicago et de New York vues par Vivian Maier. «Pour la première fois, et sans limites», précise celle qui a déjà monté plusieurs expositions sur la photographe (dont celle du Jeu de Paume, au château de Tours, en 2013), apparue voilà dix ans de manière posthume sur la scène mondiale.

New York, 3 septembre 1954.

«Trois ans de travail sur les archives et une exposition comportant 95 % de photos jamais vues… Je voulais mettre en avant la culture française qui traverse toute son œuvre, les correspondances qu’on y trouve, comme une arborescence énorme, avec des pistes et des indices multiples. Vivian Maier était très cultivée. Née d’une mère française à New York en 1926, morte à Chicago en 2009, elle se trouve aujourd’hui à la confluence de la photographie américaine et française. Et avec son œil caméra, on peut aussi dire qu’elle est en amont des générations d’Instagram et des selfies.»

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Trésor caché

Le parcours de cette photographe étonnante nous est révélé en 2011, quelques années après la découverte, par hasard, d’une grande partie des archives de cette gouvernante quasi anonyme dans un garde-meuble américain par un jeune agent immobilier, John Maloof. Aujourd’hui, son corpus ne contient pas moins de 120 000 images, des films Super 8 et 16 mm, des enregistrements, des pellicules encore non développées…

New York, 31 octobre 1954.

Scènes de rues, petits riens et grâces volées, cette grande de la street photography s’est imposée d’emblée avec force. L’exposition raconte «sa liberté d’expression, sous toutes ses formes», reprend la commissaire. «Elle ne cherchait pas à montrer ce qu’elle faisait, n’avait ni peur de se tromper ni d’ambition pour la forme de son œuvre qui s’est faite malgré elle. Elle a joué toute sa vie avec les images, avec une acuité à découvrir le monde, sans forcer le regard, comme le font les enfants…»

Vivian Maier, du 15 septembre au 16 janvier 2022, au Musée du Luxembourg, à Paris.

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