Le comité Miss France face à la polémique : salaires ridicules, manque de nourriture, Miss à bout…

À la suite des révélations faites par Le Parisien, la société Miss France se retrouve au cœur d’une polémique. Bien loin du côté glamour que l’on veut donner à ce concours de beauté, les candidates qui rêvent d’être couronnées seraient confrontées au manque de nourriture, à une grande pression psychologique et bénéficieraient d’un salaire trop bas…

Chaque année, au mois de décembre, les Français élisent leur nouvelle Miss France au cours d’une soirée pleine de paillettes, de défilés, de danses et de discours. Lors de la dernière cérémonie, c’est Diane Leyre, Miss Île-de-France, qui a été élue. Pour être prêtes le jour J, les candidates qui rêvent d’être couronnées se préparent de façon acharnée. Outre les deux jours de répétition avant le direct, les participantes se retrouvent auparavant pendant un mois pour le voyage préparatoire. Séjour à La Réunion, cadeaux, médiatisation… Si, en apparence, les Miss semblent vivre un rêve, Le Parisien dépeint une aventure bien moins attrayante. À commencer par les conditions dans lesquelles les candidates répètent et le salaire que la société Miss France leur accorde pour ce temps passé à se préparer.

Le concours a pourtant évolué, en 2021, en faisant signer un contrat de travail aux Miss pour la première fois. « Pour moi, dès qu’il y a une notion de travail et un lien de subordination, il faut que cela soit rémunéré », avait déclaré Alexia Laroche-Joubert, présidente de la société Miss France, au Parisien, en décembre 2021. La mise en place d’un contrat de travail était survenue à la suite d’une attaque aux Prud’hommes par l’association Osez le féminisme, qui voit le concours comme un événement « sexiste » et « discriminatoire ». Si la signature d’un contrat semble une bonne chose, ce dernier ne concerne cependant que les deux jours de répétition avant le direct et la journée de la cérémonie. Pour le mois de préparation avant, les Miss ne touchent rien.

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D’anciennes candidates se battent pour que les choses changent

Si pour certaines candidates cela ne pose aucun problème – notamment parce qu’elles reçoivent des cadeaux ou qu’elles considèrent l’aventure comme « une expérience humaine incroyable »–, d’autres dénoncent cette pratique. C’est le cas de Gwenegann Saillard, Miss Champagne-Ardenne 2020. Déjà passée par là, l’ancienne participante souhaite désormais que les choses changent et que les futures candidates soient mieux loties. « Le contrat devrait couvrir tout le mois où on se rend disponible, où on met nos études, nos jobs, nos vies de côté », assure-t-elle à nos confrères du Parisien. Elle explique par ailleurs que « recevoir des cadeaux ne remplace pas un salaire » et qu’elles deviennent malgré elles « des égéries bénévoles » puisqu’on leur demande de faire la promotion des produits qu’on leur offre sur les réseaux sociaux. « C’est de l’exploitation », lâche-t-elle.

Séances photos, pression psychologique, manque de sommeil, entraînements pendant des heures, dîners, interviews pour différents médias… Pendant un mois, les participantes passeraient près de 250 h pour préparer le concours, selon le quotidien. Pourtant, elles ne sont payées que pour trois jours. Combien ont-elles touché ? « 254 euros net, en tout », indique une candidate. Une information confirmée par la production. La présidente de la société Miss France se réjouit d’une « grande avancée » et ne compte pas faire durer le contrat de travail plus longtemps. « Cela ne correspond pas à nos valeurs et les motivations des candidates ne seraient plus les mêmes. »

Des candidates déplorent par ailleurs le manque de nourriture au cours de leur préparation. Toujours d’après le quotidien parisien, certaines d’entre elles auraient perdu jusqu’à six kilos. « Parfois, on se faisait livrer des plats en plus », raconte une participante. Avant de parler de son aventure comme d’un « Koh-Lanta bis ». Après ces révélations, l’image d’un concours de beauté glamour semble s’éloigner.

Article écrit en collaboration avec 6 Médias

Crédits photos : Laurent Vu / SIPA / TF1

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