“Le procureur a menti” : les avocats de Cédric Jubillar “choqués” par les nouvelles révélations sur l’affaire

Les avocats de Cédric Jubillar ont contre-attaqué, jeudi 6 janvier 2022 dans divers médias, suite aux révélations sur la présence ou non d’un élément contextuel retenu jusqu’ici contre Cédric Jubillar. Ils devraient demander sa remise en liberté, le 11 janvier 2022.

  • Delphine Jubillar

Les nouvelles révélations sur l’affaire Jubillar font grand bruit. Au cœur du débat : une couette. Elle constituait un élément de l’accusation contre Cédric Jubillar, car elle était supposée être dans la machine à laver au moment de la perquisition des gendarmes, le 16 décembre 2020. C’est en tout cas ce qu’avait déclaré l’ancien procureur de Toulouse, Dominique Alzeari, le 18 juin 2021. Il avait en effet expliqué, lors d’une conférence de presse, qu’à l’arrivée des gendarmes au domicile de Delphine Jubillar, à 4h50, Cédric Jubillar se trouvait face à la machine à laver dans laquelle s’apprêtait à être lessivée « la couette du lit de Madame« . Et de préciser : « Une scène assez incongrue alors que lui portait un pyjama qu’il n’avait jamais lavé selon ses dires et que l’état de la maison était extrêmement négligé ».

Toutefois, mercredi 5 janvier 2022, La Dépêche du Midi révèle qu’un document versé au dossier atteste au contraire de la présence de la couette dans le salon. Une gendarme a, entre autre, déclaré : « Pour moi oui, il mettait du linge dans la machine à laver. Mais je n’ai pas vu ce qu’il mettait dans la machine ». D’autres éléments, comme des photos du salon, corroborent le fait que ladite couette ne se trouvait pas dans la machine – qui ne tournait pas – mais bien dans le salon : « Lors de leur perquisition, les gendarmes ont pris des photos et l’on voit très bien sur plusieurs d’entre elles la couette de Delphine posée sur le canapé du salon », révèle BFMTV.

Des propos « parfaitement choquants »

La couette a, en revanche, été lessivée un peu plus tard, car, ainsi que l’avait formulé Cédric Jubillar, les chiens « avaient uriné dessus ». Interviewé sur BFMTV le 6 janvier 2022, Jean-Baptiste Alary, l’avocat de Cédric Jubillar, a pointé du doigt les approximations du dossier. « Cela fait 6 mois que l’on a relevé ces incohérences entre la conférence de presse du procureur de la République de Toulouse et ce qu’on l’on a pu constater à la lecture du dossier », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Il me semble parfaitement choquant qu’un représentant de la société […] vienne exposer publiquement des éléments dont il sait parfaitement qu’ils sont erronés ». À la Dépêche du Midi, Jean-Baptiste Alary avait même montré les crocs : « Il y a des gens qui ont reconnu avoir participé à une infraction, parfois une infraction grave qui pour autant sont sous contrôle judiciaire et sont donc libres. Pourquoi pas lui, alors qu’il conteste les faits et qu’il n’y a aucune preuve contre lui ? »

« Pas d’éléments contre Cédric Jubillar »

« Il va falloir à un moment donné que la justice se rende compte qu’il n’y a pas d’éléments contre Cédric Jubillar et que la présomption d’innocence doit être consacrée« , a considéré de son côté, Alexandre Martin, un autre avocat de Cédric Jubillar à BFMTV. Jeudi 6 janvier 2022, les avocats ont déclaré : « Nous considérons que le procureur a menti lors de sa conférence de presse et nous en tirerons les conséquences », a publié Sud-Ouest.

Les conseils de Cédric Jubillar comptent bien se servir de ces « incohérences » pour demander la remise en liberté de leur client, le 11 janvier 2022. Dans l’intervalle, ce dernier est toujours placé à l’isolement à la prison de Toulouse-Seysses, depuis sa mise en examen pour « meurtre aggravé », le 18 juin 2021, où il confie à qui veut bien l’entendre qu’il est « le plus grand cocu de France ». Pour rappel, Cédric Jubillar reste présumé innocent jusqu’à l’issue de l’affaire.

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