Monsieur Fraize : "Mon envie de devenir humoriste s'est révélée avec l'aide d'une conseillère d'orientation"

Le plus inclassable des humoristes français présente son nouveau one-man-show, Madame Fraize. Sera-t-elle aussi irrésistiblement lunaire que son alter ego, Monsieur Fraize ? Réponse sur scène.

Sortir de l’ombre en restant silencieux pendant quarante-cinq secondes à la télévision, éblouir Éric Judor en racontant sur scène l’histoire d’une caissière qui se coince le bras dans son tapis roulant ou faire rire aux éclats Jean-Pierre Bacri en énumérant les promotions du rayon viande dans un supermarché sont autant de défis que Marc Fraize a su relever, avant de s’imposer comme le plus audacieux et singulier des humoristes de la scène française actuelle. Aperçu au cinéma dans les films de Michel Hazanavicius (Le Redoutable) ou de Quentin Dupieux (Au poste !), il revient cet automne avec un nouveau one-man-show, Madame Fraize, dans lequel son personnage culte de clown lunaire trouve enfin l’âme sœur. Impatient de le présenter au théâtre du Rond-Point, à Paris, l’artiste qualifie cette création de «spectacle heureux» et s’excuse d’avance pour sonhappy end”.

Madame Figaro .- Qui est Monsieur Fraize ?
Marc Fraize.
– Ce personnage un peu rétro et hors du temps est né dans les années 2000. Il contrastait alors avec les héros et l’humour très « business » de l’époque. Quand j’ai mis un pied au café-théâtre, j’avais déjà plus d’affinités avec les hommes fragiles : Monsieur Fraize me permettait beaucoup de choses, et comme il ne s’inscrit dans aucune tendance, il ne risquait pas d’être démodé. Et c’est parce qu’il est arrivé à maturité que je me suis penché sur celle qui allait le sauver : Madame Fraize.

Marc Fraize, affiche du spectacle à l’Européen.

Où l’aventure a-t-elle commencé pour vous ?
À 26 ans, je ne m’imaginais pas capable de faire une chose aussi extraordinaire que de monter sur scène, car on ne peut pas ressentir cette vocation de comique avant de s’être produit devant un public. Après avoir fait beaucoup d’histoire-géo sans vraiment m’y intéresser, mon envie enfouie de devenir humoriste s’est révélée avec l’aide d’une… conseillère d’orientation !

L’objectif de départ était-il de faire du cinéma ?
M. F. – Pas du tout. Je le fais d’ailleurs aujourd’hui en dilettante. Quand je suis arrivé à Paris il y a 3-4 ans avec un producteur qui m’offrait les conditions dans lesquelles j’aimais jouer (deux fois pas semaine), des réalisateurs sont venus me voir pour me proposer leurs films. Je ne suis pas attiré plus que cela par le cinéma, donc je cherche avant tout les coups de cœur et les défis. Mais il faut aussi qu’il y ait un certain charme : le film qui est fait pour cartonner ne m’intéresse pas. On me retrouve donc dans Antoinette dans les Cévennes , de Caroline Vignal, et je serai dans le prochain Astérix réalisé par Guillaume Canet. J’ai accepté ce projet car il s’agissait de s’offrir une grosse “marrade” avec Thomas VDB et que cela fait plaisir à mon agent de cinéma.

En vidéo, “Antoinette dans les Cévennes”, la bande-annonce

Qui sont vos alliés dans le métier ?
Je suis un très mauvais copain car je vis reclus en Bourgogne, où je bichonne ma femme et mes deux enfants. Je trouve ce métier extraordinaire, il nous laisse le temps d’avoir une vraie vie familiale. Très vite, beaucoup de comédiens et de gens du métier m’ont soutenu. J’étais gêné : il n’y a pas beaucoup d’humoristes qui me plaisent, alors qu’ils sont tous sympas avec moi !

Le théâtre du Rond-Point sera une première pour vous…
Je devais commencer mon spectacle à Avignon mais à cause, ou grâce, au Covid, je me paye le luxe de le roder à Paris !

Madame Fraize, mise en scène par Papy, du 28 octobre au 28 novembre, au Théâtre du Rond-Point, à Paris, et les dernières de Monsieur Fraize, les 10, 11 et 12 décembre, à l’Européen, à Paris.

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