Mort de Jean-Paul Belmondo : cette raison pour laquelle il a refusé une carrière internationale

Jean-Paul Belmondo était un monstre sacré du cinéma français, mais n’a pratiquement pas tourné à l’étranger. Pas par manque d’opportunité, mais tout simplement de volonté, comme le révèle notamment Libération, ce mardi 7 septembre.

Bébel, une passion purement française, et à dessein. “Le Magnifique“, ce Jean-Paul Belmondo que la France pleure depuis son décès ce lundi 6 septembre, a effectué toute sa carrière dans le milieu du cinéma français, et n’a pas fait d’incursion ou presque à Hollywood. Libération dévoile ce mardi 7 septembre plusieurs pistes qui pourraient expliquer cette orientation de carrière. Tout d’abord, le quotidien avance que l’acteur parlait mal l’anglais, premier obstacle à l’implantation d’une carrière Outre-Atlantique. Mais plus qu’une question de compétence, il s’agit ici d’envie : et d’appétence pour l’univers cinématographique américain, il n’y en a aucune chez Jean-Paul Belmondo. S’il existe à l’international, c’est à travers les productions françaises cultes, comme “À bout de souffle” ou Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard.

Il aurait pu pourtant faire carrière à Hollywood, qui s’intéresse à lui. En 1966, il fait ainsi la couverture du prestigieux magazine Life, et apparaît dans le Casino Royale de John Huston en 1967. Mais tourner aux États-Unis ne l’intéresse pas. Le réalisateur Mark Robson voulait le faire tourner dans Les Centurions, mais s’est heurté au refus de Bébel, comme il le racontait au Chicago Tribune en 1966 : “Il ne veut pas faire de films en dehors de la France. Il a déjà des piles de scénarios en attente, et il ne voit pas pourquoi il mettrait en danger sa popularité en parlant anglais plutôt qu’en français“. C’est finalement Alain Delon qui sera à l’affiche de ce film, sorti en 1966.

Bébel ne veut pas être un “French lover”

Et Belmondo ne voulait pas apprendre l’anglais, peu sûr de sa capacité à être un bon acteur dans une langue qui n’était pas la sienne, comme l’acteur l’expliquait au Los Angeles Times en 1968 : “Tous les Français rêvent de tourner un western, bien sûr, mais l’Amérique possède des tas de bons acteurs. Ce n’est pas de la fausse modestie, mais pourquoi auraient-ils besoin de moi ? Je préfère faire un film en France que de tourner à l’international. Quelque chose se perd en chemin. Regardez ce qui est arrivé en Italie quand ils se sont ouverts à l’international.

Et même les propositions des plus grands producteurs n’ont pas suffi à lui faire changer d’avis. Libération dévoile également que Sam Spiegel, mythique producteur de “Lawrence d’Arabie” et du “Pont de la rivière Kwaï” voulait le faire tourner sur l’un de ses projets. Peine perdue, car non seulement Bébel ne veut pas apprendre l’anglais, mais il refuse de tourner à l’étranger, si c’est pour être “cantonné au rôle de French lover“. S’il ne voulait pas représenter l’archétype de l’amoureux transi roucoulant dans des productions hollywoodiennes, Jean-Paul Belmondo est pourtant devenu un symbole français, d’une certaine époque du cinéma. Comme le résumait la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur RTL le jour de sa mort, “plus français que Jean-Paul Belmondo, c’est difficile.”

Crédits photos : MPP / Bestimage

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