Reda Kateb : "C’est la première fois qu’on me renvoyait autant à mes ancêtres arabes"

En tournage du film Les Promesses, avec Isabelle Huppert, il est magnétique dans la série Possessions.

Madame Figaro. – Ce qui vous a séduit dans Possessions ?
Reda Kateb. –
L’ambition des scénaristes, Valérie Zenatti et Shachar Magen, de jouer avec les codes du thriller et d’y ajouter des réflexions sur la famille, la condition des femmes… La série a quelque chose d’étrange et de puissant et, dès la lecture du premier épisode, j’ai voulu en connaître la suite. Il y avait aussi dans ce projet le tournage en Israël et en Palestine, avec la découverte de cette terre de contrastes où cohabitent la beauté, la violence, la douceur de vivre… À titre personnel, c’est d’ailleurs la première fois qu’on me renvoyait autant à mes ancêtres arabes : je n’avais jamais vécu ça dans mon pays, la France.

Votre personnage en quelques mots ?
Il n’est ni un héros, ni un antihéros, ni gentil, ni méchant. C’est un homme tout en nuances et en contradictions, perdu dans ce pays.

Le principal trait de votre caractère ?
La détermination.

Celui dont vous êtes le moins fier ?
L’impatience.

Celui que vous détestez chez les autres ?
Le cynisme.

Votre truc antistress ?
Mon chien, Polo, qui a joué avec moi dans L’Amour flou, de Romane Bohringer et Philippe Rebbot.

Sur une île déserte, qu’emporteriez-vous ?
Polo. On chasserait ensemble.

Votre devise ?
«Si tu ne peux pas le faire aujourd’hui, remets-le à demain.»

Les trois basiques de votre dressing ?
Deux uniquement : une paire d’Air Max et un foulard ou une écharpe confortable.

Le casting d’un dîner idéal chez vous ?
Federico Fellini, Will Ferrell, ma chérie, deux ou trois copains et Marcello Mastroianni. On devrait le faire entendre dans tous les cours de théâtre. Il avait une vision saine de ce métier, une poésie et un talent incomparables, sans jamais se prendre au sérieux.

Le cadeau que vous offrez souvent ?
L’album The Mandé Variations, de Toumani Diabaté, un musicien malien qui joue de la kora.

Une musique dans votre vie ?
Ali Farka Touré et le Wu-Tang Clan.

Le livre qui vous accompagne ?
Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke. C’est un livre que l’on m’a offert à l’adolescence, dans un moment d’initiation.

Un héros d’enfance ?
Indiana Jones.

Votre luxe ?
Ma liberté, c’est de pouvoir m’entourer uniquement de gens avec qui j’ai envie d’être.

Une ville qui vous ressemble ?
La mienne, Montreuil, pour sa mixité et son sens du vivre ensemble.

Votre madeleine de Proust ?
Le fumet de la chorba, la soupe algérienne, qui me rappelle celle que cuisinait ma mère.

Possessions, en intégralité sur MyCanal et Canal+ à la demande. En DVD chez Studiocanal.

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