Révélations des César 2020 : la nouvelle vague mène la danse

Cette année, c’est à Lukas Dhont, révélé à Cannes en 2018, que l’Académie des César, en partenariat avec la maison Chanel, a confié la mise en lumière des 36 comédiens sélectionnés pour la catégorie Meilleur Espoir.

Le réalisateur belge a signé leurs portraits et les a dirigés dans un mini-métrage, inspiré du film culte On achève bien les chevaux. Pleins feux sur le nouveau prodige et sur quelques-uns de ces jeunes talents, avant de découvrir qui l’emportera le 28 février prochain.

Cette année, c’est à Lukas Dhont, révélé à Cannes en 2018, que l’Académie des César, en partenariat avec la maison Chanel, a confié la mise en lumière des 36 comédiens sélectionnés pour la catégorie Meilleur Espoir. Voici un échantillon.

Shirine Boutella et Lyna Khoudri, nommées pour Papicha, de Mounia Meddour.

Djanis Bouzyani (assis), nommé pour Tu mérites un amour, de Hafsia Herzi ; et Anthony Bajon, nommé pour Au nom de la terre, d’Édouard Bergeon.

Céleste Brunnquell, nommé pour Les Éblouis, de Sarah Suco.

Danser avec l’énergie du désespoir. S’accrocher à son cavalier pour ne pas s’effondrer sur la piste. Tenir coûte que coûte, ne pas sombrer. Et finir premiers, mais tous ensemble sur la piste, après des jours et des jours passés à valser : épuisés, mais solidaires. Le synopsis du mini-métrage Révélations 2020, accessible au grand public du 15 au 18 janvier (1), donne le ton. En quelques instants, le réalisateur révèle la vitalité, l’envie, la passion qui animent les trente-six comédiens présélectionnés pour concourir dans la catégorie Meilleur Espoir aux prochains César (2).

Le réalisateur belge avait à cœur de mettre en lumière ces jeunes talents à travers des photos et un mini-métrage. À 28 ans, ce jeune prodige du cinéma a lui aussi été une révélation. Et pas n’importe où. C’est à Cannes, en 2018, qu’il a obtenu pour Girl la très prestigieuse Caméra d’or. Ce premier film racontait l’histoire poignante d’une fille, née garçon, qui rêve de devenir danseuse étoile. Et c’est à nouveau dans l’univers de la danse que Lukas Dhont a choisi de situer l’action de son mini-métrage Révélations 2020, réalisé avec la complicité artistique de Chanel, partenaire officiel des César.

Marathon de danse

«J’ai voulu recréer en moins de trois minutes l’ambiance des marathons de danse, très populaires aux États-Unis à la fin des années 1920», explique Lukas. «Durant la Grande Dépression, ces compétitions attiraient des gens morts de faim dans l’espoir de gagner quelques dollars. Sydney Pollack en avait fait un film époustouflant dans les années 1960, On achève bien les chevaux. Je m’en suis inspiré. Je trouvais que cette compétition inhumaine, qui poussait à une lutte farouche entre participants qui deviennent solidaires à la fin, symboliserait bien le mood dans lequel se trouvent tous ces jeunes acteurs et actrices au début de leur carrière.»

Pour l’écriture, Lukas a sollicité un très grand chorégraphe, Jan Martens. Ensemble, ils avaient créé par le passé l’atelier The Common People : «Une performance unique !, raconte Lukas. On avait mis en contact physique des gens de la rue – un boulanger, une infirmière, etc. – avec la danse comme langage commun. Aucun d’eux n’avait dansé avant. Tous ont été incroyables. Une expérience cathartique.»

Hors normes

Le tournage et la séance photo des Révélations 2020 ont aussi relevé de la performance. Les trente-six jeunes talents ont dansé avec fougue sur fond de valse, de rock ou de disco jusqu’au final cut de Lukas Dhont. Parmi eux, la benjamine, Lise Leplat Prudhomme, fascinante Jeanne d’Arc chez Bruno Dumont, ou encore Lyna Khoudri et Shirine Boutella, renversantes dans Papicha, ou encore Céleste Brunnquell (Les Éblouis) ou Anthony Bajon (Au nom de la terre ), déjà remarqué l’an passé. «Je savoure ma chance d’avoir travaillé avec tant de jeunes en devenir», souligne Lukas Dhont, qui finalise en ce moment l’écriture de son deuxième long-métrage. «Il y a du talent à revendre parmi eux. Du coup, cette expérience était aussi comme une sorte de casting sauvage. Il n’est pas exclu que j’en sollicite certains pour mon film à venir.»

Désigné par pour mettre en scène ce petit film hors normes, Lukas Dhont a pu marier son amour pour le cinéma et son attrait pour la mode. Sa mère est professeur à l’Académie royale d’Anvers, par laquelle sont passés nombre de talents belges de la couture. «Elle y enseigne la création, alors le fait que j’aie été repéré par la maison du 31 rue Cambon est une fierté pour elle», assure-t-il avec un sourire enfantin. Même satisfaction chez son papa, industriel. «Avant Cannes, avant la Caméra d’or, avant le succès mondial de Girl, mon père, qui m’accompagnait, avait peur que je ne parvienne pas un jour à transformer ma passion en un métier.» Il peut être définitivement rassuré. Lukas est entré dans la danse et il pointe parmi les étoiles.

(1) Diffusé dans plus de 400 salles de cinéma grâce au soutien du réseau UGC et sur le site de l’Académie des César ().

(2) Cérémonie diffusée le 28 février, à 21 heures, sur Canal+.

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