Roman Polanski accusé de viol par une présumée victime française, le réalisateur conteste

En juillet dernier, Valentin Monnier a écrit un texte, publié dans Le Parisien, où elle raconte avoir été violée en 1975 par Roman Polanski. Le réalisateur lui nie les faits.

"Sans J’accuse, je serais restée dans mon silence, comme je le fais depuis quarante-ans". Tandis que J’accuse de Roman Polanski sortait le 6 novembre dernier au cinéma, Valentine Monnier raconte dans une tribune publiée dans Le Parisien vendredi 9 novembre, avoir été violée en 1975 par le réalisateur, alors qu’elle était âgée de 18 ans. Si elle a décidé de sortir du silence de nombreuses années après les faits, c’est parce que la photographe ressent ce nouveau film comme "une provocation", où selon elle, le réalisateur "se pose en victime du même acharnement mensonger des tribunaux et des médias", comme le fut Jérôme Dreyfus, durant la célèbre affaire qui porte son nom, et a donné lieu à la tribune J’accuse, signée Emile Zola.

"Polanski n’est la victime que de lui-même et je n’ai plus le choix", commence-t-elle ainsi, avant de raconter le viol qu’elle aurait subi, et que le réalisateur conteste. "En 1975, j’ai été violée par Roman Polanski. Je n’avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le connaissais à peine", assure Valentine Monnier. Elle poursuit son récit en précisant que ce n’était pas lors du "débordement d’une fête", mais dans le chalet du réalisateur à Gstaad, en Suisse. "Il me frappa, roua de coups jusqu’à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes. […] Je crus mourir", se souvient la photographe dans sa tribune.

"’J’accuse’ aura marqué ma limite"

Se sentant alors "impuissante" pour dénoncer Roman Polanski, Valentine Monnier était dans "le déni", avant de se souvenir de ce viol en 2009, lorsque le réalisateur a été arrêté à Zurich à la demande de la justice américaine, tandis qu’il était également accusé de viol aux Etats-Unis et toujours présumé innocent. Dans sa tribune, la photographe s’insurge de la "glorification" de l’artiste, malgré "les accusations de viol, les polémiques et manifestations", ainsi que l’affaire Weinstein. "Depuis de nombreuses années, je me tiens au silence, estimant qu’en l’impuissance de la Justice, je ne trouverais aucun allègement à me répandre publiquement et exposerais inutilement mes proches. J’accuse aura marqué ma limite", conclut-elle.

Dans une interview accordée au Parisien, Valentine Monnier explique par ailleurs avoir parlé de cette nuit terrible à plusieurs proches. Seulement quelques mois après les faits, elle en a raconté le récit à sa meilleure amie, ainsi qu’à celui qui allait être son petit ami pendant quatre ans. Puis en 1993, à son mari : "Ce drame a refait surface dans notre vie à chaque actualité de Polanski", note même ce dernier. Si elle "ne souhaite plus [s’exprimer] après" cette tribune publiée dans Le Parisien, Valentine Monnier explique dénoncer "le crime sachant qu’il ne peut y a voir de châtiment, pour tenter d’en finir avec les exceptions, l’impunité". "Les personnes publiques font figure d’exemples. En sacralisant des coupables, on empêche d’autres de mesurer la gravité de leurs actes", explique-t-elle.

Roman Polanski "conteste fermement" ces accusations

Après les révélations de la victime présumée de Roman Polanski, l’avocat du réalisateur, Hervé Témime, affirme que celui-ci "conteste fermement toute accusation de viol". Auprès du Parisien, le conseil du réalisateur "constate que les faits allégués datent d’il y a quarante-cinq ans. Qu’ils n’ont jamais été portés à la connaissance de l’autorité judiciaire ou de M. Polanski", et explique qu’il "déplore gravement la parution, à la veille de la sortie du film, de telles accusations".

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