Serge Reggiani et Romy Schneider : Une liaison secrète et maudite !

L’acteur et interprète de “Ma liberté” et l’icône des années 70 ont vécu une liaison incandescente, à répétition. Un livre en retrace… l’enfer.

Lorsqu’ils se rencontrent en 1964 pendant la préparation et le tournage de L’Enfer, les deux artistes ne se doutent encore pas combien le titre du film inachevé d’Henri-Georges Clouzot va s’avérer prémonitoire. Ce projet arrive pour eux à une période charnière de leur carrière : Reggiani est encouragé par ses amis Simone Signoret et Yves Montand à pousser la chansonnette – ce qu’il fera l’année suivante –, tandis que Romy Schneider sort d’une brève et frustrante période américaine (Le Cardinal d’Otto Preminger, Le Procès d’Orson Welles).

Deux âmes perdues

Côté cœur, l’interprète de Sissi vient de se faire quitter par Alain Delon, parti dans les bras de Francine Canovas, future Nathalie Delon. Le héros de Casque d’or est quant à lui marié avec la comédienne Annie Noël, qui lui a donné trois enfants – qui s’ajoutent à deux autres, nés de sa première union avec l’actrice Janine Darcey.

Serge Reggiani rencontre donc une jeune femme fragilisée par une carrière qui tarde à redécoller et par une instabilité amoureuse chronique. L’histoire entre ces deux âmes perdues, volages et dépressives ne pouvait être qu’entière et explosive. Dans leur livre, Serge Reggiani, la nostalgie est toujours ce qu’elle était (Les Éditions de l’Observatoire), Bertrand Dicale et Anne-Sophie Mercier rapportent un épisode qui résume leur relation naissante.

À Serge qui lui demande une photo d’elle, petite, c’est-à-dire enfant, Romy donne une petite photo d’elle, adulte ! L’anecdote est mignonne mais, comme le soulignent les auteurs, elle est aussi révélatrice des malentendus qui s’instaurent d’emblée entre les amoureux. Le tournage de L’Enfer est interrompu brutalement par l’infarctus de Clouzot. Les stars, qui sont attachées à leur liberté, s’éloignent l’une de l’autre pendant six ans, période au cours de laquelle Reggiani s’impose comme chanteur, tandis que Romy redevient une actrice de premier plan grâce à son rôle dans La Piscine (1969) de Jacques Deray. Elle a par ailleurs épousé en 1966 un metteur en scène de théâtre allemand, Harry Meyen, futur père de son fils David-Christopher.

L’occasion leur est donnée de se retrouver, en mars 1970, à la première projection des Choses de la vie de Claude Sautet. Reggiani étant un proche de l’acteur Michel Piccoli et du scénariste Jean-Loup Dabadie, c’est tout naturellement qu’il a été convié. Selon Dicale et Mercier, Romy invite dans la foulée Serge chez elle pour passer la nuit. Un coup de fil intempestif du chancelier allemand de l’époque, Willy Brandt, interrompt leurs retrouvailles. Romy, qui fut la maîtresse de l’homme d’État, l’écoute longuement parler et quand elle raccroche, Serge est endormi ! Furieuse, elle le congédie… avant de le revoir.

Serge Reggiani et Romy Schneider ne se quittent plus, bien que mariés. Leur passion est attisée par une grande consommation d’alcool que l’actrice mélange à des cocktails de médicaments… Au début, séduit par les excès de Romy capable de débarquer au beau milieu d’une session d’enregistrement d’un de ses albums, Serge finit par être agacé par ses sautes d’humeur et ses caprices.

Une séparation inéluctable

Les auteurs rappellent que dans son livre autobiographique, La question se pose, coécrit avec son fils Simon, Reggiani avait dévoilé des extraits de la correspondance qu’il avait échangée avec Schneider jusqu’à la fin 1971. Elle témoignait, chez l’actrice, d’un tempérament à fleur de peau et d’un manque de confiance en elle qui alimentaient son mal-être et qui la rendaient difficile à vivre.

La rupture est inéluctable. Elle se déroule dans un café. Serge écrase une cigarette avant de déclarer : « Notre histoire est finie, finie, bien finie. » Ce à quoi Romy rétorque : « Ça tombe bien, je n’aime pas les petits garçons. » Il paie et la laisse seule, désespérée, avec ses bouteilles de whisky.

Louis-Paul CLÉMENT

Source: Lire L’Article Complet