10 signes d'une relation problématique avec la nourriture (et comment y remédier)

À chaque fois que je commence à espérer que le mouvement anti-régime gagne du terrain et que de plus en plus de gens commencent enfin à rejeter la culture toxique de la restriction, mes espoirs tombent à l’eau.

Aujourd’hui, les troubles alimentaires sont omniprésents : des influenceurs “bien-être” qui utilisent TikTok pour promouvoir des régimes drastiques, jusqu’aux magazines qui font les gros titres avec des remèdes miracles pour ignorer les signes de faim. Et bien souvent, ces recommandations sont encensées et parées de toutes les vertus.

Priver votre corps de nourriture et de ce dont il a besoin est tout sauf sain. Ce n’est pas parce que nous avons banalisé certains comportements, comme mâcher un chewing-gum pour éviter de manger, ou calculer religieusement notre apport calorique et l’enregistrer dans une application, que ces réflexes nous sont bénéfiques. Ces astuces de régime sont omniprésentes, et en ce moment, de nombreuses personnes sont attirées par ces mauvaises habitudes alimentaires.

“Les gens se préoccupent de plus en plus de l’alimentation en ce moment”, déclare Barbara Spanjers, thérapeute et coach en bien-être basée à Las Vegas. “D’une certaine manière, il est plus facile de s’inquiéter de son alimentation que des menaces existentielles que nous rencontrons aujourd’hui, tant sur le plan sanitaire qu’économique.”

Bien sûr, stresser au sujet de la nourriture au lieu de stresser pour la pandémie n’est pas une stratégie d’adaptation très saine. Voici quelques signes fréquents de trouble alimentaire à surveiller :

1- Vous cherchez à tout prix à avoir une alimentation “saine”

Cherchez-vous à éviter la nourriture transformée pour privilégier les aliments “frais” et “sains” ? (je suis aussi passée par là.) De nombreuses personnes estiment qu’il s’agit d’un choix sain, mais c’est loin d’être le cas.

Pour commencer, ce choix trace une limite arbitraire entre ce que vous pouvez et ne pouvez pas manger. Pensez à la façon dont les défenseurs de l’alimentation saine diabolisent les barres de Kit Kat (attention au sucre!), mais font la promotion de barres de chocolat au cacao bio, sucre de coco bio et quinoa soufflé bio (qui contiennent autant de sucre). Ou encore leurs mises en garde sur le pain frais à la farine de blé et à la levure, qui serait “mauvais”, alors qu’ils encensent le tapioca et la farine d’amande.

En vérité, “manger sainement” repose sur des restrictions alimentaires sans aucun fondement scientifique. Rachel Larkey, une nutritionniste new-yorkaise agréée, décrit ce comportement comme une habitude malsaine. Penser ou manger ainsi n’est pas une bonne idée.

2- Vous évitez les repas qui vous plaisent lorsque vous mangez à l’extérieur

C’est une chose de se refuser ses aliments préférés lorsqu’on n’a pas faim, mais c’en est une autre de les éviter complètement, a déclaré Brittany Wehrle, nutritionniste du sport basée à Dallas et propriétaire de Fueled & Well Nutrition.

Éviter tous les aliments plus gras et sucrés lors des sorties est sans doute le signe d’un trouble alimentaire, affirme-t-elle, même si on considère généralement ce comportement comme sain. Si vous en arrivez à parcourir le menu en quête des plats les moins caloriques, ou même à les consulter au préalable sur le site web du restaurant, vous devriez peut-être prendre un peu de recul et réfléchir aux raisons qui vous poussent à le faire.

3- Vous refusez catégoriquement de manger à l’extérieur

“Éviter les situations sociales où vous craignez de vous exposer à certains types d’aliments pour ne pas compromettre votre régime est un signe de trouble alimentaire”, selon Alissa Rumsey, une nutritionniste new-yorkaise, thérapeute en nutrition et autrice de Unapologetic Eating: Make Peace With Food and Transform Your Life.

Le refus constant de prendre des repas à l’extérieur (même à emporter) parce que le menu ne propose aucune option “saine” est loin d’être bon pour la santé. Ce comportement peut engendrer un sentiment d’isolement et de solitude.

4- Vous stressez lorsque vous devez manger quelque chose qui n’est pas inscrit dans votre régime

“Une personne atteinte de troubles alimentaires et qui est en voyage avec des amis peut être complètement déstabilisée à l’idée de devoir manger quelque chose qui ne fait pas partie de son régime alimentaire, comme un fast-food à emporter”, explique Brittany Wehrle. “En revanche, une personne qui a une relation saine avec la nourriture sait s’adapter et ne sera pas dérangée par un changement dans ses habitudes.”

Il n’y a rien de mal à bien manger, mais il ne faut pas vous alarmer si vous devez faire un écart ponctuel dans vos habitudes alimentaires.

5- Vous contrôlez strictement vos portions

L’idée d’une portion “idéale” est très répandue, mais elle n’est pas fondée : rien ne vous oblige à vous en tenir à une portion définie à chaque repas.

Selon Alissa Rumsey, “lorsqu’une personne fait un choix basé sur une ‘portion raisonnable’ ou une mesure précise au lieu d’écouter son corps, cela peut être un signe révélateur d’un trouble alimentaire.’

Au lieu d’imposer des limites arbitraires à la quantité de nourriture que vous pouvez manger lors d’un repas ou d’un en-cas, contentez-vous de manger jusqu’à être rassasié·e. Vous mettrez peut-être un peu de temps à vous y habituer, mais vous y arriverez.

6- Pour vous, il existe de “bons” et de “mauvais” aliments

Selon Rebecca Ditkoff, une nutritionniste new-yorkaise, propriétaire de Nutrition by RD et conseillère en nutrition qui prône une approche intuitive de l’alimentation, “une approche saine de l’alimentation permet une certaine flexibilité : elle ne laisse pas la place à la stigmatisation des aliments selon qu’ils soient ‘bons’ ou ‘mauvais’ pour vous. Aucun aliment n’est fondamentalement bon ou mauvais, et la nourriture ne sert pas uniquement à ‘se nourrir’ : elle contribue aussi à notre bien-être et constitue une source de plaisir.”

Une approche trop stricte relève du trouble alimentaire, car une approche saine tient compte non seulement des effets physiques de la nourriture, mais aussi de ses aspects sociaux, émotionnels et psychologiques.

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