6 événements à ne pas manquer lors de la Paris Design Week

Première collection de mobilier, exposition collective pour écrire le monde de demain ou fabriquer un monde chimérique, rétrospectives précieuses : les rendez-vous sont nombreux et divers pour cette nouvelle et très attendue édition de la Paris Design Week. Après deux ans d’absence, cette  session est annoncée comme celle du « renouveau ».  Voici les événements à ne pas manquer pour parfaire sa culture design comme être à la pointe des nouveautés en matière de création design…

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Loom Editions à la Galerie Joyce, une affaire de génération

A la Galerie Joyce durant la Paris Design Week, Loom Editions offre l’intelligente opportunité de regarder dans le rétro en admirant les créations inventées par Odile Mir à l’aube des années 70, quand le design était encore vecteur d’utopie et traduisait l’imminence d’une vie moderne et accessible. Derrière le lancement de Loom Editions, il y a ce goût pour un retour à un design innovant doublé d’une histoire de génération où la transmission est de rigueur.

La marque associe les initiales de Léonie Alma Mason, à la tête du studio d’architecture LA.M Studio, et celles d’Odile Mir, sa grand-mère. La première réédite les meubles de la seconde qui a produit une série de meubles et d’accessoires pour l’enseigne phare des seventies parisiennes : Prisunic. Autodidacte et passionnée de sculpture, Odile Mir a entretenu une approche très artistique de la création design. Férue de matériaux industriels et de courbes épurées, elle fera de ses goûts ambivalents le point fort de ses créations emblématiques. Le temps de l’exposition, ses oeuvres d’époque sont présentées aux côtés de leurs homologues contemporains : la gamme modulaire FILO – son fauteuil, son repose-pieds et son porte-revues multifonction–, ainsi que le lampadaire à double utilité DUO. Un ensemble à vivre accompagné par la publication d’une monographie.

>> Loom Editions à la Galerie Joyce, du 1er au 13 septembre

168 Galerie de Valois, jardin du Palais Royal, 75 001 Paris

A la Galerie Yves Gastou, Hauvette&Madani réveillent les seventies

Depuis une décennie, le duo d’architectes formé par Samantha Hauvette et Lucas Madani oeuvre pour des clients particuliers dans la capitale comme à l’étranger. Outre la conception d’espaces privés, le binôme, né sur les bancs de l’école Camondo, aime à parfaire leur projet en créant leur propre mobilier. Le confinement leur a offert l’opportunité de se laisser-aller à cet art : gratter du papier, tester formes et matériaux pour enfin renouer avec ce « trip ensemblier » comme le nomme  avec entrain Samantha Hauvette. Car il y a un excitant phénomène de réminiscence de ce temps béni et joyeux des années 20 et 30 à la simple vision de la première collection de meubles signée Hauvette&Madani. Présentée à la Galerie Yves Gastou, cette nouvelle aventure confirme leur talent pour injecter un certain savoir-vivre précieux dans les décors contemporains.  

La dizaine de pièces présentées le temps de la Paris Design Week – toutes réalisées à Paris – invite à vivre chez soi avec liberté, instinct et forcément insolence comme dans les seventies. Courbes sensuelles et matériaux chics et froids à la fois parsèment leur pièce de vie imaginaire, fantasme d’un intérieur à la Saint-Laurent. Leur canapé se dote d’un plateau en inox et bois baptisé “Drinking” quand leur sublime table de salle à manger présente un graphique et étonnant cendrier “Smoking”. Vous voyez le genre ? Modulable et basse, leurs assises quant à elle évoquent un temps passé à refaire le monde à même le sol. Si les seventies sont plus que jamais à la mode, la première collection du duo Hauvette&Madani possède cette qualité supérieure de réussir à en faire émaner leur plus puissant parfum : leur caractère 100 % bon vivant.

>> Hauvette&Madani à la Galerie Yves Gastou, du 10 au 18 septembre

12 rue Bonaparte

Chloé Nègre enchante avec sa première collection de meubles à l’Atelier Pinton

Après avoir signée quelques espaces clés de la nouvelle Samaritaine, plus un nouvel hôtel à l’esthétique sixties revisitée côté Rive Gauche (le Saint-André des Arts), Chloé Nègre lance sa première collection de mobilier à l’occasion de la Paris Design Week. Si cette grande habituée des projets d’architecture d’envergure a toujours eu à coeur de créer un mobilier signature pour les espaces sur lesquels elle travaille, elle n’avait jamais passé le cap de la création en son nom propre. En 2021, elle ajoute cette corde à son arc et s’inscrit dans le club très en vogue des architectes et designers qui ont choisi l’auto-édition. 

Baptisée très judicieusement “Soir d’été dans mon jardin”, cette première collection donnent des envies d’été indien. Ce salon intérieur déploie canapé, table basse, lampe et miroir aux courbes végétales et couleurs chaudes. La nature y explose sous une forme pop et joyeuse et confirme l’aisance du Studio Chloé Nègre pour inventer des décors où fantaisie et élégance font bon ménage. Un véritable vent de fraîcheur proposé en collaboration avec la maison d’édition de tapis Pinton qui accueille l’exposition.

>> Soir d’été dans mon jardin du Studio Chloé Nègre à l’Atelier Pinton, du 9 au 18 septembre

71 rue du Cherche-Midi

A l’Hôtel de Sully, Pierre Gonalons fait dialoguer les siècles

Le temps de la Paris Design Week, le designer et décorateur en vogue Pierre Gonalons prend ses quartiers dans la dernière Orangerie du XVIIe siècle de Paris, celle de l’Hôtel de Sully, siège du Centre des Monuments Nationaux au coeur du Marais. C’est dans ce cadre exceptionnel à l’angle de la place des Vosges que le décorateur fait dialoguer plusieurs créations aux volumes et courbes ultra contemporaines avec cette architecture parisienne typique du XVII ème siècle que nombre de touristes (et parisiens) aiment découvrir tout au long de l’année.

Pour créer ce décor inédit et faire dialoguer des siècles de savoirs créatifs français, le designer s’est associé à la marque de tissu Fortuny afin de mettre en scène des pièces de mobilier inédites et toutes grandiloquentes. Des piècesrécemment dessinées pour des éditeurs de renom tels que Duvivier, Les Emaux de Longwy ou Carrésol ainsi que pour sa galerie. 

>> L’Orangerie Pierre Gonalons à l’Hôtel de Sully, du 8 au 18 septembre

5 place des Vosges

A l’hôtel La Lousiane, artistes et designers revisitent des chambres cultes

Pour la première fois de sa très longue histoire, l’Hôtel La Lousiane au coeur de Saint-Germain-des-Prés accueille designers et artistes durant la Paris Design Week. Imaginée par Olivier Robert, la foire Bienvenue Design propose une expérience double à ses visiteurs : découvrir artistes, designers et galeristes belges et internationaux actuels prendre possession des chambres modestes et chargées d’anecdotes d’un hôtel mythique. 

La visite est donc à double sens dans cet hôtel de la Rive Gauche qui a été le refuge d’illustres artistes du XX ème siècle. Sartre et Beauvoir en firent le QG des existentialistes dans les années 40. La môme Juliette Gréco y vécu et y fut photographiée à maintes reprises. Pour une nuit ou pour plusieurs années, cet hôtel aux airs de pension de famille fut le rendez-vous de tous les artistes épris de libertés artistiques, festives et amicales. Les murs et couloirs exigus de l’adresse respirent encore ce Paris évanoui que convoquent les mémoires de Simone de Beauvoir. Ces lieux sont aujourd’hui investis par des artistes enclins à faire revivre cette modernité et cette soif d’inventer propres aux anciens clients de la maison. On retiendra (entre autres) pour leur brillante capacité à user de la machine à remonter le temps deux numéros : la chambre 7 d’Emilie Bonaventure et sa scénographie très boîte de jazz, entre rêverie nostalgique et présent fantasmé et raffiné d’un musicien voyageur. et la chambre 15, revisitée par Maison Verrsen, galerie spécialisée dans le mobilier et objets décoratifs du XX ème siècle, qui a imaginé un décor aux touches de velours et d’acier chromé semblant tout droit sorti d’un rêve (ou d’un cauchemar ?) orchestré par David Lynch en arrière plan. Des “chambre à soi” aux univers fascinants… 

>> Bienvenu Design à l’Hôtel La Louisiane, du 8 au 12 septembre

60 rue de Seine

A l’Espaces Commine, le design durable se veut désirable

Très souvent transformé en temple créatif, l’Espace Commine est durant la Paris Design Week l’escale à ne pas manquer pour prendre le pouls d’un design de plus en plus concerné par le développement durable. Plus qu’une fibre écolo, la nouvelle génération de designers est gagnée par une urgence à tester et innover pour créer des objets du quotidien ou d’exception en phase avec les enjeux écologiques du moment. Le lieu rassemblera pour l’occasion les travaux, prototypes et collections, d’une vingtaine de designers sur le thème Développement Désirable, le thème de cette nouvelle édition. Des travaux innovants et insolites parmi lesquels ceux de Lucile Viaud, mais aussi ceux des lauréats des Grands Prix de la création de la Ville de Paris dans la Catégorie Design (Hors Studio (Rebecca Fézard et Elodie Michaud) et Grégory Granados avec son Projet STEP : un instrument de musique si grand qu’il ne peut être manipulé par une seule personne et oblige chaque utilisateur à se déplacer pour jouer, réalisé à partir d’objets récoltés, recyclés et détournés.)

>> Paris Design Week Factory à l’Espace Commines, du 8 au 12 septembre

17 rue Commines

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