Affaire Dupont de Ligonnès : comment adapter un fait divers à l’écran ?

Comment adapter une affaire dont la clé relève encore du mystère ? Après des mois d’enquête, Pierre Aknine, auteur-réalisateur, s’est forgé une intime conviction qu’il délivre dans la minisérie Un homme ordinaire, à suivre sur M6 à partir du mardi 15 septembre à 21h05.

Il y a trois ans, Pierre Aknine et son épouse, la scénariste Anne Badel, découvrent un reportage sur John List : "Un individu qui a tué toute sa famille en 1970, dans les mêmes conditions que Xavier Dupont de Ligonnès, confie le réalisateur. Je me suis dit : il y a un sujet !" Avec sa femme, il se plonge alors dans cette affaire qui tient la France en haleine, sur les traces du Nantais soupçonné d’avoir tué sa famille : "Cette histoire, tant elle sentait la mort, nous a tellement minés qu’elle a failli faire exploser notre couple !" poursuit-il.

Trouver un axe narratif

Première difficulté : trouver un axe. "Au départ, on a essayé de se placer uniquement du point de vue de Ligonnès, mais c’était trop monstrueux. C’est ainsi que le personnage joué par Émilie Dequenne est arrivé, inspiré par un certain Christophe, qui, dans les faits, avait créé un site internet afin d’aider la police". Si la pratique est courante aux États-Unis, en France, c’était une première, et le cyber-enquêteur s’est vu condamné pour "atteinte au secret de correspondance".

La fiction n’est pas la réalité

Pourquoi ne pas l’avoir intégré ainsi dans le scénario ? Telle est la difficulté d’une adaptation ! «La fiction, répond Aknine, ce n’est pas la réalité, c’est une vérité. Par exemple, pour parer l’insupportable des scènes de tuerie, nous avons décidé que les tirs auraient lieu à travers un coussin. Pas la réalité ? Et alors ! Nous ne sommes pas dans un documentaire.» Quant aux précautions juridiques, Pierre Aknine est très clair : "Il n’y en a qu’un qui pourrait nous embêter, c’est Xavier Dupont de Ligonnès ! Mais bien sûr, nous avons pris toutes les précautions pour ne pas offenser la famille."

L’itinéraire d’un homme acculé

Alors qu’une enquête parue dans le magazine Society ravive l’intérêt pour l’affaire, Pierre Aknine revendique son droit à proposer sa version des faits, étayée par des mois d’investigation : "On ne tue pas toute sa famille pour une dette de 50 000 euros. Pour moi, c’est l’itinéraire d’un homme acculé, qui, pour finir en beauté, a réalisé son "chef-d’œuvre" en supprimant sa famille et en disparaissant."

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