Apnée du sommeil : comment y remédier ?

Vous souffrez d’apnée du sommeil ? Voici quelques définitions et conseils pour vaincre ces arrêts involontaires de la respiration.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil et comment se manifeste-t-elle ?

L’apnée du sommeil (autrement appelée syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, ou SAHOS) est un trouble de la ventilation nocturne se caractérisant par des épisodes répétés d’interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration au cours du sommeil. Ces pauses respiratoires durent en moyenne de 10 à 30 secondes et se produisent au moins 5 fois par heure de sommeil. Au total, ces pauses peuvent se répéter une centaine de fois au cours d’une même nuit, à des fréquences variables.

L’importance de ce syndrome se mesure en fonction du nombre d’apnée/hypopnées par heure de sommeil. On le mesure à l’aide d’un indice : l’indice d’apnées/hypopnées (IAH)

  • Entre 5 et 15 : l’apnée du sommeil est considérée comme légère
  • Entre 16 et 40 : l’apnée du sommeil est considérée comme modérée
  • Si cet indice est supérieur à 30, l’apnée est considérée comme sévère

Ces pauses respiratoires anormalement fréquentes sont dues à des obstructions répétées des conduits respiratoires de l’arrière-gorge. De ce fait, ces pauses provoquent un manque en oxygène chez le dormeur. Le cerveau, face à ce manque en oxygène, réveille le dormeur pour reprendre sa respiration. Ces éveils, ou plutôt ces « micro-éveils », sont de courte durée et sont souvent oubliés au réveil.

Le savez-vous ? En France, ce syndrome toucherait entre 1 et 3 millions de personnes, mais près de 80 % d’entre elles ne seraient pas diagnostiquées.

Les conséquences de ce syndrome, à court et long terme :

Au quotidien

L’apnée du sommeil a des conséquences importantes sur nos activités. Au quotidien, l’apnée du sommeil entraîne des maux de tête persistants, des troubles de la concentration, de l’humeur ou de la mémoire, une somnolence diurne voire des endormissements incontrôlables, conséquences directes d’un sommeil très perturbé et saccadé. Elle peut aussi avoir des conséquences sur le conjoint, car l’apnée du sommeil s’accompagne de ronflements sonores.

Le saviez-vous ? Le ronflement n’est pas considéré comme un problème de santé et ne s’accompagne que rarement de pauses respiratoires. Les scientifiques estiment que de 30 % à 45 % des adultes ronflent régulièrement.

À long terme

À long terme, une apnée du sommeil non traitée peut avoir des conséquences majeures sur la santé. Le syndrome favorise entre autres les maladies cardiovasculaires telles que :
• Une insuffisance cardiaque
• Une hypertension artérielle
• Une maladie coronarienne
• Un infarctus du myocarde (crise cardiaque)
• Des troubles du rythme cardiaque (arythmie cardiaque)
• Un AVC (accident vasculaire cérébral)

Mais il existe d’autres conséquences de ce syndrome à long terme :
• Un diabète
• Un syndrome métabolique
• Des anomalies de graisses dans le sang
• La dépression du fait du manque de sommeil
• Des accidents de travail et de la route du fait de la somnolence accrue. Pour information, les personnes atteintes de ce trouble ont 2 à 7 fois plus de risque d’être victimes d’un accident de la circulation.

Les facteurs favorisant ce syndrome

Dans la majorité des cas, les apnées et les hypopnées sont dues à un relâchement excessif de la langue et des muscles de la gorge, qui ne sont pas assez toniques et bloquent ainsi le passage de l’air de la respiration. On parle ainsi d’obstruction des voies respiratoires. Il existe différents facteurs qui empêchent le bon fonctionnement des voies aériennes supérieures (la bouche, le nez, la gorge, le larynx et la trachée). Il s’agit :

• Du surpoids ou de l’obésité, présent dans 70 % des cas, ce qui en fait le principal facteur de risque notamment parce que l’excès de graisse au cou diminue le calibre des voies respiratoires. L’obésité augmente d’environ 7 fois le risque d’apnée du sommeil.
• De l’âge, car l’apnée du sommeil est plus fréquente chez les seniors du fait du manque de tonicité dans les muscles. Après 65 ans, la fréquence du syndrome est double ou triple. Aujourd’hui, 30 % des plus de 65 ans seraient concernés ;
• Du sexe : les hommes sont deux à quatre fois plus exposés que les femmes avant 60 ans. Après cet âge, la fréquence de ce syndrome est la même ;
• De problèmes ORL (oto-rhino-laryngologiques), chirurgicaux, allergiques, etc. entraînant une obstruction nasale plus ou moins permanente ;
• Des anomalies de la mâchoire (mandibule trop petite), de la langue (langue très volumineuse) ou du palais (luette, amygdales) ;
• Des médicaments (sédatifs, sommières, anxiolytiques), de tabagisme ou de substances excitantes (l’alcool, narcotiques).

Comment prévenir l’apnée du sommeil ?

Si vous souffrez d’apnée du sommeil de faible intensité, il existe quelques solutions pour améliorer la qualité de votre sommeil et ainsi réduire les symptômes de ce syndrome. En voici quelques-uns :

  • Perdre du poids (une perte de 10 % du poids réduit de 25 % la gravité des apnées) ;
  • Pratiquer une activité physique régulière ;
  • Dormir sur le côté pour empêcher le rétrécissement des voies respiratoires ;
  • Surélever la tête du lit de quelques centimètres pour avoir le cou et le torse légèrement inclinés et ainsi faciliter l’ouverture des voies respiratoires ;
  • Éviter les somnifères, le tabagisme et les substances excitantes avant de dormir qui augmentent le relâchement des muscles de la gorge et de la langue et créent une inflammation des voies respiratoires ;
  • Soigner les allergies pour éviter que la congestion nasale gêne la respiration

Quand et qui consulter ?

La plupart des personnes souffrant d’apnée du sommeil ne le savent pas. La plupart du temps, c’est le conjoint qui remarque la présence de ronflements ou d’apnées répétées. Il est vivement conseillé de consulter un spécialiste si :
• Les ronflements sont très sonores et perturbent votre sommeil ou le sommeil de votre conjoint ;
• Si vous vous réveillez fréquemment la nuit (microréveils) avec l’impression de mal respirer ;
• Si votre conjoint remarque des arrêts respiratoires pendant votre sommeil ;
• Vous vous sentez toujours fatigué au réveil (somnolence) et vous vous endormez fréquemment au cours de la journée (endormissements incontrôlables).

Votre médecin généraliste peut vous diriger vers un spécialiste dans l’étude du sommeil. En pratique, il vous faudra passer une nuit à l’hôpital ou dans un centre spécialisé pour réaliser tous les tests et déterminer la gravité de ce syndrome. Des électrodes seront placées à différents endroits sur votre corps afin d’observer l’activité du cerveau et des muscles, le taux d’oxygène dans le sang et les différentes phases de sommeil.

Tous ces paramètres pourront déterminer l’index d’apnée-hypopnée (AHI), propres à chaque patient. Selon les résultats obtenus, le médecin pourra vous conseiller de porter une gouttière (orthèse d’avancée mandibulaire) ou un masque respiratoire (traitement par ventilation à pression positive continue), ce dernier diminuant les symptômes au bout de 4 à 6 semaines. À ce jour, il n’existe aucun médicament permettant de soigner l’apnée du sommeil.

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Dans les cas les plus graves, si le traitement par ventilation ne fonctionne pas, une opération chirurgicale peut être réalisée pour réduire les ronflements et les apnées (uvulo-palato-pharyngoplastie, amygdalectomie et adénoïdectomie, chirurgie du nez, trachéotomie, etc.). Cependant, leur efficacité sur le long terme est relativement faible puisque les apnées ont souvent tendance à réapparaître après l’intervention.

LR

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