Artère mésentérique : fonctions, maladies et traitements

L’artère mésentérique est une branche de l’aorte abdominale, qui a pour rôle d’acheminer le sang oxygéné vers les organes de l’abdomen. Ainsi, grâce à elle, le côlon, le rectum, l’intestin grêle et le pancréas, sont suffisamment alimentés en oxygène.

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Sommaire

  1. 1.À quoi sert l’artère mésentérique ?
  2. 2.Quelles sont les maladies de l’artère mésentérique ?
  3. 3.Comment soigner les maladies de l’artère mésentérique ?
  4. 4.Quels sont les médecins spécialistes de l’artère mésentérique ?
  5. 5.Quels sont les examens médicaux de l’artère mésentérique ?

1. À quoi sert l’artère mésentérique ?

L’artère mésentérique, branche de l’aorte abdominale, a pour objectif d’alimenter les organes de l’abdomen en sang oxygéné. Le corps humain possède deux artères mésentériques : l’inférieure et la supérieure.

Ainsi, l’artère mésentérique inférieure irrigue la partie terminale du tube digestif, c’est-à-dire le côlon descendant et le rectum. L’artère mésentérique supérieure, elle, est la voie de passage du sang vers l’intestin grêle, le côlon dans sa partie ascendante et le pancréas.

Les artères du corps ont pour rôle de transporter le sang en provenance du cœur vers les organes. Il ne faut pas les confondre avec les veines qui, elles, transportent le sang des organes vers le cœur.

En général, le sang contenu dans les artères est donc plus oxygéné que celui contenu dans les veines. Il existe cependant des exceptions (comme l’artère pulmonaire).

2. Quelles sont les maladies de l’artère mésentérique ?

  • « Infarctus intestinal »

Le nom médical de cet infarctus intestinal est : ischémie mésentérique aiguë. Cet accident vasculaire de l’intestin est dû à une obstruction (partielle ou totale) par un caillot sanguin des artères, en l’occurrence de l’artère mésentérique. Elle est d’ailleurs la principale concernée, d’où le nom médical donné à cette pathologie.

Il s’agit d’une urgence vitale, car l’intestin peut se nécroser rapidement lorsqu’il est privé de sang et donc, d’oxygène. En cas d’infarctus intestinal, les patients risquent à 80 % d’y laisser la vie, c’est pourquoi il faut intervenir le plus vite possible. Généralement, les patients survivent grâce à une ablation d’une portion de l’intestin.

Le risque de décès est très élevé, car la plupart des malades ne connaissent pas les signes annonciateurs de cette pathologie. Les symptômes sont en effet peu caractéristiques ou très discrets, ce qui retarde très fortement l’établissement d’un diagnostic.

En règle générale, le patient ressent une douleur abdominale très intense qui survient brutalement, sans raison apparente. Il faut alors immédiatement appeler le 15 pour éviter la nécrose de l’intestin. Lorsque l’obstruction est progressive, les symptômes sont plus insidieux. La douleur abdominale peut survenir des semaines, voire des mois, après les repas. En effet, la digestion relève d’un effort pour l’abdomen. Une fois l’artère bouchée, les couches de l’intestin se nécrosent, à commencer par la muqueuse (la couche superficielle). Le patient ressent des douleurs et peut éventuellement saigner. À ce moment, il est encore temps d’agir. Lorsque l’ischémie gagne la couche la plus profonde, l’intestin se paralyse et les symptômes ressemblent à ceux d’une occlusion intestinale. C’est-à-dire : douleur abdominale, distension, de l’abdomen, nausées, vomissements, constipation… Il s’agit d’une maladie assez méconnue et difficile à diagnostiquer. Elle toucherait pourtant 15 000 personnes en France.

  • Angor mésentérique

Un peu avant l’infarctus mésentérique, on parle d’angor mésentérique. Et cela, lorsque les artères digestives sont partiellement bouchées. L’apport en oxygène n’est alors plus effectué correctement. L’angor est la première étape avant une ischémie mésentérique.

Les symptômes fréquemment décrits sont : des douleurs abdominales (après les repas ou pendant la digestion), une peur alimentaire, la diarrhée ou des vomissements. C’est pourquoi il est plutôt compliqué de diagnostiquer cette pathologie. Des douleurs pendant la nuit, peuvent faire penser à une évolution vers une ischémie mésentérique : il est important de consulter le plus rapidement possible. Bien que l’angor mésentérique et l’ischémie mésentérique aiguë soient comparables (manque d’apport sanguin, donc d’oxygénation), le diagnostic est moins aisé en ce qui concerne l’atteinte artérielle mésentérique. Cependant, dans les deux cas, il s’agit d’une urgence.

  • Syndrome de l’artère mésentérique supérieure

Il se peut que le duodénum (la partie initiale de l’intestin grêle, qui fait suite à l’estomac) soit parfois comprimé entre l’aorte et l’artère mésentérique. Les « aliments », après avoir quitté l’estomac, continuent alors difficilement leur progression, et ce, de manière douloureuse. Cela se produit environ un quart d’heure après le début du repas. Dans certains cas de compression sévère, il est possible que le patient saute des repas, par peur des douleurs, ce qui peut l’entraîner vers une perte de poids.

Dans certains cas, la compression fait suite à une faiblesse de la musculature du duodénum. Dans d’autres cas, seule l’étroitesse de l’angle explique les symptômes.

3. Comment soigner les maladies de l’artère mésentérique ?

  • « Infarctus intestinal »

Le traitement d’un infarctus intestinal demande une coopération entre plusieurs spécialistes : gastro-entérologue, radiologue, chirurgien vasculaire et médecin urgentiste doivent pouvoir travailler de concert, pour intervenir le plus rapidement possible.

La reconnaissance des symptômes va jouer un grand rôle dans la prise en charge rapide, qui traite uniquement la conséquence. C’est-à-dire que l’on s’occupe principalement de soigner l’artère bouchée. Pour cela, il faut la déboucher le plus rapidement possible, soit par une chirurgie vasculaire, soit par une radiologie interventionnelle, ou encore par un traitement médical. Le but est de ralentir le processus de l’infarctus et de revasculariser les vaisseaux.

Une prise en charge rapide permet d’augmenter la survie du patient. Pour ceux qui survivent, leur intestin est généralement préservé afin de maintenir une certaine qualité de vie. Le chirurgien, lors d’une résection intestinale, ne prélève ainsi qu’une longueur minime pour éviter la nutrition par perfusion.

  • Angor mésentérique

Pour l’angor mésentérique aussi, la précocité du diagnostic va jouer un rôle considérable. L’objectif du traitement est de rétablir un débit sanguin normal, pour irriguer correctement l’intestin. Il existe deux méthodes : la méthode chirurgicale et la méthode endovasculaire. Cette dernière est une alternative à la chirurgie. Elle consiste à réaliser une angioplastie : le chirurgien place un « ballon » dans l’artère obstruée, puis gonfle celui-ci pour permettre l’élargissement de l’artère. S’il le juge nécessaire, le chirurgien peut insérer un stent (une sorte de tube) qui sert à faciliter la circulation du sang.

  • Syndrome de l’artère mésentérique supérieure

Le traitement consiste principalement à instaurer une nutrition entérale, c’est-à-dire à apporter un mélange nutritif directement dans le tube digestif, par l’intermédiaire d’une sonde. La chirurgie est envisagée en cas d’échec du traitement médical.

4. Quels sont les médecins spécialistes de l’artère mésentérique ?

Pour ce qui concerne les artères, mieux vaut consulter un médecin vasculaire, également appelé angiologue. Il est le spécialiste des problèmes des vaisseaux (artères, veines, vaisseaux lymphatiques). Certains sont même spécialisés dans l’artère mésentérique.

Un médecin généraliste peut rediriger un patient vers un angiologue, si certains symptômes évoquent un problème circulatoire : par exemple, des jambes lourdes, des douleurs dans les membres, des difficultés respiratoires ou, comme ici, des douleurs abdominales.

5. Quels sont les examens médicaux de l’artère mésentérique ?

Dans un premier temps, pour les examens qui concernent les artères, on peut se diriger vers l’écho-doppler artériel. Il s’agit d’une technique d’imagerie médicale qui utilise les ultrasons. On place une sonde sur l’artère que l’on souhaite étudier, et on la déplace sur tout son trajet. C’est un examen indolore et sans danger pour le patient. L’écho-doppler permet de déterminer la vitesse du sang et le sens du flux sanguin.

Il est possible également, surtout lorsqu’il s’agit de l’artère mésentérique, que le patient passe un angioscanner. Celui-ci permet de visualiser, au niveau des artères, les sténoses (rétrécissements), les thromboses (caillots) ou les parties dilatées (anévrisme). Il associe un scanner classique et l’injection d’un produit de contraste iodé, opaque aux rayons X. Cela permet d’obtenir des images en coupes fines.

Sources :

– Interview Alain Cuffit, médecin angiologue-phlébologue à Paris.

Le Manuel MSD – Version pour professionnels de la santé

Société Nationale de Gastro-Entérologie : Ischémie mésentérique aiguë

Société Nationale de Gastro-Entérologie : P421 – L’angor mésentérique : une cause méconnue de douleurs abdominales chroniques

ScienceDirect : Syndrome de l’artère mésentérique supérieure

Prof. Dr. Thomas Scholbach – functional quantitative color Doppler ultrasound

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