Bolloré, Arnault et d’autres magnats de la presse sont convoqués au Sénat

Leur mainmise sur la plupart des médias en France suscite des inquiétudes. A compter de cette semaine, plusieurs grands industriels sont convoqués au Sénat. Celui-ci doit rendre fin mars son rapport pour faire la lumière sur les conséquences économiques et démocratiques d’une telle concentration.

« Jamais dans l’histoire de l’Hexagone une poignée de milliardaires n’a eu une emprise aussi forte sur les chaînes de télévision, radio, journaux et magazines et, ce en pleine campagne présidentielle », note Alexis Lévrier, historien des médias et maître de conférences à l’université de Reims, auprès de l’AFP.

Vincent Bolloré, premier actionnaire de Canal+, de deux grands groupes d’édition (Editis, Hachette), de nombreux journaux (magazines de Prisma Media, JDD, Paris  Match) et de la radio Europe 1, sera auditionné mercredi. C’est sur sa chaîne d’information CNews, que Eric Zemmour, polémiste d’extrême-droite, a pris son envol pour devenir candidat à la présidentielle.

Bernard Arnault, PDG de LVMH à la tête des quotidiens Les Echos, Le Parisien et de Radio Classique sera quant à lui auditionné jeudi,
Patrick Drahi, patron du groupe de télécoms Altice (BFMTV, RMC) le 2 février et Martin Bouygues (dont le groupe de télévisions TF1 projette de fusionner avec M6), le 9 février.

La Loi de 1986 jugée obsolète

Reste à savoir ce que celui ou celle qui remportera l’élection présidentielle en avril fera du rapport du Sénat. Beaucoup jugent obsolète la loi de 1986 relative à la liberté de communication.

Dans une tribune du Monde
publiée à la mi-décembre, plus de 250 journalistes et professionnels des médias, dont Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, appelaient les candidats à la présidentielle à prendre des engagements pour s’opposer au « fléau » de l’hyperconcentration dans les médias.

Ils réclamaient une « réforme en profondeur » de la loi de 1986, assortie de la création d’un « statut juridique » spécifique pour les rédactions et d’un « délit de trafic d’influence en matière de presse » pour « limiter tout interventionnisme des actionnaires » et « garantir la participation active des rédactions à la gouvernance de leurs médias ».

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