« Branchées » et « durables », les fleurs séchées font un retour florissant

  • Durables, décoratives, les fleurs séchées sont de plus en plus prisées.
  • « Ce qui plaît, c’est que l’on peut jouer avec les hauteurs, les formes, tout est possible selon les goûts des gens », estime Brice Nicoleau, qui a ouvert le premier bar à fleurs séchées de Nantes.

Que ce soit chez le fleuriste du coin, sur Instagram, dans les magazines de déco, ou au mariage de votre cousine, elles sont partout. Depuis quelque temps,
les fleurs séchées reviennent en force aux côtés des plus traditionnels bouquets de pivoines ou de roses fraîches. « C’est branché et il y a un côté durable, on peut les garder des années, explique Chloé, 32 ans, une botte d’épis de blé sous le bras. Il faut juste veiller à les protéger du soleil, pour éviter que les couleurs ne s’altèrent. »

Pour trouver ces bouquets que l’on pensait démodés il y a peu, cette fan de déco a aujourd’hui l’embarras du choix, sur Internet ou dans des boutiques physiques. A Nantes, par exemple, le premier bar à fleurs séchées de la ville a ouvert il y a à peine deux mois : 
à l’Atelier de Brice, une trentaine de variétés différentes, déclinées en plusieurs couleurs parfois, attendent les clients (en majorité des trentenaires) qui peuvent composer eux-mêmes leur bouquet, à payer au poids.

Cloches, compositions, couronnes ou peignes sont très demandées. (Photo d'illustration chez un fleuriste, à Cannes).

« Ce qui plaît aussi, c’est que l’on peut jouer avec les hauteurs, les formes, tout est possible selon les goûts des gens, estime Brice Nicoleau, qui a donc carrément ouvert un deuxième magasin spécialement dédié aux fleurs séchées, qui représentent déjà 20 % des ventes totales. Pour les teintes, on nous demande du naturel, du camaïeu, mais les couleurs vives marchent aussi très bien. » Le panier moyen est de 30 ou 40 euros, soit à peu près le même tarif que pour des fleurs fraîches, à la différence qu’elles ne partent pas à la poubelle au bout d’une semaine.

Tiges, cloches, couronnes…

A plus de 600 km de là, dans les Ardennes, Yves Paulais n’imaginait pas que les fleurs bio qu’il produit, récolte et fait sécher la tête en bas (avant d’en teindre certaines) avec sa femme auraient un tel succès un jour. Alors que la grande majorité des fleurs vendues en France viennent des Pays-Bas voire de plus loin, ce producteur peine à satisfaire toutes les demandes. « On a galéré dans notre vie et aujourd’hui, on manque de bras !, raconte Yves Paulais, qui partira bientôt à la retraite. Je fais de la fleur séchée depuis 34 ans, et c’est vrai qu’il y a un regain intérêt depuis un an ou deux. Aujourd’hui, j’en expédie partout en France, même dans des boutiques de créateurs branchées
du Marais ! »

Car si quelques tiges de pampas ou un bouquet de statices rajouteront du style à votre salon, les fleurs séchées se vendent aussi sous cloche, en couronnes à suspendre, à porter sur la tête, en boutonnières ou en bougies… « C’est purement décoratif, explique la créatrice nantaise Clothilde Chauvet, de Salem Herboriste. Mes bougies sont comme de petits bouquets qui ne faneront jamais. D’ailleurs, beaucoup de mes clients ne les allument pas, pour conserver ce côté éternel. » Boostées par la mode du DIY, les fleurs séchées attirent aussi du monde via les ateliers d’art floral, où l’on repart avec sa création. « Il n’y a pas vraiment besoin de connaissances, estime Manon, vendeuse à l’Atelier de Brice, où des sessions
ont lieu le samedi. Juste laisser libre cours à son imagination. »

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