Burberry fait le pari de rendre le cachemire plus écologique et plus équitable | Vogue Paris

La marque a lancé une initiative sur 5 ans qui l’associe à des éleveurs de chèvres en Afghanistan. L’objectif ? S’assurer une production de cachemire aussi responsable que possible.  Retour sur les dessous de cette fibre de luxe. 

L’hiver arrive, ce qui signifie que l’on va pouvoir ressortir de nos placards nos pulls en cachemire. Cette matière, à la fois, douce, noble et chaude est un incontournable de la saison, encore plus lorsqu'on est chez soi. Toutefois, notre amour du cachemire n’est pas sans conséquence sur la planète : en Mongolie, le surpâturage et le réchauffement climatique ont entraîné la dégradation d’environ 70 % des prairies, provoquant la désertification de 25 % de ses terres. 

C’est la raison pour laquelle la Burberry Foundation — branche philanthropique de la marque britannique — a lancé un programme d’une durée de cinq ans dans l’objectif de parvenir à une production plus durable et plus écologique du cachemire. Ce travail s’inscrit dans la volonté de la marque de faire des gestes en faveur de la société, à l'instar de leur partenariat avec le footballeur Marcus Rashford réalisé dans l'objectif d'aider les enfants vivant sous le seuil de pauvreté. 

Ainsi, projet qui se déroule en Afghanistan fournit aux éleveurs de chèvres une formation en matière de techniques éco-responsables d’élevage, de culture et de bien-être animal. Cela leur permet d’obtenir un cachemire de meilleure qualité, et ainsi un meilleur prix à la vente pour cette fibre naturelle.  “Le cachemire est une matière première d’une importance capitale pour le secteur de la mode de luxe”, nous explique Pam Batty, secrétaire de la Burberry Foundation et chargée de la responsabilité sociale et écologique chez Burberry

© Joel van Houdt

Nous avons choisi de mener ce programme en Afghanistan parce qu’il s’agit du troisième producteur mondial de cachemire, derrière la Chine et la Mongolie. Nous étions également sensibles aux difficultés économiques et sociales rencontrées par le peuple afghan, dues à des années de guerre et à une forte pression du changement climatique.” 

En quoi consiste le programme Burberry ?

Même si 90 % des chèvres afghanes sont productrices de cachemire, la grande majorité des éleveurs ignorent la valeur de cette matière noble. “Ils ont de l’or entre les mains, mais encore faut-il que les techniques d’élevage soient les bonnes”, explique Agnė Baltaduonytė, directrice du plaidoyer chez Oxfam Afghanistan, qui s’est associé à Burberry sur ce programme. “Tout commence par l’apprentissage, apprendre à le nettoyer et apprendre à le traiter .” 

Aider les éleveurs à se regrouper en collectifs leur permet d’obtenir de meilleurs prix de vente pour leur cachemire. Auparavant, les éleveurs isolés vendaient leur production à des intermédiaires, plutôt qu’à des grossistes, obtenant par conséquent un prix de revient bien plus bas. En moins de trois ans, ce programme a permis de faire grimper le prix du cachemire afghan de 17 dollars du kilo en 2017 à 31 dollars en 2019. “Les éleveurs ont à présent accès à des coopératives dans lesquelles ils peuvent regrouper leurs productions et les vendre à un prix plus élevé”, nous explique Mohammad Ali Roshan, directeur du programme cachemire chez Oxfam Afghanistan.

© Joel van Houdt

L’assistance aux femmes, qui jouent un rôle clé dans les communautés pastorales, constitue également un volet essentiel du programme cachemire de Burberry. “ Les femmes sont souvent celles qui travaillent auprès du bétail, s’occupant du cardage (séparation du cachemire des fibres plus épaisses)”, explique Agnė Baltaduonytė, en ajoutant que 28 % des éleveurs soutenus par le programme sont des éleveuses.

"Nous essayons de mettre des femmes en avant dans des rôles de direction et d’avoir des coordinatrices dans les coopératives".  

En quoi ce programme va-t-il œuvrer à la protection de l’environnement ?  

S’assurer de la sécurité financière des éleveurs afghans est également important d'un point de vue écologique. “Il existe une pression excessive du pâturage dans le pays, mais cette situation n’est pas due au cachemire, les éleveurs afghans ont des cheptels très différents”, nous explique Andrew Nobrega, directeur de programmes chez PUR Projet, une entreprise de développement qui s’est associée au projet. “Si l’on souhaite réduire le surpâturage, il faut améliorer les revenus des producteurs, pour qu’ils puissent mieux protéger leur écosystème”.  

Si la production de cachemire afghan ne constitue pas actuellement une menace pour les sols, comme c’est le cas dans d’autres pays, le projet propose des formations en agriculture régénératrice afin d’éviter que cela puisse devenir le cas. “Nous cherchons à promouvoir un idéal de pastoralisme vertueux, capable dans le temps de régénérer les pâtures et de séquestrer le carbone sur le temps long “, poursuit Andrew Nobrega. Permettre aux éleveurs d’obtenir davantage de fibre de leurs animaux permettra, à long terme, de protéger les ressources naturelles : "il est essentiel pour nous que les producteurs s’approprient le caractère durable de ce projet pour que ce cachemire continue à être produit en continu".  

© Joel van Houdt

Vers un secteur de la mode plus responsable 

Le projet cachemire de la Burberry Foundation montre que la mode peut impulser un changement au sein d’une filière en se rapprochant des producteurs de sa chaîne d’approvisionnement. “C’est avant tout une question de conditions de vie”, explique Pam Batty, décrivant la façon dont le changement climatique fragilise la population. 

L’année dernière, il y a eu une sécheresse très dure, et elles deviennent de plus fréquentes. Construire des modes de résilience chez les populations sur le terrain, c’est absolument vital”. 

Le caractère responsable et éthique des productions est désormais devenu un souci majeur pour les consommateurs. Ce projet permettra donc aux marques de s’assurer un approvisionnement plus éthique en cachemire tout en multipliant la variété des choix disponibles. Si les marques éco-responsables se tournent de plus en plus vers le cachemire recyclé, il reste important de permettre aux éleveurs spécialisés dans le cachemire de gagner leur vie. “Du point de vue du climat et des ressources, le recyclage est un moyen fantastique. Mais en même temps, on a l’opportunité d’améliorer les conditions de vie de personnes vulnérables et de promouvoir une action positive du point de l’environnement, tout l’enjeu est de trouver le juste équilibre” tranche Andrew Nobrega.  

 Ce programme nous offre un exemple tangible de ce que peut accomplir une maison de mode sur le terrain lorsqu’elle s’investit, même sur une période relativement courte. Grâce à Burberry, acheter du cachemire en ayant la conscience tranquille est désormais possible. "Burberry s’est investi et a décidé de s’intéresser à cette problématique en améliorant la responsabilité environnementale et sociale de la filière cachemire", indique Andrew Nobrega.“Les marques doivent prendre leur responsabilité et affirmer qu’elles se soucient du changement climatique, du bien-être social et de l’équité.

Retrouvez aussi sur Vogue.fr : 
Ces marques dévoilent des capsules exclusives au nom de la solidarité 
Ces maisons de mode signent des expériences inédites au profit de l'environnement 

Plus de Vogue sur Youtube : 

https://www.youtube.com/embed/7IqXYNsx93E?start=2s?embed_config={"adsConfig":{"adTagParameters":{"iu":"/5574/fr-vogue-cp/mode/news/article/Youtube-PFP","cust_params":"cms%3Dcopilot%26site-name%3DVogue%26market-name%3Dfrance%26page-url%3Dhttps://www.vogue.fr/mode/article/cachemire-production-burberry-afghanistan-ecologie-equitable%26platform%3Dweb%26feature-flags%3Da2a-false%2CadsBlueprint-false%2CageGate-false%2CampNativeAds-false%2CarticleEmbedExternalLinks-false%2CarticleEmbedInlineArticles-true%2CarticleEmbedInlineGalleries-false%2CarticlePopInTag-false%2CatjsonArticleBody-false%2CautoplayYouTubeVideosOnVideoPage-false%2CcategorySubNavigation-false%2Cdinosaur-false%2CdisplayMoreArticles-false%2CdynamicAffiliateDisclaimer-false%2CdynamicAffiliateDisclaimerTop-true%2CfastAdsV6-false%2CgalleryStickyBottomAd-false%2CglobalAnalytics-false%2CgwaArticle-false%2ChideCerosEmbed-false%2CimageOverlay-false%2CimageOverlayAppendOrientation-false%2CjsonToObject-false%2CloadMoatOnlyForActiveViewportAdSlots-false%2ClogoVariation-%2CnativeShareLargeButtonOnTopper-true%2Cnewsletter-false%2ColdBrowserWarning-false%2CrecommendChangePopInTag-false%2CrefreshAds-false%2CregistrationWall-false%2CrelatedContentRecommendations-true%2CseoMetaRobots-true%2CslimNavigation-true%2CstickyBottomArticleAd-true%2CstickyBottomHomepageAd-false%2CstickyBottomTopicAd-false%2CteadsNativeFallback-true%2CtopicNativeSlice-false%2CuserAccountNav-false%2CyieldToAds-false%2ConeTrust-true%2Csentry-true%2CshowAdsInGalleryBody-false%2CalwaysOnControlFlag-false%2CarticlePopInTag2-false%2CcerosRecommendations-false%2CtestMultivariant-A%26article-id%3D5fb5064d445cd5ceeb637063%26page-template%3Darticle%26content-type%3Dstandard%26category%3Dmode%26subcategory%3Dnews%26article-tag%3DActualités%2CVogue Digital%2CBurberry%26video-embeds%3Dyes%26gallery-embeds%3Dno%26experience%3Dcompass%26ceros-embed%3Dno%26kvid%3D7IqXYNsx93E%26video-embed-index%3D1"},"nonPersonalizedAd":false}}
Source: Lire L’Article Complet