Confinement : Les transgenres totalement privés de déplacement au Panama ?

Pendant le confinement, le Panama autorise les hommes et les femmes à sortir pour effectuer leurs achats de première nécessité mais à tour de rôle. Cela pose alors un problème pour la communauté trans : Quand peut-elle se déplacer ?

Le Panama n’échappe pas à la crise sanitaire due au Covid-19. Ce mardi 31 mars, le pays d’Amérique Centrale comptait 1 075 cas de coronavirus et 27 décès. Comme pour de nombreuses nations à travers le monde, afin de lutter contre la propagation du virus, le gouvernement panaméen demande à sa population de rester confinée. La semaine dernière, le ministre de la Sécurité, Juan Pino, a révélé que plus de 2000 personnes avaient été arrêtées pour non respect de la quarantaine. Les règles du confinement ont alors été durcies à partir de ce mercredi 1er avril.

Désormais, les jours de sortie autorisés seront basés sur le genre. En effet, les hommes pourront uniquement se déplacer les mardis, jeudis et samedis pour effectuer leurs achats dans les commerces tels que les épiceries ou les pharmacies. Les lundis, mercredis et vendredis seront réservés aux femmes. Les dimanches, l’ensemble de la population est vivement invitée à rester à domicile.
Pendant la semaine, les panaméens sont autorisés à se déplacer pendant une durée maximale de deux heures. “Cette quarantaine absolue ne sert qu’à vous sauver la vie”, affirmait le ministre de la Sécurité alors que le gouvernement du Panama annonçait les nouvelles mesures qui devraient durer pendant 15 jours. Le ministre a ajouté que le “moyen le plus simple” pour réduire de moitié le nombre de personnes dans la rue est “d’assigner certains jours de circulation aux femmes et certains jours aux hommes”.

Qu’en est-il de la communauté trans ?

Les mesures sanitaires adoptées par le gouvernement soulignent la vulnérabilité de la population transgenre. “C’est avec le plus grand respect que je vous demande de prêter attention à la situation des personnes transgenres, à la suite des mesures de restriction des déplacements selon les sexes. Les personnes trans dont le genre attribué sur la carte d’identité ne coïncide pas avec leur réalité actuelle ont besoin de soutien”, écrit Iván Chavis, président de l’association Fundación Iguales, sur Twitter. “Une femme trans qui a fait la transition [hormones et chirurgie] mais dont la carte d’identité dit ‘Monsieur’, cela peut créer la confusion des autorités et elles pourraient l’arrêter injustement.” a-t-il ajouté.

Selon les associations de femmes et d’hommes trans, il y aurait 2 000 femmes et 100 hommes transgenres au Panama. Néanmoins, la réalité pourrait être différente et le nombre de personnes trans pourrait être plus important. “Quand on parle de chiffres, il est important de souligner que nous sommes confrontés à la réalité d’un pays qui manque de statistiques en termes de réalités sociales, notamment en ce qui concerne les personnes LGBTQ+. Ainsi, les quelques chiffres existants doivent être lus accompagnés d’un contexte d’invisibilité et souvent de peur de l’auto-identification”, explique Iván Chavis.

Le président de la Fondation Iguales est conscient que les mesures sanitaires doivent être respectées et précise qu’aucun privilège n’est demandé par la communauté trans. Toutefois, il confie qu’“il est important que dans le contexte de cette pandémie, toutes les personnes soient respectées sans discrimination. Par conséquent, seule l’empathie est demandée pour la situation complexe des personnes trans“.

Selon Marylena Ureña, une jeune femme panaméenne, ce n’est pas un hasard si la communauté transgenre a été oubliée lors des nouvelles mesures de confinement. Les transgenres sont habituellement marginalisés au Panama. “Nous avons une organisation à but non lucratif qui se bat pour les droits de tous mais les transgenres sont toujours un tabou. Certaines entreprises ont une politique inclusive mais en général, la population est hostile envers les personnes trans. Lorsqu’une personne transgenre est connue en tant que trans, elle risque d’être mal traitée.”, nous avoue-t-elle en ajoutant que les personnes concernées sortiront probablement selon les jours accordés au genre auquel elles s’identifient.

L’avocat Carlos Ernesto appelle le gouvernement à clarifier les nouvelles mesures sanitaires car il ne s’agit pas d’une “question de carte d’identité” mais “d’une question de traitement”. En Argentine, le protocole de lutte contre la pandémie inclut le traitement des personnes trans pendant le confinement.

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