Covid-19 : 20% des patients présentent des troubles mentaux 90 jours après leur infection

Un malade sur cinq ayant contracté le coronavirus, présente des troubles mentaux, selon les résultats d’une enquête menée par des chercheurs britanniques et publiée ce lundi 9 novembre 2020 dans la revue spécialisée The Lancet Psychiatry.

“L’opinion publique s’est inquiétée des risques accrus de maladie mentale chez les survivants du coronavirus et nos recherches (…) montrent que cette inquiétude est justifiée”, a déclaré Paul Harrison, professeur de psychiatrie à l’université d’Oxford.

Une étude à échelle mondiale

Les chercheurs britanniques à l’origine de l’étude ont utilisé le logiciel TriNetX Analytics Network, un réseau fédéré mondial qui saisit des données anonymisées provenant des dossiers médicaux électroniques de 54 organismes de soins de santé aux Etats-Unis.

Ils ont ainsi eu accès aux dossiers de 62 354 patients diagnostiqués positifs à la Covid-19 entre le 20 janvier et le 1er août 2020.

Selon eux, les résultats observés sont vraisemblablement les mêmes à l’échelle mondiale. En effet, ils ont pu comparer les données américaines avec celles d’autres pays, notamment du Royaume-Uni.

Des troubles psychiatriques variés

Anxiété, dépression et insomnie sont les affections les plus communes chez les patients rétablis, selon les chercheurs britanniques. Mais ces derniers sont aussi plus vulnérables à la démence et au délire.

15% d’entre eux présentent également des troubles de l’humeur.

Des troubles préexistants ou nouveaux ?

Selon l’étude, les personnes atteintes d’un trouble psychiatrique seraient 65% plus susceptibles que les autres de contracter la Covid-19. Ce qui expliquerait le nombre de personnes présentant des troubles dans les 90 jours suivant leur infection.

Simon Wessely, professeur de psychiatrie au King’s College de Londres, a déclaré à Reuters le 10 novembre, que ces conclusions corroborent des résultats constatés lors de précédentes épidémies.

Des données incomplètes

Ces chiffres d’incidence sont des estimations minimales. En effet, les données sur les asymptomatiques ou sur les personnes n’ayant pas pu être testées/diagnostiquées pour diverses raisons (financières notamment) font défaut.

Enfin, selon Paul Harrison, les causes de ces maladies doivent être examinées et de nouveaux traitements identifiés. “Les services [de santé] doivent se préparer à soigner ces patients, d’autant plus que ces chiffres sont probablement sous-estimés”, a-t-il déclaré.

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