Covid-19 : le vaccin de Pfizer et BioNtech provoque-t-il vraiment des paralysies faciales ?

Alors que la Commission européenne vient d’autoriser le vaccin de Pfizer et BioNtech et que la France s’apprête à lancer sa campagne de vaccination, des questions restent en suspens quant à ses effets secondaires.

Après les réactions allergiques sévères induisant un choc anaphylactique, des cas de paralysie faciale ont été rapportés au cours des essais cliniques chez quatre patients, alarmant les internautes. A-t-on des raisons de s’inquiéter ? 

Une faible incidence

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont relayé une information contenue dans un document de l’Agence américaine des médicaments (FDA) et daté du 10 décembre 2020.

Il y est indiqué que quatre des participants aux tests du vaccin de Pfizer et BioNTech, sur un total d’environ 22.000 personnes, ont développé une forme de paralysie faciale temporaire, appelée paralysie de Bell.

Cette pathologie se caractérise par une atteinte du nerf facial qui entraîne la paralysie du visage et peut être provoquée par un traumatisme, mais surtout par des bactéries, virus ou maladies. Dans la majorité des cas, la paralysie disparaît au bout de quelques semaines ou quelques mois.

Selon l’Institut national des troubles neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux aux États-Unis, le trouble peut toucher tous les âges, et les facteurs de risque comprennent les grossesses, l’obésité, l’hypertension, le diabète et les affections des voies respiratoires supérieures. 

Avec quatre cas pour environ 22.000 volontaires, l’incidence demeure faible, proche de 18 cas pour 100.000 personnes. Soit dans la moyenne généralement observée dans la population : en effet, les études estiment que le nombre de cas oscille généralement entre 15 et 30 pour 100.000 chaque année. 

Une relation de cause à effet non établie

Fait intéressant : aucun cas n’a été recensé parmi les volontaires qui ont reçu un placebo. Ces données semblent donc indiquer que se faire vacciner entraîne un risque supplémentaire, une conclusion à laquelle la FDA ne souscrit que partiellement, et qu’elle contribue surtout à relativiser.

Selon elle, “bien que la base de données de sécurité ait révélé un déséquilibre des cas de paralysie de Bell, la relation de cause à effet n’est pas établie en raison d’un faible nombre de cas et d’une fréquence similaire à celle observée dans la population générale”.

De plus, le vaccin de Pfizer et BioNtech n’est pas le seul à provoquer de telles réactions. Trois cas de paralysie de Bell ont également été observés au cours des essais cliniques pour le vaccin de Moderna. 

Des effets secondaires sévères rares

Selon les données de sécurité, les effets secondaires les plus fréquents ont été les suivants : réactions autour du point d’injection dans le bras (84,1%), fatigue (62,9%), maux de tête (55,1%), courbatures (38,3%), frissons (31,9%), douleurs dans les articulations (23,6%), fièvre (14,2%). 

Des réactions dites “sévères” se sont produites chez 0% à 4,6% des participants, selon le symptôme concerné et le profil considéré. Elles étaient généralement plus fréquentes chez les patients de moins de 55 ans, et après l’injection de la deuxième dose de vaccin.

L’agence britannique du médicament a de son coté émis une recommandation afin de ne pas vacciner les personnes ayant “un historique de réaction allergique importante à des vaccins, des médicaments ou de la nourriture (comme des réactions anaphylactiques ou ceux à qui il a été conseillé de porter un injecteur d’adrénaline)”, à la suite de deux cas de réaction allergique au vaccin.

Les scientifiques rappellent toutefois que ce phénomène existe pour tout médicament, et qu’il est rare. 

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