Covid-19 : non prioritaires, elles ont pourtant réussi à se faire vacciner

Emmanuel Macron l’a annoncé hier soir lors de son allocution : la vaccination contre la Covid-19 sera élargie à toutes les personnes de plus de 60 ans le 16 avril, puis à tous les plus de 50 ans le 15 mai. “À partir de la mi-juin, les rendez-vous seront ouverts à l’ensemble des Françaises et des Français de moins de 50 ans”, a ajouté le président de la République.

Mais peu importe, face au retard accumulé les Français.e.s veulent se faire vacciner, et si possible sans attendre leur tour. En métropole et dans les DOM-TOM, la vaccination “de dernière minute” attire ainsi de plus en plus de personnes ne faisant pas partie des publics dits “prioritaires”. Voici comment elle est rendue possible.

Éviter un gaspillage des doses non utilisées

“Ne jamais jeter de dose, évidemment c’est la règle de base”, avait expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran, lors d’une conférence de presse le 25 mars dernier. C’est justement pour éviter d’en arriver là que certains chanceux arrivent à se faire vacciner sans rendez-vous, sans avoir l’âge requis, et sans avoir de problèmes de santé particuliers. 

Mais pourquoi des doses risquent-elles de terminer à la poubelle alors que paradoxalement, la France manque cruellement de vaccins ? Il y a plusieurs explications à cela. 

Les fioles du vaccin à base d’ARNm mis au point par le laboratoire Pfizer/BioNtech par exemple, doivent être conservées à une température entre +2 °C et +25 °C et utilisées dans les 6 heures qui suivent leur dilution. Si des personnes ne se présentent pas à leur rendez-vous, de précieuses doses peuvent alors être perdues.

Le vaccin AstraZeneca est quant à lui victime de défiance de la part du public après des signalements de cas de thromboses et d’autres effets secondaires. À Paris, dans différents quartiers populaires, les équipes de la Mairie interpellent les gens directement dans la rue pour leur proposer ce vaccin, relate ainsi Le Monde

Une histoire de “bouche-à-oreille” et de “bon endroit au bon moment”

Il y a quelques jours, une secrétaire vient demander à Martine*, 51 ans, infirmière dans un grand hôpital parisien, s’il lui reste une dose. “C’était le cas, j’ai donc pu lui administrer”, raconte la soignante. Et d’ajouter : “Un médecin, dont la femme était cas contact, a également demandé l’autorisation de pouvoir prendre une dose restante pour celle-ci. Il est reparti avec. Ici, c’est du bouche-à-oreille entre les soignants et le personnel de l’hôpital. Certains viennent fureter autour des salles de vaccination et nous demandent de les appeler au cas où il y aurait du surplus.”

Myriam, 59 ans, a été contaminée l’an dernier. Cette habitante du Calvados qui dit vivre avec la peur au ventre depuis un an, voulait donc “se faire vacciner le plus vite possible”. Son souhait a pu être exaucé samedi dernier en fin de journée, lorsqu’une “amie d’amie d’un médecin”, au courant de son inquiétude, l’appelle pour la prévenir qu’il reste une dose de Pfizer dans un centre de vaccination près de chez elle. Son mari, âgé de 61 ans, a quant à lui pu se faire vacciner par un “ami médecin” à qui il restait une dose d’AstraZeneca. “Le hasard a bien fait les choses”, reconnaît Myriam. 

Tentez votre chance, allez en fin de journée dans un des centres, demandez s’il y a des désistements ou des doses supplémentaires pour la journée et si c’est possible, ils pourront vous en administrer.

À la Réunion, Maëlys et Lola, 25 printemps toutes les deux, ont de leur côté pris l’habitude de se rendre régulièrement aux abords des centres de vaccination en fin de journée. 

“Ma voisine, qui s’est faite vacciner, m’a dit de me renseigner auprès de l’Agence Régionale de Santé, car elle avait appris que certains centres de vaccination faisaient des listes d’attente pour les publics non prioritaires, nous explique Maëlys. Lorsque j’ai appelé, ils m’ont dit de but en blanc : ‘Tentez votre chance, allez en fin de journée dans un des centres, demandez s’il y a des désistements ou des doses supplémentaires pour la journée et si c’est possible, ils pourront vous en administrer. Une fois que vous avez reçu une première dose, ils seront légalement obligés de vous faire la deuxième, même si vous ne faites pas partie du public prioritaire.'”

De son côté, Lola, étudiante en kinésithérapie, a eu vent de cette possibilité grâce à une amie pharmacienne. Pour le moment, leurs tentatives se sont révélées infructueuses et cela risque de se compliquer, car “il y a de plus en plus de monde qui vient faire la queue en fin de journée”, remarque Maëlys. 

Ce mercredi soir, les jeunes femmes ont croisé Sophie, 59 ans, qui elle aussi espérait pouvoir rentrer chez elle vaccinée. Enseignante, la cinquantenaire voudrait pouvoir “se sentir plus sereine”. Après trois essais, elle déplore un manque d’organisation et des disparités en fonction des centres. “Parfois on nous dit que ça ne sert à rien d’attendre, qu’il n’y a pas de liste d’attente…” Selon elle, “que les choses soient claires : il y a beaucoup de copinage”. Déterminée, elle ne “lâchera pas l’affaire”. Et de conclure : “Des amis beaucoup plus jeunes que moi ont réussi à se faire vacciner, il n’y a pas de raison !”

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