Crémation : halte aux idées reçues !

France aujourd’hui, 40 % des obsèques donnent lieu à une incinération, contre 32 % en 2010 et 17 % en 2000.

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Une évolution rapide des mœurs qui peut laisser les familles, traditionnellement habituées à l’inhumation, désemparées face à une pratique qu’elles connaissent mal, au moment de la disparition d’un proche. Et si on s’intéressait de plus près à la question ?

Le cercueil est optionnel

Faux. En France, il reste obligatoire et on ne peut pas déposer n’importe quel objet à l’intérieur (plastique proscrit, par exemple).

La religion catholique condamne cette pratique

Faux, elle l’autorise depuis 1963 (contre 1898 chez les protestants) si le rite funéraire est préservé et les cendres accueillies dans un lieu propice au recueillement. Une cérémonie – religieuse ou non – peut être organisée dans le crématorium, dirigée le plus souvent par un laïc. La crémation est en revanche interdite chez les musulmans et les juifs.

L’incinération n’est pas possible pour les porteurs de prothèses ou de pacemaker

Faux, mais il faut le préciser aux pompes funèbres, qui décident si le dispositif doit être retiré.

La crémation coûte moins cher qu’un enterrement

Vrai, mais l’écart est minime (3 000 € environ, contre 3 200 € pour une inhumation). L’économie provient des moindres coûts de concession (300 à 400 € en columbarium pour quinze ans) et de transport, et du cercueil, souvent moins onéreux. « Le prix de la seule crémation (650 € en moyenne) est très variable : de 417 (à Sarrebourg) à 909 € (La Rochelle) en 2021 », détaille Charles Simpson, de Meilleures-pompes-funebres.com.

Je peux conserver durant un an les cendres d’un proche.

Faux. Depuis 2008, il est interdit de garder des cendres à son domicile (excepté pour les urnes déjà conservées à cette date). Le crématorium peut les stocker un an maximum, jusqu’à ce que la famille choisisse leur destination : dispersion en pleine nature, dans un jardin du souvenir, dépôt de l’urne dans un caveau familial ou bien dans un columbarium.

J’ai le droit de les disperser dans mon jardin

Vrai et faux. Il est interdit de le faire dans une propriété privée, sauf autorisation exceptionnelle du préfet, afin de préserver l’accès des proches. On doit alors créer une « servitude » perpétuelle sur le terrain pour garantir ce droit : contraignant mais aussi dissuasif en cas de revente.

Il est interdit de les répandre dans la nature

Faux. C’est possible dans les espaces naturels non aménagés (prairies, forêts) mais pas dans les jardins publics. C’est aussi proscrit dans les cours d’eau mais, en mer, on peut les disperser à plus de 300 mètres des côtes (il faut le déclarer à la mairie du port d’attache du bateau). Certaines pompes funèbres proposent des urnes biodégradables qui s’immergent peu à peu ou sont déposées dans les fonds marins, à au moins 6 km de la côte. Dans tous les cas, on doit déclarer le lieu choisi auprès de la commune de naissance du défunt, pour permettre à tous de se recueillir.

Les conseils de l’expert

« Si vous songez à ce type d’obsèques, évoquez le sujet en amont pour ne pas laisser vos proches découvrir au moment du décès une volonté qu’ils pourraient ne pas comprendre. Et comme pour une inhumation, aidez-les en précisant vos souhaits par écrit ou auprès d’une personne de confiance, par exemple pour le choix du crématorium : l’Hexagone en compte 200, contre 9 en 1980. »

Merci à Charles Simpson, fondateur du site Meilleures Pompes Funèbres.

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