Décès, en plein festival de Cannes, de l’acteur algérien Ahmed Benaïssa

La tristesse s’est brusquement invitée à Cannes, mettant entre parenthèses la fête du cinéma. L’ Algérie a en effet perdu un « monument » de son théâtre et de son cinéma. L’acteur Ahmed Benaïssa, à l’affiche du film Goutte d’Or présenté au Festival, est en effet décédé à l’âge de 78 ans, a annoncé le ministère algérien de la Culture.

Au cours d’une carrière de 50 ans, entamée en 1971, il avait joué dans plus de 120 films dont des productions algériennes remarquées à l’international comme Papicha, Le sang des loups, De Hollywood à Tamanrasset ou Hors la loi. Dans un message à la famille du défunt publié vendredi sur Facebook, la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, a regretté la perte de l’acteur qui laissera « une empreinte indélébile dans le monde du cinéma et du théâtre algérien ».

L’hommage de Kamel Daoud

Ahmed Benaïssa est décédé vendredi à Cannes, avant la projection du film Goutte d’Or de Clément Cogitore, dans le cadre de la Semaine de la critique. « Foudroyé par un malaise », il sera rapatrié et inhumé en Algérie, selon son fils, a indiqué l’agence officielle algérienne APS.

Le célèbre écrivain algérien Kamel Daoud lui a rendu un hommage appuyé sur Twitter : « une belle âme, un grand acteur, un homme sans haine et au talent immense », en soulignant qu’Ahmed Benaïssa participait au « tournage du film Meursault contre enquête (inspiré du roman éponyme de Kamel Daoud) pour l’un des deux rôles principaux ».

De nombreux rôles au théâtre

Né en 1944 à Alger, Ahmed Benaïssa a eu une des carrières les plus riches du théâtre et du cinéma algériens, collaborant avec de nombreux réalisateurs comme Merzak Allouache ou encore Rachid Bouchareb. Comédien reconnu pour son talent exceptionnel, il avait mené de nombreux projets sur les planches du théâtre à Alger et à Oran.

Il avait également dirigé en 1995 le théâtre régional de Sidi Bel Abbes, non loin d’Oran, pendant la très difficile période de la décennie noire, la guerre civile qu’a subi le pays entre 1992 et 2002. L’acteur apparaissait très régulièrement également dans des productions pour les télévisions algériennes et françaises.

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