Depuis ce mercredi 3 novembre à 9h22, les femmes travaillent gratuitement

Selon la newsletter Les Glorieuses, les femmes ont commencé à travailler gratuitement ce mercredi 3 novembre, à 9h22. Une date clé en termes d’inégalités salariales, qui intervient un jour plus tôt que l’année dernière.

Selon une étude dévoilée par les Glorieuses, les femmes ont commencé à travailler bénévolement le mercredi 3 novembre à 9h22, et ce, jusqu’à la fin de l’année. En 2020, elles avaient commencé à travailler gratuitement le 4 novembre, à 16h16. Depuis 2015, le collectif féministe publie cette enquête annuelle basée sur les chiffres de l’Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union Européenne. Des données qui indiquent que les inégalités salariales femmes-hommes ont augmenté d’un point en 2021.

Les femmes gagnent ainsi, en moyenne, 16,5 % de moins que leurs homologues masculins. Les origines d’un tel écart de salaires ? «Eurostat ne prend pas en compte le travail à mi-temps et à tiers-temps», a expliqué Rebecca Amsellem, créatrice de la newsletter et docteure en économie, dans les colonnes du HuffPost. Or, d’après l’Insee, les femmes occupent 80 % des emplois en temps partiel.

Par ailleurs, selon l’économiste, les employées se verraient plus souvent contraintes d’aménager leurs temps de travail, afin de prendre soin d’un enfant ou d’une personne âgée. «On remarque que la différence de salaire se creuse encore plus pour les femmes à partir de l’âge où elles vont avoir leur premier enfant, entre 30 et 35 ans», a-t-elle précisé au HuffPost.

Pour Rebecca Amsellem, les femmes se révèlent également des «victimes économiques» de la crise sanitaire, car l’épidémie a été le miroir grossissant des inégalités. La solution pour réduire ces inégalités salariales serait pour elle «d’investir dans les domaines du soin ou de l’aide à domicile, là où les femmes sont majoritaires», bien que, souligne-t-elle sur France Inter, les écarts touchent «tous les secteurs d’activité». Afin de sensibiliser le grand public à ce combat, les Glorieuses a créé un hashtag, #3Novembre9H22, et lancé une pétition.

En vidéo, « Et dire qu’il y a encore des inégalités salariales »

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« Évitons des dizaines d’années d’inégalités »

Celle-ci défend trois propositions centrales. La première consiste à appliquer le principe d’«éga-conditionnalité» – soit le fait de conditionner l’accès aux marchés publics, aux subventions ou aux prêts garantis par l’État, au respect de la parité assuré par chaque entreprise. La seconde est de revaloriser les salaires octroyés aux femmes dans les métiers où elles sont les plus nombreuses, comme sage-femme, infirmière ou professeure. «Ce dont on se rend compte, c’est que les secteurs les plus féminisés dans notre société sont moins bien rémunérés que les secteurs où il y a davantage d’hommes qui ont des emplois», a déclaré Rebecca Amsellem sur France Inter. Enfin, l’économiste et les membres de son collectif souhaitent que le gouvernement garantisse un congé parental payé à salaire et durée équivalents pour les deux parents, comme cela est déjà le cas en Suède.

Si ces revendications n’étaient pas entendues, la parité risquerait d’être atteinte… en 2234, selon la docteure en économie. «Évitons des dizaines d’années d’inégalités grâce à un plan économique adapté, a-t-elle prévenu. Oui, l’égalité coûte de l’argent, il en va de même pour sauver l’industrie aéronautique. Et c’est un choix que le gouvernement est en mesure de faire pour ses citoyens et citoyennes.» Un message que l’économiste a souhaité faire passer aux futurs candidats et candidates à l’élection présidentielle. «Je pense qu’en 2022, on ne peut pas faire une campagne présidentielle sans s’intéresser aux droits des femmes», a-t-elle soutenu sur France Inter.

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