Ecole dès 3 ans : une pétition pour défendre l’école à la maison

La décision d’Emmanuel Macron de rendre obligatoire l’instruction à l’école dès trois ans inquiète les parents ainsi que les professionnels de l’enseignement à distance, qui lancent une pétition pour réclamer le droit de faire école à la maison.

  • Professionnels enseignement à distance
  • Fin de l’école à la maison ?
  • Respect des droits de l’enfant
  • Séparatisme
  • Langue arabe à l’école
  • Les parents inquiets

Les professionnels de l’enseignement à distance inquiets

[Mise à jour du 13 octobre à 11h27]. Les professionnels de l’enseignement à distance (anciennement cours par correspondance) s’inquiètent du projet de loi visant à lutter contre les séparatismes. En effet, Emmanuel Macron a annoncé qu’à partir de la rentrée scolaire 2021, l’instruction deviendra obligatoire à l’école dès 3 ans. Des associations et collectifs de parents ayant fait le choix de l’instruction en famille lancent une pétition pour obtenir le droit de continuer à enseigner à domicile.

De nombreux parents s’inquiètent également de ne plus pouvoir enseigner les cours à leurs enfants à la maison. Ces familles ayant opté pour une éducation différente y ont trouvé un équilibre, un rythme, et ne voient pas vraiment de rapport entre l’instruction à domicile et la question de la religion. Par ailleurs, l’instruction à domicile sera strictement limitée (en cas de problème de santé), mais les raisons ne sont pas encore clairement précisées. Les parents pourront-ils faire école à la maison en cas de harcèlement scolaire par exemple ? 

  • Faire école à la maison : dans quels cas, que dit la loi ?

    Parce que leur enfant ne peut être scolarisé, parce qu'ils souhaitent donner une instruction différente ou parce qu'ils ont décidé de faire le tour du monde, certains parents font école à la maison. Ce qu'il faut savoir sur l'enseignement à distance qui devrait être limité dès 2021.

Ecole à la maison limitée : dans quels cas l’instruction à domicile sera-t-elle autorisée ?

Cette fois, l’instruction scolaire à domicile devra être “strictement limitée” a précisé Emmanuel Macron lors de son déplacement aux Mureaux, dans les Yvelines ce 2 octobre. L’école à la maison pourra par exemple se poursuivre en cas “d’impératif de santé”. “L’école, c’est le creuset républicain”, “Les écoles hors contrat feront l’objet d’un encadrement encore renforcé“, “La République s’est construite autour de l’école”, a-t-il déclaré. “C’est une nécessité. J’ai pris une décision sans doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 et celles assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969“, a ajouté le chef de l’Etat. 

Rappelons que l’âge de l’instruction obligatoire avait déjà été abaissé à trois ans au lieu de six ans en 2019, mais faire école à la maison était tout à fait possible. “Il y a deux ans, nous avions l’instruction obligatoire, l’école maternelle et fondamentale pour tous, mais il restait une possibilité d’instruction à domicile. Désormais, il y a une obligation juridique, avec des sanctions prévues quand on n’envoie pas son enfant à l’école” a déclaré Jean-Michel Blanquer sur France 2 ce 6 octobre.

Ecole obligatoire dès 3 ans, “c’est aussi le respect des droits de l’enfant”

Pour Jean-Michel Blanquer et la députée Anne-Christine Lang, la limitation de l’instruction à domicile est aussi une question de “respect des droits de l’enfant“. “Ce que nous allons faire, c’est à la fois la protection de la République et celle des droits de l’enfant” a précisé le ministre de l’Education à l’Assemblée nationale ce 6 octobre. Pour Jean-Michel Blanquer, l’instruction à domicile est “une forme d’exception envisagée, mais qui s’accompagne de mesures pour protéger les droits de l’enfant. Aujourd’hui, nous ne sommes plus capables de les protéger car trop d’enfants sont conduits vers l’obscurantisme, le racisme, l’antisémitisme ou encore la misère qui peuvent les guetter“. Rendre l’école obligatoire dès 3 ans vise ainsi à “lutter contre tous les groupes qui essaient d’enrôler les enfants“, a-t-il ajouté. Cette loi permettra notamment de fermer administrativement les structures clandestines.

Le mot “séparatisme” remplacé ?

Le 2 octobre dernier, Emmanuel Macron a présenté un plan d’actions visant à mieux protéger la République contre les “séparatismes“, à renforcer la laïcité, à “défendre la République et ses valeurs et à lui faire respecter ses promesses d’égalité et d’émancipation”. Ce projet de loi qui sera débattu le 9 décembre 2020 en Conseil des ministres, avant d’être étudié au Parlement début 2021 devrait néanmoins changer de nom. Le mot “séparatisme” devrait en effet être remplacé par “projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains” a annoncé le 6 octobre Gérald Darmanin, sur Radio Classique. 

La langue arabe sera-t-elle davantage enseignée à l’école ?

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Emmanuel Macron propose également “d’enseigner davantage la langue arabe à l’école, ou dans un périscolaire que nous maîtrisons. Notre jeunesse est aussi riche de cette culture plurielle”.  Aussi, dans le but de “faire émerger une meilleure compréhension de l’Islam”, le Président envisage de créer un “institut scientifique s’islamologie” ainsi que “des postes supplémentaires dans l’enseignement supérieur”. Pour le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, renforcer l’apprentissage de cette langue à l’école est “une proposition républicaine et courageuse”, a-t-il déclaré au Journal du Dimanche. “Nous avons besoin de jeunes Français qui parlent l’arabe […] L’enseigner à l’école c’est aussi un moyen de réduire le pouvoir des religieux”, a-t-il ajouté.

Rappelons que l’enseignement primaire obligatoire (de 6 à 13 ans) a été instauré par la loi Ferry le 28 mars 1882. Depuis, l’âge de l’instruction a été modifié deux fois, en étant allongé à 14 ans (loi du 9 août 1936 initiée par Jean Zay), puis le 6 janvier 1959 par Charles de Gaulle, qui avait allongé une nouvelle fois la scolarisation jusqu’à l’âge de 16 ans.

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