Froid dans les écoles : des élèves dans des classes à 11-14°C

Ce lundi 7 nombre, jour de reprise des cours, les températures en classe avoisinaient à peine les 15 degrés dans certaines écoles. Une situation qui a scandalisé des parents d’élèves. Détails.

  • Des parents d'élèves dénoncent
  • Université fermée
  • Réactions

Pour de nombreux élèves, la reprise des cours, après les vacances de la Toussaint, s'est faite dans des locaux glacés. Depuis plusieurs semaines, face à la hausse des prix de l'énergie et au plan de sobriété énergétique imposé par le gouvernement, certaines municipalités ont dû prendre des mesures énergétiques dans les établissements scolaires. Cette fois, en ce mois de novembre, dans plusieurs écoles en France, les thermomètres dans les salles de classe affichaient entre 11 et 14 degrés, et pour certaines moins de 10 degrés. À Rouen, les élèves ont même eu cours ce lundi dans des salles sans chauffage, alors que les températures extérieures ont fortement baissé ces derniers jours. À Lyon aussi, dans une trentaine d'écoles maternelles et élémentaires mais aussi dans des crèches les enfants avaient très froid en raison d'une grève des chauffagistes. Du côté de Limoges, la situation est également similaire. La directrice de l'école maternelle limogeoise Léon Bloom en est même indignée : "Ce sont des conditions qui ne sont pas du tout favorables aux apprentissages. Ils sont obligés de rester habillés avec des gros manteaux. Ce n'est absolument pas possible de travailler pour nous. Les adultes arrivent encore à gérer, mais pour les petits, c'est impossible !", dénonce-t-elle auprès de France 3 Nouvelle Aquitaine. D'autant que dans son établissement scolaire, la directrice accueille aussi des élèves en situation de handicap. "Il y a des enfants en inclusion qui ne peuvent pas bouger, qui ont des handicaps. Vraiment, il faudrait que les températures soient au minimum à 18° dans les classes, et pas seulement au radiateur."

  • Les élèves risquent-ils de décrocher à cause du froid ?

    Certaines croyances estiment que la météo influence nos humeurs et ainsi notre motivation à travailler, même chez les enfants. Qu'en est-il lorsqu'il fait froid ? Avec l'hiver qui approche et la crise énergétique qui se profile, doit-on s'inquiéter de voir nos enfants devenir moins productifs en classe ? Deux expertsnous répondent.

Des parents d'élèves dénoncent la situation

Pour des parents d'élèves, la situation actuelle dans les écoles est plus que préoccupante. Au vu des températures ressenties, certains sont inquiets des répercussions sur leurs enfants, d'autres encore pensent à les retirer de l'école et à Rouen, des parents ont refusé de les laisser en classe. Sur les réseaux sociaux, bon nombre de parents ont dénoncé les conditions dans lesquelles étudient leurs bambins.

Interrogée par le Parisien, une mère de famille dont le fils est en classe de CM1 est particulièrement inquiète des conséquences sur la santé des élèves. "Mon fils a fait deux pneumopathies depuis le début de l'année. Et la seconde fois, les médecins m'ont demandé s'il évoluait dans un environnement humide. Quand on sait que le taux d'humidité en classe peut avoisiner les 80 %, on a de quoi s'inquiéter." Elle a également déclaré que la situation n'est pas nouvelle, elle perdure depuis plusieurs semaines maintenant : "l'école nous a demandés, bien avant le début des vacances, d'équiper nos enfants d'un plaid car la température pouvait descendre jusqu'au 14,5 °C dans les classes". 

  • Que risquent les enfants à avoir froid ?

    Face à la crise de l'énergie et aux restrictions imposées dans les écoles pour cet hiver, les parents d'élèves peuvent se demander légitimement quelles seront les conséquences sur l'épanouissement de leurs enfants. Quel sera l'impact du froid sur leur organisme et leur croissance ? Auront-ils des difficultés à dormir ? Des questions que l'on a posées à une pédiatre. Détails.

Une université fermée cet hiver

Les universités ne sont pas non plus épargnées. Pour réduire davantage ses coûts énergétiques, le 19 septembre dernier, la direction de l'université de Strasbourg a annoncé dans un communiqué de presse la fermeture pendant quinze jours de l'ensemble de ses bâtiments cet hiver. Deux semaines qui s'ajoutent au calendrier initial. Mais cette décision n'a pas été prise par hasard. Elle s'inscrit dans un plan de sobriété énergétique voulu par la direction, afin de faire face à la crise énergétique. "Les évolutions récentes confirment cette importante tendance haussière tant pour le gaz que pour l'électricité. Cela aura inévitablement des conséquences sur notre facture énergétique", a expliqué Michel Deneken, le président de l'université. L'université strasbourgeoise prévoit également de repousser la date de mise en route du chauffage, et de maintenir une température à 19 degrés dans les locaux, comme le recommande le gouvernement dans son plan de sobriété. 

  • Plan de sobriété énergétique : les mesures à retenir pour les familles

    Pour cet hiver et les années à venir, le gouvernement a présenté son plan de "sobriété énergétique" afin de faire des économies d'énergie. Des mesures qui concernent aussi bien les entreprises, le secteur public que les ménages. Tour d'horizon de ce qui doit être fait par les familles.

Des décisions qui ne passent pas

Cette annonce de l'université de Strasbourg a fait réagir les élèves mais également le personnel de l'établissement. Les syndicats d'enseignants et des personnels administratifs, techniques et des bibliothèques ont déploré, dans un communiqué, "le manque de concertation et les risques que pourraient faire peser cette fermeture sur les personnels et les étudiants", rapporte France 3 Grand Est. Les cours en distanciel et le télétravail sont pointés du doigt, car ils seraient mal vécus par les étudiants et les enseignants, "générant de grandes souffrances" comme pendant la crise sanitaire. 

Plus globalement aussi, dans les écoles du premier et second degré, ces mesures énergétiques ne passent pas. En octobre dernier, des parents d'élèves s'étaient mobilisés pour dénoncer ces mêmes conditions. À Evreux, en Normandie, les parents avaient décidé le 27 septembre dernier de bloquer l'accès à l'établissement scolaire. "Pas de chauffage, pas d'école", pouvait-on lire sur des banderoles. "Il est nécessaire que notre mécontentement soit entendu, que nos enfants reçoivent un enseignement dans un climat digne et acceptable, et que la municipalité comprenne que les enfants entre 2 et 5 ans ont besoin de ce chauffage. Nous ne demandons pas une température excessive, simplement qu'elle soit digne." "Beaucoup d'enfants sont malades, il est inadmissible de laisser des petits dans des conditions pareilles", s'était indignée une mère de famille à Actu.fr. 

Source: Lire L’Article Complet