"Gongbang" : quelle est cette surprenante mode étudiante en vogue depuis la pandémie ?

En cette période d’épidémie de Covid-19, nombreux sont ceux qui souffrent de solitude. Les étudiants ne sont pas en reste : puisque les bibliothèques sont fermées, ils ont trouvé un moyen d’étudier tout en brisant l’isolement. Cette pratique, baptisée “gongbang”, consiste à regarder des vidéos d’autres étudiants en train de réviser. De quoi s’agit-il exactement ?

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“Gongbang”. Derrière cet étonnant néologisme se cache une pratique qui n’a rien à voir avec une quelconque pratique sexuelle. Il s’agit d’une contraction de l’expression coréenne “gongbu bangsong”, qui signifie littéralement “émission d’étude”. Le concept ? Pendant de longues heures, des internautes se filment en train de réviser afin que d’autres étudiants les regardent pendant qu’ils potassent eux-mêmes leurs cours.

Si cette tendance existait déjà avant le début de l’épidémie de Covid-19 – elle remonte probablement à 2018, selon The Guardian -, elle a pris de l’ampleur à cause de l’isolement provoqué par la crise sanitaire. Et pour cause : cette situation a un effet non négligeable sur la santé mentale des jeunes. Selon un rapport parlementaire au sujet des effets de la crise de la Covid-19 sur les enfants et la jeunesse paru en décembre 2020, plus de 50 % des jeunes sont inquiets quant à leur santé mentale. Mais ce n’est pas tout : un jeune sur six a arrêté ses études.

Se sentir moins seul pendant l’épidémie

Pour pallier ce phénomène, certains étudiants se sont donc tournés vers le “gongbang”. Née en Corée du Sud, cette pratique est désormais populaire dans d’autres pays comme les États-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne ou encore l’Inde. De nombreuses chaînes YouTube dédiées à cette tendance ont vu le jour pour satisfaire les étudiants qui en sont devenus adeptes.

Si cette tendance séduit, c’est parce qu’elle permet à certains étudiants de venir à bout de la solitude, à l’heure où de nombreux cours se déroulent en visioconférence et ou les bibliothèques ont fermé leurs portes. “En raison de la pandémie, nous sommes à la maison… et nos lieux de rencontre habituels comme les cafés sont inaccessibles, donc c’est génial d’avoir ce soutien virtuel qui vous fait vous sentir moins seul”, explique au South China Morning Post le Dr Pavitra Thamizharasan, qui suit des cours de médecine en Inde.

Un partenaire de révisions virtuel

Dans ces vidéos, pas de rebondissement ni de cliffhanger : on y voit simplement des étudiants prendre des notes, tourner les pages de leurs livres ou encore taper sur le clavier de leur ordinateur, parfois pendant plus de dix heures. Cette ambiance apaisante de bibliothèque donne l’impression à certains d’étudier avec quelqu’un.

Il s’agit d’une sorte de partenaire de révisions virtuel, qui leur donne à la fois un regain de motivation et l’impression d’être moins seul. “La raison pour laquelle j’aime ces vidéos est que c’est comme si une autre personne partageait vos luttes et vos douleurs en tant que camarade d’études, et qu’elle trouvait cela motivant, parce que cette autre personne se concentre sur les révisions et cela vous pousse à faire de votre mieux et à fournir plus d’efforts”, explique au South China Morning Post Ritika Suresh, une étudiante indienne.

Un soutien bienvenu à l’heure où la santé mentale des jeunes est particulièrement préoccupante dans ce contexte d’épidémie de Covid-19. Une nouvelle enquête réalisée auprès de 784 étudiants de Rennes SB, Sciences Po Rennes et de l’École des hautes études en santé publique révèle que 60% des étudiants de ces trois grandes écoles sont en détresse psychologique.

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