Griffure de chat : comment réagir et dans quels cas consulter ?

Lorsque l’on caresse son chat ou que l’on joue avec, il est possible de se faire griffer. Si cette égratignure est souvent minime, elle n’est pas à prendre à la légère pour autant. Dans certains cas, cette blessure peut causer des maladies infectieuses. Quelle est la conduite à tenir en cas de griffure de chat ? Une consultation médicale est-elle toujours nécessaire ? On fait le point.

Restez informée

En général, les accidents domestiques associés aux animaux de compagnie sont principalement des morsures ou des griffures. Ces derniers réagissent et se défendent ainsi lorsqu’ils se sentent menacés, par exemple en cas de gestes ou mouvements brusques, et ne peuvent pas fuir. Les chats sont souvent responsables de griffures. Ces éraflures provoquées par ces félins n’ont souvent aucune répercussion sur la santé, mais ne doivent pas être négligées et sous-estimées car elles peuvent parfois avoir des conséquences qui sont loin d’être anodines.

Comme n’importe quel animal, ces mammifères sont porteurs de nombreux micro-organismes. Les chats, sauvages comme domestiques, peuvent transmettre plusieurs bactéries aux êtres humains lors de la griffure et ainsi entraîner la survenue de maladies infectieuses. Selon l’Assurance maladie, un tiers des personnes griffées développent une infection.

Griffure de chat : quelles maladies peuvent survenir ?

Les griffures de chat peuvent être à l’origine de plusieurs pathologies, telles que :

  • La maladie des griffes du chat. Cette infection, aussi appelée “lymphoréticulose bénigne d’inoculation”, est causée par la bactérie Bartonella henselae. En Europe, environ 40% des chats sont porteurs de ce germe, qui reste dans leur bouche et est déposé sur les griffes pendant la toilette. Cet agent pathogène est transmis lors d’une griffure, une morsure ou un léchage. Cette affection se manifeste par une rougeur de la peau, des ganglions localisés à côté de la zone de peau blessée, de la fatigue, des maux de tête ou encore une perte d’appétit. Elle touche surtout “les personnes atteintes de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou d’une autre affection affaiblissant le système immunitaire”, comme le cancer, indique le Manuel MSD. En général, cette pathologie guérit en une à trois semaines sans traitement. Mais, dans 5 à 10%, elle peut entraîner des complications.
  • La pasteurellose. Ce trouble est provoqué par la bactérie Pasteurella multocida, hébergée dans la cavité buccale des félins. Tout comme la maladie des griffes du chat, cette affection est transmise durant une morsure ou une griffure. D’après les ministères de l’Agriculture et de la Santé, la pasteurellose se caractérise par un œdème, une rougeur et un écoulement au niveau de la plaie. Le patient peut également présenter des ganglions et de la fièvre. Cette pathologie est traitée par des antibiotiques. Certains individus comme ceux souffrant de maladies chroniques ou d’immunodépression, peuvent rencontrer des complications.
  • La sporotrichose. Cette maladie, exceptionnelle en Europe, est due au champignon Sporotrichum schenckii. Cet agent pathogène pénètre dans l’organisme par des griffures. Cette infection se traduit par des nodules, des papules et des ganglions situés à proximité de la zone corporelle lésée. “Parfois, la sporotrichose se propage à plusieurs organes (os, articulations, cerveau, méninges, poumons, etc.) Cette forme concerne surtout des personnes immunodéprimées, ou présentant une maladie chronique”, peut-on lire sur le site de l’Assurance maladie.

Quelle est la conduite à tenir en cas de griffure de chat ?

Pour éviter de contracter ces différentes maladies, il convient d’adopter les bons réflexes. Après un contact avec un chat, il est conseillé de se laver les mains à l’eau et au savon. Si l’on est propriétaire d’un félin, on doit veiller à couper ses griffes, à le brosser régulièrement et à le traiter avec un produit antiparasitaire pour éliminer les puces, qui transportent la bactérie Bartonella henselae.

Si l’on se fait griffer malgré ces précautions, il est recommandé de nettoyer la blessure avec de l’eau savonneuse et de la rincer. On désinfecte ensuite l’égratignure avec un antiseptique et on vérifie que sa vaccination contre le tétanos est à jour. Ces étapes, qui permettent à la plaie de guérir spontanément, doivent être respectées même si la griffure est superficielle et isolée.

Griffure de chat : quand faut-il consulter son médecin ?

Une consultation médicale est nécessaire si la griffure de chat est située au niveau de l’œil ou si le patient présente une conjonctivite. Les personnes immunodéprimées doivent immédiatement se rendre chez leur médecin si une rougeur, une pustule ou un nodule survient au niveau de la blessure. Une traînée rouge inflammatoire qui s’étend sur la peau doit également amener le patient à demander l’avis d’un professionnel de santé. En cas d’apparition de ganglions, de fièvre, de fatigue ou d’une perte d’appétit, il est également préconisé de consulter un praticien.

Lors de la consultation, le médecin examine le patient et l’interroge sur les circonstances de la griffure. Il s’assure ensuite que la vaccination antitétanique de la personne blessée est à jour. Dans certains cas, le professionnel de santé peut demander au patient de réaliser une prise de sang, un prélèvement au niveau de la lésion ou une biopsie de peau ou de ganglion.

Quels sont les traitements possibles en cas de griffure de chat ?

En général, les personnes griffées par des chats ne présentent pas d’infection et n’ont pas besoin de prendre des médicaments, sauf s’ils souhaitent soulager la douleur. Mais lorsqu’une forme virulente de maladie des griffes du chat survient, le praticien peut prescrire des antibiotiques au patient. Pour traiter la pasteurellose, l’individu blessé peut prendre de l’amoxicilline-acide clavulanique. En cas de sporotrichose, le professionnel de santé peut également prescrire un traitement antifongique.

Sources : l’Assurance maladie, le Manuel MSD, les ministères de l’Agriculture et de la Santé

Source: Lire L’Article Complet