"Il n'y a pas d'inceste consenti" : le cri du cœur de Christine Angot adressé à Éric Dupond-Moretti

L’auteure s’est adressée au ministre de la Justice à travers une vidéo diffusée sur Brut le jeudi 18 février. Elle y conteste une proposition de loi défendue par le Garde des Sceaux, qui entend faire passer le seuil de non-consentement à 18 ans en cas d’inceste.

«Vous avez dit au sujet de l’inceste : “Nous souhaitons le seuil de 18 ans. Personne ne pourra dire, si la victime a 17 ans, qu’elle était, ou qu’il était d’accord.» débute Christine Angot. L’auteure de 62 ans a ainsi contesté dans une vidéo , diffusée sur Brut le jeudi 18 février, une proposition de loi défendue par Éric Dupond-Moretti. «Des associations, des pétitions, des personnalités disent : “En matière de viol sur sur mineur, impossibilité du consentement avant 15 ans, et en matière d’inceste, impossibilité du consentement avant 18 ans”, a-t-elle poursuivi, en réponse aux mesures annoncées le dimanche 14 février. Cela signifie-t-il, si la loi devait reprendre ces termes, qu’il sera possible de consentir à un inceste après 18 ans ?» Christine Angot, qui a été victime de ce fléau entre ses 13 et 16 ans, a ainsi remis en question la notion «d’adulte consentant en matière d’inceste».

Le “désespoir des victimes”

«Cela signifie-t-il que l’État n’accordera pas sa protection aux enfants majeurs sur lesquels les parents pratiquent des actes sexuels ?, s’est-elle interrogée. Cela signifie-t-il que les victimes d’inceste ne seront protégées par la Justice que tant qu’elles resteront mineures, et qu’ensuite, la Justice s’en lavera les mains ?» L’adoption de ces mesures reviendrait, selon Christine Angot, à assimiler l’inceste à une «liberté individuelle». «Moi, en tout cas, je ne pensais pas vivre un jour dans un pays qui, à son insu sans doute, de bonne foi j’en suis sûre, avec des intentions louables, en voulant bien faire, et en assurant la protection des mineurs, se retrouverait à légitimer l’inceste», a-t-elle averti, la voix étranglée et le discours ponctué de soupirs. L’auteure a par ailleurs déclaré qu’une telle loi «provoquerait le désespoir des victimes, quel que soit leur âge».

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«Les questions d’âge et de consentement ne sont pas pertinentes en matière d’inceste», a-t-elle martelé. Christine Angot a par ailleurs souligné qu’un parent pouvait humilier son enfant «par des coups, ou par des caresses». Et l’auteure de conclure : «Il n’y a pas d’inceste consenti, monsieur le ministre.» La publication de La Familia Grande, livre dans lequel Camille Kouchner relate les abus sexuels qu’aurait fait subir son beau-père Olivier Duhamel à son frère jumeau lorsqu’il avait 14 ans, a en effet suscité une vague de témoignages sur les réseaux sociaux. Le Sénat avait adopté en première lecture, le jeudi 18 février, la proposition de loi sur la protection des mineurs contre les violences et crimes sexuels, en fixant à 15 ans le seuil du non-consentement, 18 ans en cas d’inceste.

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