Immunité collective en France : peut-on encore l’atteindre ?

Depuis le début de l’épidémie, l'”immunité grégaire” ou “immunité collective” est présentée comme une solution pour lutter contre le coronavirus. Mais de quoi s’agit-il et peut-on encore l’atteindre dans l’Hexagone ? On fait le point.

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“Immunité collective”. Une expression que l’on entend souvent depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Mais que signifie-t-elle ? L’immunité collective, également connue sous le nom d’”immunité grégaire”, correspond au “moment où le virus arrête de lui-même sa circulation parce que suffisamment d’entre nous l’avons eu”, avait détaillé Emmanuel Macron le 13 avril dernier. Un phénomène qui s’explique par le développement d’anticorps permettant aux individus ayant été touchés par le virus d’être immunisés.

Alors que le nombre de personnes contaminées augmente chaque jour dans l’Hexagone, notamment en raison de l’augmentation du nombre de tests, une question se pose : l’immunité collective peut-elle encore être atteinte en France ?

Coronavirus : les Français encore trop peu immunisés

Au début de l’épidémie, les Pays-Bas ou encore la Grande Bretagne avaient tenté l’expérience, en demandant à la population de limiter leurs déplacements et d’éviter rassemblements pour ne pas exposer les personnes à risque, mais n’ont pas instauré de confinement. L’objectif ? Que la propagation du virus se poursuive malgré tout afin que la majorité de la population développe une immunité. Mais la dangerosité de cette méthode avait poussé ces pays à revoir leur copie et à mettre finalement en place des mesures plus restrictives.

La Suède, de son côté, a géré l’épidémie différemment : aucun confinement n’a été mis en place. Résultat ? “Il semble que les Suédois aient acquis une certaine immunité contre le virus. Cette immunité, ajoutée aux gestes barrières, suffit pour garder la maladie sous contrôle. L’épidémie pourrait avoir été endiguée”, explique ainsi Kim Sneppen, un expert danois au journal Politiken.

Covid-19 : en France, seulement 4,9% de la population a été infectée

En France, cette stratégie n’a pas été expérimentée. En cause ? On ne connaît pas encore la durée de l’immunité après une infection à coronavirus. D’après certains experts, elle ne serait valable que pendant quelques mois. Un laps de temps qui pourrait être trop court pour endiguer durablement l’épidémie de Covid-19. Mais ce n’est pas tout : même si la durée de l’immunité s’avérait suffisante, “il faudrait au moins 60, 65% de la population contaminée pour que l’épidémie s’effondre d’elle-même”, avait expliqué en avril dernier Eric Vivier, membre de l’Académie de médecine et professeur d’immunologie à Marseille, à Europe 1.

Une étude de séroprévalence menée par Santé publique France et l’Institut Pasteur révèle qu’à la sortie du confinement, seulement 4,9% de la population avait été infectée par la Covid-19. Les régions où la proportion de personnes contaminées est la plus élevée ? L’Ile-de-France (8,8%) et le Grand Est (8,6%). Néanmoins,“la proportion de la population ayant été infectée par le SARS-CoV-2 lors de la première vague est très en-deçà de la proportion devant être atteinte afin que l’immunité de groupe permette de contrôler la circulation virale”, précisent ces travaux.

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