India Mahdavi répond à notre Questionnaire Déco

Alors que toutes les formes de rassemblements étaient proscrites, Péri Cochin et Arabelle Reille ont imaginé Waww La Table lors du premier confinement avec l’envie de mettre à l’honneur l’art de recevoir dans sa transversalité. Composé d’un jury 5 étoiles qui compte Thierry Marx, Stéphane Bern et India Mahdavi à sa tête, Waww La Table était d’abord pensé comme un jeu concours hebdomadaire récompensant les plus belles tables dressées par des anonymes. Fort de son succès, le concept va désormais plus loin dans la démarche en proposant notamment des séances de coaching d’arts de la table, des tutoriels mais également en confiant la réalisation d’une collection de verres à India Mahdavi. La designer polyglotte et polychrome a imaginé “Les Mabouls”, une gamme exclusive constituée de quatre modèles de verres transparents ornementés de billes de couleur, fantaisistes et ludiques. Pour l’occasion, celle que l’on surnomme “Queen Of Color“a répondu à notre Questionnaire Déco

Marie Claire Maison : Comment est née cette collaboration ? 

India Mahdavi : C’est d’abord l’histoire d’une amitié car je connais Péri Cochin et Arabelle Reille depuis des années. Péri m’a appelé pendant le premier confinement avec l’idée de ce nouveau projet autour de l’art de la table : Waww La Table, dont elle m’a demandée d’être la présidente du jury. Par la suite, elle m’a sollicitée pour dessiner une ligne de verres. Les restaurants étant fermés, cette idée basée sur le partage et la table devenue centrale dans nos vies m’a instantanément séduite. Par ailleurs, la production a été lancée au moment de l’explosion du port de Beyrouth. Je ne lui ai alors imposé qu’une seule condition : réaliser les verres dans les Ateliers de Tyr au Liban

Quelles ont été vos inspirations ? 

Je me suis bien sûr appuyée sur le savoir-faire des ateliers de verre soufflé de Tyr. Après réflexion et plusieurs essais, j’ai voulu identifier chaque verre par une petite boule colorée. C’est d’ailleurs ce qui a donné son nom à cette collection : “Les Mabouls”. Chacun son verre, chacun sa boule… C’est utile par les temps qui courent.

Qu’est-ce qui vous a motivé à faire de l’art de la table ? 

Premièrement parce qu’on me l’a demandé et que j’avais très envie de participer à ce joli projet. J’en ai d’ailleurs déjà dessiné lors d’une de mes collaborations avec Monoprix. Réaliser de l’art de la table, c’est aussi une façon de démocratiser mon travail, de le rendre plus accessible.

Collection de verres “Les Mabouls”

Quelle est la pièce design que vous rêvez de vous offrir ? 

J’attends avec impatience les assiettes de la nouvelle collection Maison Château Rouge pour Monoprix.

Le métier que vous auriez fait si vous n’étiez pas designer ? 

Réalisatrice. C’est le métier que j’aurais voulu faire, parce qu’il réunit tous les sujets qui m’intéressent : la photographie, les décors, la narration, la lumière… 

Quelle est votre couleur préférée ? 

Je n’ai pas de couleur préférée. Ce qui m’intéresse c’est leur association et leur conversation. La manière dont elles agissent ensemble, dont elles transportent la lumière et les émotions. 

Votre matière de prédilection ? 

La couleur, car selon moi c’est une matière à part entière. 

La faute de goût déco pour laquelle vous avez le plus d’indulgence ?

J’aime beaucoup les fautes de goût, à condition qu’elles soient sincères. 

Et, celle que vous ne pardonnez pas ?

Celles qui au contraire sont prétentieuses ou qui relèvent de la posture.

Votre plaisir coupable en décoration ? 

J’achète beaucoup trop de céramique. Quand je fais les brocantes, je ne peux pas m’empêcher d’acheter une babiole pour avoir la sensation de ne pas être venue pour rien.

Le lieu où vous sentez le plus chez vous ? 

Je suis nomade dans l’âme. Je me sens chez moi à Téhéran, à Paris, à Arles ou encore à Siwa en Egypte. À vrai dire, je me sens chez moi assez rapidement, car même si les lieux et les objets sont importants, ce que je transporte c’est avant tout un état d’esprit. 

Celui que vous détestez ? 

Les lieux de vie que je ne sens pas habités. Ça me met très mal à l’aise. 

Le paysage/ville qui vous ressemble ? 

Un mélange entre le grand vide des paysages désertiques et les grandes métropoles chaotiques comme Le Caire ou Téhéran. 

Votre geste écolo ? 

J’essaye d’en avoir plus d’un. La sustainability a toujours joué un rôle important dans mon mode de production. Toutes mes réalisations sont fabriquées en circuit court et cela fait 20 ans que je travaille avec des artisans français. C’est sans doute le système le plus écolo !

Une rencontre qui vous a marqué ? 

Je pense forcément à mon ami Alber Elbaz dont la disparition m’a beaucoup attristée. J’ai beaucoup appris de nos échanges, de son regard sur le monde, lorsque j’ai dessiné son appartement ou lorsque je l’ai aidé à aménager les bureaux de AZ Factory. J’ai d’ailleurs aujourd’hui, dans ma collection, une table qui porte son nom, en souvenir de nos conversations. C’était une personne à l’écoute, d’une grande générosité et d’une grande intelligence. 

Quel est votre état d’esprit actuel ?

Optimiste malgré tout. 

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Photophore couleur, 38 euros

Verre 1 boule, 16 euros

 

Verre 2 boules, 22 euros

Verre 3 boules, 19 euros

Verre 4 boules, 22 euros

Collection de verres “Les Mabouls”  India Mahdavi x Waww La Table disponible sur Waww.fr 

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