J'ai testé pour vous la première injection du vaccin

Ce lundi 31 mai, l’accès à la vaccination a été ouvert à toute la population. Dès 18 ans, on peut donc prendre rendez-vous dans un centre dédié près de chez soi, afin de se voir administrer la première dose Pfizer-BioNTech ou Moderna pour les moins de 55 ans, AstraZeneca ou Janssen pour les autres. Avec 65 % des Français·e·s éligibles désireux de passer le pas, d’après le Centre de recherches politiques de Sciences Po, le réflexe devient légion.

Mais concrètement, comment se passe l’injection ? Quelles sont les questions posées par le personnel de santé, combien de temps doit-on s’attendre à rester dans l’établissement, peut-on s’y rendre sans avoir préalablement réservé de créneau sur Doctolib, Maiia ou toute autre plateforme de réservation similaire ? Et enfin, quel comportement adopter une fois qu’on a été vacciné·e ? On en a fait l’expérience pas plus tard que jeudi 27 mai, et on vous répond.

Calme, organisation et chemise ministérielle

La première étape, celle de la prise de rendez-vous, est peut-être la plus laborieuse. Lorsqu’on a la chance de ne pas être considéré·e comme à risque, il fallait compter jusqu’à aujourd’hui sur “Chronodose” pour réussir à en décrocher un. Une fonctionnalité mise au point par le site CovidTracker, qui permettait de trouver une dose, donc, en moins de 24 heures, et qui n’a pas manqué d’entraîner un stress non négligeable chez les internautes. Les créneaux avaient le don de disparaître sous nos yeux, victimes de leur succès. La faute à une popularité contagieuse, et à une rapidité de clic peu optimale de notre part.

Une certaine vision de la frustration technologique – n’est pas “Gen Z” qui veut.

Plusieurs jours peuvent ainsi être nécessaires à ce qu’enfin, on dégotte le Graal – comprendre, le créneau pour espérer se débarrasser du virus. Et dans notre cas, ce fut cinq. Malheureusement, la généralisation de l’accès à Pfizer-BioNTech et Moderna n’a pas rendu l’affaire plus simple, loin de là. Dans de nombreuses villes, c’est toujours la course. Dans les centres de Paris intra-muros par exemple, le mois de juin a l’air déjà bien chargé. Mais tout vient à point à qui sait attendre. Pour ce qui est de patienter sur les lieux le jour-j en revanche, qu’on se rassure, la ponctualité et l’organisation sont bien souvent exemplaires.

Dans le 11e arrondissement de Paris en tout cas, c’est ce qui nous saute aux yeux quand on entre dans l’antenne de la CPAM. Ça, et que la dame de l’accueil doive encore prendre le temps d’expliquer à chaque arrivant·e comment se désinfecter les mains et mettre son masque correctement. On tente la blague en lui précisant que “depuis le temps, on a pris l’habitude”. Elle sourit, mais la preuve par l’exemple nous fait réaliser l’ampleur du fléau, et la nécessité de son automatisme : deux hommes avec le masque qui glisse sous le nez (et pour l’un, ses doigts qui le tripotent) viennent de débouler.

On se dirige vers l’accueil, où l’on sera prise en charge en moins de deux minutes, sans précision nécessaire sur notre éligibilité. A côté de nous, un homme d’un cinquantaine d’année tente le coup à l’improviste. On demande à la personne qui nous reçoit : est-ce fréquent de réussir à se faire vacciner sans rendez-vous ? “Pas vraiment”, répond-elle. “On n’a pas une dose qui traîne ici”. Les Français·e·s semblent bien décidé·e·s à se faire piquer.

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Elle nous demande de préciser quelques points administratifs, ceux concernant notre santé seront posés par la médecin qui supervisera l’injection dans son cabinet, 3 minutes plus tard. Parmi ceux-ci : nos allergies, nos antécédents avec le Covid-19 et si oui ou non, on est enceinte ou allaitante.

Bilan jusque-là : c’est incroyablement banal à vivre, et tant mieux.

A noter toutefois que certaines expériences peuvent être plus divertissantes que d’autres. Dans notre entourage, une personne a eu le loisir de découvrir des citations féministes sur les murs du centre qu’elle a choisi : Olympe de Gouges, à deux pas du nôtre. D’autres, d’être accueilli·e·s par l’intégralité de la caserne des pompiers, Porte de Versailles (15e).

Nous, c’était une infirmière très sympathique qui a admis avoir eu des doutes quant à l’efficacité du vaccin en septembre dernier. “Mais désormais, j’en suis convaincue !”, affirme-t-elle. Ça tombe bien, nous aussi. Elle insère l’aiguille dans notre bras gauche, on mentionne la chemise d’Olivier Véran en échangeant un sourire entendu (visible sous le masque, si si). Elle lance : “C’est drôle, d’habitude, ce sont les dames d’un certain âge qui en parlent !” On retourne s’installer dans la salle d’attente : on n’a quasi rien senti.

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15 minutes plus tard (délai de “surveillance” post-vaccinale), pas grand-chose à déclarer si ce n’est une légère douleur dans le bras (qui durera 36 heures, sans qu’aucun autre effet ne l’accompagne) et un papier qui atteste du geste. La deuxième dose, ce sera le 5 juillet.

Pré et post-vaccin, à quoi faire attention ?

Si notre corps a réagi sans encombre à la première injection du vaccin Pfizer, il est important de rappeler les quelques précautions à prendre après, mais aussi avant.

D’abord, savoir qu’il est tout à fait normal de se sentir affaibli·e dans les 48 heures qui suivent. “Cette sensation de malaise, de fatigue et de fièvre est le résultat d’une réponse immunitaire importante de votre corps”, précise la Dr Sharon Nachman, cheffe du service des maladies infectieuses pédiatriques à l’hôpital pour enfants de Stony Brook, auprès de Business Insider. Traduction : la preuve que la formule fait son travail. Dans ces cas-là, il est recommandé de prendre du paracétamol, et non des anti-inflammatoires.

Pour ce qui est de la prise de paracétamol avant la dose afin d’atténuer les effets secondaires, les avis divergent. Si Alain Fischer, le responsable de la campagne de vaccination en France, recommandait un cachet en amont de la piqûre, d’autres expert·e·s préviennent que cela peut entraîner la diminution des réponses immunitaires envers divers agents vaccinaux, rapporte la RTBF.

Pareil pour l’alcool lorsque consommé sans modération, souligne le New York Times : on attendra donc quelques jours avant de trinquer plus de deux verres (et surtout, on continuera de respecter les gestes barrières le moment venu). Par contre, boire beaucoup d’eau est plutôt conseillé pour se réhydrater.

Ensuite, on mise sur la glace et le mouvement (sans masser la zone !) quand le bras est endolori, et sur une douche chaude pour les douleurs musculaires. On fait enfin attention à ne pas forcer sur l’exercice physique, et on pense à prendre un jour de congé si possible pour la deuxième dose : les effets seraient plus nombreux à ce moment-là. Et puis, si l’inconfort dure, on n’hésite pas à consulter un·e médecin rapidement.

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