"J'atteste que c'est bon. Cordialement. Bisous" : ces mères qui ne feront plus tester leurs enfants pour l'école

Crises de larmes à répétition, files d’attentes interminables… De nombreuses voix parentales s’élèvent contre le protocole sanitaire en vigueur contre le Covid-19, qui impose trois tests en une semaine à leurs enfants, cas contacts en classe. Certaines mères, lassées ou révoltées, ont décidé de ne plus se plier à cette mesure.

«J’atteste que c’est bon. Cordialement. Bisous.» Ce faux message expéditif et humoristique, rédigé sur une feuille quadrillée, a fait le tour du web. Son auteur y a joint le résultat d’un autotest, ironiquement trafiqué à l’encre rouge et au Blanco. Nombreux sont les parents qui, comme cet internaute, désavouent le protocole sanitaire en vigueur dans les établissements scolaires, et ce, au-delà des réseaux sociaux.

Depuis début janvier, les élèves cas contacts doivent en effet se faire tester trois fois en une semaine, après une potentielle contamination en classe. Les parents se voient quant à eux dans l’obligation de fournir des attestations sur l’honneur, confirmant les résultats de ces tests. Un véritable parcours du combattant, entre crises de larmes, files d’attentes interminables et professionnels peu enclins à prendre le temps.

« Il a fini par se rouler par terre, c’était l’enfer »

«Je suis devenue celle qui fait pleurer les enfants pour les tester coûte que coûte, écrit Lara, préparatrice en pharmacie, sur son compte Instagram. Ils pleurent, se débattent, hurlent à la mort, sont maintenus de force par leurs parents, eux aussi, à bout.» Pauline (1), mère d’un petit garçon de 4 ans, en a fait l’amère expérience.

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«La première fois que nous avons fait tester notre fils, c’était l’inconnu, donc il s’est à moitié laissé faire, se remémore-t-elle. Mais il a fini par crier, se rouler par terre, c’était l’enfer.» Sur les réseaux sociaux, de multiples internautes, clients ou pharmaciens, témoignent de faits similaires. Au point que certaines mères de famille ont décidé de ne plus se soumettre à ces directives gouvernementales.

Un protocole « traumatisant »

À l’instar de Nathalie, 48 ans, qui ne fera plus tester sa fille de 7 ans en l’absence de symptômes. «Je trouve que c’est un acte excessivement intrusif pour les enfants», explique cette artisan-commerçante de Nantes. Une décision également prise par Charlotte, mère célibataire trentenaire. Elle invoque pour sa part le «traumatisme» généré par un tel protocole.

«À l’école, ils font tout pour faire peur aux enfants, cela va les marquer à vie», estime-t-elle. «Terrifié» par les tests, le fils de Pauline en parle ainsi «jour et nuit». Nathalie craint elle aussi les répercussions psychologiques de telles mesures. La quadragénaire s’inquiète pour l’avenir des enfants, qui pourraient devenir «anxieux», ou présenter «des troubles du sommeil».

« C’est d’une violence inouïe »

Elle pointe également du doigt l’aspect culpabilisant des mesures initiées par le ministère de l’Éducation nationale. «Pourquoi s’acharne-t-on sur les enfants ? s’interroge-t-elle. Cette idée qu’ils transmettent le virus et en sont responsables, c’est d’une violence inouïe.» Ornella, mère d’un petit garçon de 7 ans et demi, peine à comprendre la méfiance de certains enseignants envers leurs élèves. «Certains réclament des masques FFP2 à porter en classe, explique-t-elle. On dirait que nos enfants sont de petits virus ambulants.»

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Une « contrainte » pour les parents

Sans compter l’aspect chronophage de cette nouvelle politique de tests. «Trois tests par semaine, sommes-nous sérieux ? lance Laetitia, mère de deux garçons de 7 et 4 ans. Isoler nos enfants est amplement suffisant, nous ne sommes pas obligés de courir en pharmacie pour les faire tester. C’est très contraignant pour les parents qui travaillent.» Certains redoutent les mails reçus à 22 heures pour demander des tests dont les résultats devront arriver le lendemain avant 12 heures.

De « fausses attestations »

Face à de telles difficultés, certaines mères de famille ont pris le parti de contourner les règles. «C’est certain, je ne ferai pas tester ma fille à chaque fois qu’elle est cas contact, affirme Charlotte. Je pourrais donc être amenée à rédiger une fausse attestation. Sauf si elle présente des symptômes.» Nathalie a pour sa part décidé que sa fille respecterait une période de quarantaine en cas de contamination potentielle. «Je préviendrai l’enseignant que je ne souhaite pas réaliser le test, quitte à ce que ma fille s’isole durant une semaine ou dix jours», déclare-t-elle.

De son côté, Laetitia n’exclut pas de poser des congés, dans l’hypothèse où ses enfants seraient isolés à la maison. «Je préfère perdre des jours de congés, ou même prendre des congés sans solde, plutôt que de tomber dans la spirale affreuse des tests», assène-t-elle. Pauline a, quant à elle, trouvé la parade au coton-tige dans le nez. «Mon fils de 4 ans ne sait pas mentir, admet-elle. Donc je réalise le test, mais en prélevant sa salive. Je ne rédige pas de fausse attestation, parce que j’obtiens quand même un résultat.»

« Laissons-les tranquilles »

Toutes invitent le gouvernement à lâcher du lest. «On impose déjà le port du masque à nos enfants dans la cour de récréation, laissons-les tranquilles», soupire Laetitia. Du côté des enseignants, la révolte gronde. Ces derniers ont manifesté, le jeudi 13 janvier, contre les changements successifs de protocole sanitaire opérés par le ministère de l’Éducation nationale.

Une mobilisation qui a rassemblé plus de 77.500 personnes dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur. Jean-Michel Blanquer a par la suite présenté ses excuses pour les «erreurs commises», et annoncé la distribution de cinq millions de masques FFP2 pour les enseignants, ainsi que le recrutement de 3.300 contractuels pour remplacer les professeurs absents.

(1) Le prénom a été changé.

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