"Je ne serai pas la dernière" ou le plaidoyer féministe de Kamala Harris

Kamala Harris, première femme à occuper la vice-présidence des États-Unis, a rendu ce samedi un vibrant hommage aux générations de femmes qui ont «ouvert la voie» à son élection. Elle assure qu’elle ne serait «pas la dernière».

Quatre ans après la défaite d’Hillary Clinton, qui regrettait de ne pas être parvenue à briser le «plafond de verre», Kamala Harris tient sa revanche. Avec la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle face à Donald Trump, la sénatrice de 56 ans devient la première femme élue à la vice-présidence, également première métisse née de parents immigrés – un père jamaïcain et une mère indienne.

Devant une foule de supporteurs réunis à Wilmington, dans le Delaware pour fêter l’élection de Joe Biden, la démocrate a salué «un jour nouveau pour l’Amérique». «Vous avez voté et vous avez livré un message clair. Vous avez choisi l’espoir, l’unité, la décence, la science et, oui, la vérité. Vous avez choisi Joe Biden comme prochain président des États-Unis d’Amérique», s’est-elle réjouie.

“Ma mère n’aurait pas pu imaginé ce moment”

La vice-présidence élue Kamala Harris prend la parole à Wilmington, dans le Delaware. (Le 7 novembre 2020.)

À la suite de quoi, Kamala Harris a tenu à rendre hommage à sa mère, Shyamala Gopalan Harris, arrivée d’Inde aux États-Unis à l’âge de 19 ans. Militante pour les droits civiques, cette chercheuse spécialiste du cancer du sein est décédée en 2009. «Elle n’aurait pas pu imaginer ce moment, mais elle croyait profondément en une Amérique où un moment comme cela était possible», a-t-elle affirmé.

«Je pense aux femmes noires, blanches, asiatiques, latinas, natives amérindiennes. Je pense à toutes ces femmes qui ont pavé la route qui mène à ce moment», a poursuivi la vice-présidente élue. Avant de saluer celles «qui ont sacrifié tant pour l’égalité, la liberté et la justice pour tous, y compris les femmes noires, qu’on regarde trop souvent de haut, mais qui si souvent prouvent qu’elles sont la colonne vertébrale de notre démocratie».

Un hommage aux suffragettes

Kamala Harris, qui a multiplié les «premières» en devenant procureure générale de Californie puis sénatrice originaire d’Asie du Sud, a aussi rappelé la longue lutte des femmes pour le droit de vote. «Il y a cent ans avec le 19e amendement, il y a 55 ans avec la loi sur le droit de vote et maintenant, en 2020, avec une nouvelle génération de femmes dans notre pays qui ont déposé leur bulletin dans l’urne et ont poursuivi le combat pour le droit fondamental de voter et d’être entendues.»

La sénatrice démocrate de Californie était d’ailleurs vêtue d’un ensemble blanc, qui symbolisait le mouvement des suffragettes. En février 2019, les femmes démocrates du Congrès s’étaient déjà habillées de blanc lors du discours sur l’état de l’Union de Donald Trump.

L'”audace” de Joe Biden

Kamala Harris n’a pas non plus manqué de souligner «l’audace» de Joe Biden qui a «brisé l’une des plus importantes barrières» de la société américaine en la choisissant comme vice-présidente. «Si je suis la première femme à occuper ce bureau, je ne serai pas la dernière», a-t-elle promis, «parce que chaque petite fille qui regarde ce soir voit que c’est un pays de tous les possibles».

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Quelques heures plus tôt, elle n’avait pas caché sa joie s’empressant d’appeler Joe Biden à l’annonce de sa victoire par les médias. «On l’a fait. On l’a fait, Joe. Tu vas devenir le prochain président des États-Unis», s’enthousiasmait-elle, téléphone à la main. Un moment historique déjà visionné plus de 38 millions de fois sur Twitter, et plus de 18 millions sur Instagram.

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