L' alimentation du chat : comment bien le nourrir

Croquettes bio ou sans céréales, menu Barf, boulettes vegan… Comment s’y retrouver dans les rayons d’aliments pour chats ? Ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas.

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C’est grave s’il a des carences alimentaires ?

Oui, d’autant que les carences alimentaires mettent du temps à s’installer, ce qui peut laisser croire que tout va bien même quand ce n’est pas le cas ! Les premiers signes visibles sont un poil terne et une peau en mauvais état. A terme, on peut voir apparaître une fonte musculaire, des problèmes digestifs, des troubles neurologiques, un manque de vitalité, des troubles de la reproduction ou de la croissance, une baisse de l’immunité avec des problèmes de surinfection ou une mauvaise protection vaccinale.

Peut-il manger vegan ?

Non. Le chat est un carnivore strict, qui se nourrit de proies et d’un peu de végétaux ! Ses dents, son système digestif… toute sa physiologie est adaptée à son régime alimentaire. Ce qui veut dire que pour être en bonne santé, un chat doit consommer une quarantaine de nutriments chaque jour, dont certains (taurine, acide arachidonique…) ne peuvent être que d’origine animale. Une alimentation vegan ne peut donc en aucun cas couvrir tous ses besoins nutritionnels. Elle implique forcément des carences en protéines, en acides aminés, en acides gras essentiels ou en vitamines : soit il n’y en a pas assez, soit il n’y en a pas du tout.

Le régime Barf est-il la solution idéale ?

Très tendance, le régime Barf ou Biologically appropriate raw food (« nourriture crue biologiquement appropriée ») consiste à nourrir son chat avec un menu fait maison à base de viandes crues. A condition qu’il soit équilibré et qu’il ne contienne pas que de la viande, des os et des abats, ce type d’alimentation n’engendre pas de carences. Le problème est ailleurs. En effet, après avoir examiné des préparations Barf fraîches ou surgelées, de nombreuses études scientifiques ont révélé la présence de bactéries (salmonelle, listeria…) transmissibles à l’homme sans que le chat présente de symptômes. Et ce n’est pas tout… A moins de la cuire quelques minutes dans de l’eau à 70°C, la viande crue peut aussi héberger des œufs et des larves de parasites (taenia, par exemple) en plus des bactéries !

Faut-il privilégier les boîtes ou les croquettes ?

Aliment sec ou humide, les deux ont des avantages complémentaires ! Les croquettes stimulent la mastication et limitent la formation de tartre, tandis que les boîtes sont plus digestes et contiennent plus d’eau. L’idéal pour un chat actif, qui a accès à l’extérieur de la maison, est donc de lui donner les deux en tenant compte de son âge et de son poids idéal et en respectant les quantités conseillées sur les emballages. Mais pour un chat stérilisé d’appartement, qui mène une vie très sédentaire, il vaut mieux privilégier les aliments humides (pâtées, boîtes…), globalement moins riches en calories et en glucides, pour diminuer les risques d’obésité et de diabète. En pratique, on conseille de donner l’aliment humide en 3 à 4 repas (2 fois le matin, 2 fois le soir) et d’ajouter 10 g de croquettes en libre service ou cachées dans un jouet distributeur.

Les croquettes « sans céréales » sont-elles meilleures ?

Non, cette mention n’a rien d’un label de qualité. Sachant qu’il n’existe à ce jour aucun cas de chat intolérant au gluten, le « sans céréales » n’est intéressant que pour réduire la quantité d’amidon (de glucides) qu’elles contiennent. Sauf que… la mention « grain free » ne veut pas dire sans amidon, puisqu’il est techniquement impossible de fabriquer des croquettes sans amidon, qui sert à obtenir la texture des aliments secs. Quel que soit le fabricant, l’absence de céréales est donc toujours compensée par d’autres ingrédients (patates douces, pommes de terre…) qui en contiennent aussi !

Comment savoir si ce qu’il mange est bon pour lui ?

« Recette premium », « croquettes bio », « sans ajout de blé, de soja », « au bœuf ou au poulet »… Choisir un aliment industriel pour chat relève du parcours du combattant, tellement les offres sont nombreuses ! Plutôt que d’essayer de décoder la composition de l’aliment sur l’étiquette, qui révèle trop peu d’informations, mieux vaut éviter les produits bas de gamme dans lesquels il y a le minimum de nutriments indispensables. Le meilleur moyen de vérifier si ce qu’il mange est bon pour lui ? Observer la vitalité de son chat, contrôler son poids avec l’aide d’un vétérinaire, vérifier la qualité de son poil (brillant, sans pellicules…), et surveiller ses selles ! Celles-ci doivent être bien formées, peu nombreuses (une par jour) et peu odorantes, signes que l’alimentation est digeste et riche en protéines et autres nutriments de bonne qualité.

Faut-il lui préparer des menus « fait maison » ?

On se lance si… on veut ce qu’il y a de meilleur pour sa santé. Moins chères que des aliments industriels moyen et haut de gamme, les rations ménagères coûtent entre 350 et 400 € par an, pour des menus parfaitement équilibrés et adaptés à ses besoins. En cuisinant pour son chat, non seulement on connaît l’origine des produits, mais on peut tenir compte de ses préférences alimentaires ! Autre avantage ? Le sur-mesure est aussi la solution idéale pour les animaux allergiques ou intolérants, qui souffrent de problèmes cutanés (s’il se gratte le cou, la tête…). Concrètement, il est bien plus facile de repérer, puis d’éliminer, l’aliment responsable de l’allergie avec du fait maison, puisqu’on sait précisément ce qu’on lui donne à manger.

On évite si… on n’a vraiment pas le temps de cuisiner. Le fait maison nécessite un minimum de rigueur et d’organisation. Pas question de se contenter de donner à son chat les restes de repas, souvent trop gras ou trop sucrés, voire toxiques (la carapace des crevettes, les oignons…) ! Les recettes doivent être minutieusement dosées en tenant compte de l’âge, du poids et de l’état de santé du chat (cuisine-a-crocs.com, à partir de 12 € la recette personnalisée) et validées par un vétérinaire. Mais il faut prévoir au moins 1 h par semaine pour cuisiner ses menus hebdomadaires, avant de congeler les portions dans des petits sacs plastiques.

D’après les conseils de Géraldine Blanchard, Dr vétérinaire spécialiste en nutrition.

Cet article est extrait du tout dernier Hors-Série de Femme Actuelle, dédié entièrement à nos amis les chats. Un entretien exclusif avec l’auteur à succès Bernard Werber, qui parle de son dernier livre, La planète des chats, tout ce qu’il faut savoir si on pense accueillir un chaton à la maison mais aussi les derniers conseils en matière d’alimentation et de soins… Si vous aimez les animaux, ce nouveau magazine est pour vous.

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