La BD « Il faut flinguer Ramirez » revient et c'est toujours dingo

  • Sans grande promotion, « Il faut flinguer Ramirez » a été l’une des bandes dessinées les plus lues en 2018.
  • Très attendue, sa suite, reportée en raison du reconfinement, paraît enfin ce mercredi 2 décembre.
  • Nicolas Petrimaux, son auteur, revient sur le caractère inattendu du succès du premier tome et commente son travail.

Deux ans après sa sortie, les plus de 100.000 acquéreurs – c’est énorme en matière de BD – du premier tome de l’inclassable Il faut flinguer Ramirez trépignaient d’impatience dans l’attente du retour de leur (anti) héros favori, un obscur réparateur d’aspirateurs embringué malgré lui dans une sanglante course-poursuite. Et bien qu’ils se réjouissent : Jacques Ramirez is back, et ses inclassables mésaventures n’ont pas fini de scotcher leurs lecteurs.

À gauche, le premier tome ; au centre, Nicolas Petrimaux ; à droite, le second tome/© N. Petrimaux & éd. Glénat 2020/photo © Francis Selier

Aux autres, apprenons que Il faut flinguer Ramirez est l’une des plus grosses surprises de 2018 puisque le « carton » de son
premier tome est essentiellement dû au bouche-à-oreille. « Que les lecteurs et lectrices fassent la publicité de l’album était le meilleur plan marketing qu’on puisse imaginer », confie d’ailleurs son auteur, Nicolas Petrimaux, à 20 Minutes. Quoi qu’il en soit, le succès est plus que mérité tant le titre excelle dans son fond, avec ses dialogues vivants, bourrés de bonnes
punchlines, comme dans sa forme puisque le récit, hyper rythmé, décapant, se lit comme on regarderait un bon film d’action.

De quoi ça cause, déjà ?

Dans le premier tome, on découvrait la vie plutôt terne – enfin, pas pour très longtemps – de Ramirez, employé modèle au S.A.V de Robotop, une petite entreprise sise à Falcon City, Arizona. Après que deux mafieux mexicains crurent reconnaître en lui le tueur chevronné que leur boss traquait depuis des mois, l’infortuné avait pris la fuite en compagnie de deux jeunes filles un peu déjantées et croisées par hasard. Le second volume reprend là où on avait quitté notre explosif trio, et les choses n’ont pas l’air d’aller en s’arrangeant !

Extrait © N. Petrimaux & éd. Glénat 2020

Mixant ingénieusement les genres, Nicolas Petrimaux s’empare, pour mieux les malmener, des codes du western, du road-movie, du pulp et de la
blaxploitation façon
Quentin Tarantino. L’ensemble, ponctué de scènes ici violentes, là rigolotes, vous explose littéralement en pleine figure… et c’est précisément ce qu’apprécient les lecteurs. L’auteur confirme que « dans cet ensemble de choses qui sortent un peu de l’ordinaire, que ce soit dans le format, la pagination, les à-côtés ou la manière de communiquer sur le titre, le public semble avoir vu un produit décalé avec univers qui lui permet de s’approprier certains aspects de l’histoire ».

Extrait © N. Petrimaux & éd. Glénat 2020

« À quand le film ? »

Avec de telles références et une mise en images hyper cinématographique, on se demande immanquablement si la série, prévue pour ne compter que trois tomes, pourrait un jour passer des bulles à la pellicule… « J’ai conçu l’histoire comme tel, confirme Nicolas Petrimaux, et le lien me paraît aujourd’hui évident. C’est d’ailleurs une remarque qui revient souvent chez les lecteurs et les lectrices : « À quand le film ? ! ». Jusqu’ici je ne souhaitais pas spécialement me projeter, et la priorité se portait naturellement sur la suite en bande dessinée. Maintenant que l’Acte 2 est enfin en librairie, je vais réétudier la question ».

Extrait © N. Petrimaux & éd. Glénat 2020

Le jour où cela arrivera, nul besoin de réfléchir à une bande-son… puisqu’il en existe déjà une, que l’on peut télécharger grâce à un QR code présent dans l’album. Et puisqu’on parle musique, l’auteur nous glisse à l’oreille que sa playlist de travail ne comporte pas de ce disco seventies qui collerait si bien à l’esthétique de la série : « non, elle compile plein de styles musicaux, de la synthwave, de la pop, du funk, du hard rock, du punk rock. Globalement, j’adore écouter tout ce qui comporte des sonorités années 1980. J’aime particulièrement les albums de
The Midnight, que j’ai découvert il y a 4 ou 5 ans ».

Extrait © N. Petrimaux & éd. Glénat 2020

Lorsqu’on lui demande enfin comment il a reçu un tel – et inattendu, rappelons-le – plébiscite, Nicolas Petrimaux dit se réjouir que les récits de genre puissent aussi être des récits populaires, qu’ils aient « leur place dans notre grand bain culturel ». Mais il reconnaît aussi une certaine pression : « Cela donne une légère sensation de vertige. Je réalise qu’avec le nombre d’albums vendus, mon travail est de plus en plus « regardé ». De mon point de vue, j’ai dorénavant l’obligation de ne pas décevoir et même plus… celle de faire mieux ». Ce dont les fans, dont nous sommes, se réjouiront !

« Il faut flinguer Ramirez » tome 2, de Nicolas Petrimaux – éditions Glénat – 22,95 euros

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