La saison 5 de « The Crown » fait le portrait d’une monarchie qui sombre

  • « The Crown » est de retour sur Netflix ce mercredi.
  • L’action se concentre notamment sur l’an 1992, surnommé « Annus horribilis » par la reine Elizabeth II.
  • Cette saison explore la crise que la monarchie britannique a surmonté dans les années 1990.

Un drame royal ! Netflix dévoile ce mercredi les dix nouveaux épisodes de la majestueuse série de Peter Morgan, The Crown. Cette très attendue saison 5 se déroule dans les années 1990, une époque où la monarchie britannique, jugée archaïque et coûteuse, est vivement contestée, alors que la famille royale est aux prises avec de nombreux scandales. La saison 5 explore ainsi une institution et une famille en crise.

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La métaphore d’une institution sur le point de couler

Tout commence par un flash-back de l’inauguration en 1953 par la reine Elizabeth II (Claire Foy) du Britannia, le dernier yacht royal britannique. Un navire qui symbolise tout à la fois la puissance de la Grande-Bretagne et celle de la monarchie britannique.

Retour en 1991 où la reine, âgée de 65 ans et incarnée par Imelda Staunton, se rend à une visite médicale, où elle constate les ravages du temps qui passe. A bord du Britannia, le prince Philip (Jonathan Pryce) constate quant à lui les ravages du temps sur le navire. Au même moment, un sondage décrit la reine comme « déconnectée » et « vieille ». Une prémisse de la célèbre Annus horribilis, expression utilisée par la reine Elizabeth II pour qualifier l’année 1992 dans son discours prononcé le 24 novembre 1992 à Guildhall, quelques mois après le 40e anniversaire de son accession au trône.

Peter Morgan va filer la métaphore entre le Britannia, la monarchie et Elizabeth II jusqu’à la fin de la saison lorsque le prince Charles (Dominic West) déclare au sujet du navire « Aussi magnifique qu’il soit, il a fait des millions de kilomètres. Ses gloires appartiennent au passé, il n’est plus en état. »

Le portrait d’une institution en pleine crise

Cette saison 5 s’attarde sur les événements qui ont marqué la vie des Windsor entre 1991 et 1997 : le sondage décrivant la reine comme dépassée, les frasques de Sarah Ferguson, l’épouse du prince Andrew, le « tampon-gate » de Charles et Camilla (Olivia Williams), un enregistrement sonore d’une conversation intime entre le prince de Galles et sa maîtresse, l’incendie du château de Windsor, la séparation de Charles et Diana (Elizabeth Debicki), les divorces de la princesse Anne, du prince Andrew et du prince et de la princesse de Galles, l’interview dévastatrice de Lady Diana sur la BBC…

Comme le Britannia, tout semble se déliter dans cette saison : la forme physique de la reine et du prince Philip, les couples royaux, le château de Windsor. Même la vieille télévision de sa majesté paraît dépassée ! Au point qu’Elizabeth II crée une task force pour sauver la monarchie.

Peter Morgan tisse des liens entre les saisons précédentes de The Crown et les nouvelles intrigues : les échecs des mariages de Charles, Anne et Andrew entrent ainsi en résonance avec Margaret (Lesley Manville) lorsqu’elle revient sur ses sentiments de frustration de ne pas être autorisée à rester avec son véritable amour, Peter Townsend, et la reine Elizabeth II, campée par Imelda Staunton, jugée dépassée, avec celle de Claire Foy, incarnant le renouveau de la monarchie au début de la série.

Une saison 5 sous le feu de l’actualité

La saison cinq de The Crown est la première saison à être diffusée depuis la mort d’Elizabeth II et du prince Philip, et de l’accession au trône de Charles III. La scène où la reine évoque Balmoral comme « sa seconde demeure préférée » prend une étrange dimension symbolique alors qu’Elizabeth II s’est éteinte dans son château écossais le 8 septembre dernier, tout comme les adieux à sa demeure préférée, le Britannia.

L’interview dévastatrice de Diana menée le 20 novembre 1995 par l’ancien journaliste de la BBC Martin Bashir (obtenue par ce dernier à l’aide de documents falsifiés et dont la BBC a décidé de jamais rediffuser, ni céder tout ou en partie, à d’autres radiodiffuseurs) rappelle l’interview accordée par Harry et Meghan à Oprah Winfrey, qui a récemment secoué la monarchie britannique.

Une saison qui a déjà créé la polémique

Outre-Manche, certains craignent que la saison puisse nuire au nouveau roi. Si les scènes autour du fameux « tampon-gate » – traité avec beaucoup de délicatesse – ne porte pas atteinte à la réputation de Charles III et de la reine consort, deux scènes ont d’ores et déjà créé la polémique. La première insinue que le prince Charles s’était mis en tête de devenir roi plus tôt que prévu, en convoquant le premier Ministre de l’époque, John Major (Jonny Lee Miller) afin qu’il apporte son soutien en faveur de l’abdication de la reine.

L’ancien Premier ministre a dénoncé cet épisode comme « profondément blessant » alors que « la famille pleure encore la personne sur qui tout le drame est basé ». « Il n’y a jamais eu de discussion entre Sir John et le Prince de Galles de l’époque sur une éventuelle abdication de la défunte reine Elizabeth II – et le Prince de Galles de l’époque (ou Sir John) n’a jamais évoqué un sujet aussi improbable et déplacé », a précisé le porte-parole de John Major.

La seconde insinue que le prince Charles s’est entretenu avec le successeur de John Major, Tony Blair, suggérant qu’ils pourraient travailler ensemble pour protéger son avenir et ouvrir la voie à son remariage avec Camilla Parker Bowles, peu après la victoire de ce dernier lors des élections de 1997. « Cela ne devrait surprendre personne qu’il s’agit là d’âneries complètes », a déclaré quant à lui le porte-parole de Tony Blair au quotidien britannique.

Netflix a immédiatement répliqué que la saison 5 était « une dramatisation fictive » dans la bande-annonce de la nouvelle saison The Crown. Un nouveau joyau mêlant habilement l’intime fantasmé de ses personnages à la grande histoire à laquelle appartient désormais la défunte Elizabeth II.

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