Le poète et critique d’art Philippe Jaccottet est mort

Le poète, traducteur et critique littéraire suisse Philippe Jaccottet, lauréat de nombreux prix dont le Goncourt de la poésie, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 95 ans, a annoncé son fils. Il s’est éteint à son domicile de Grignan, dans la Drôme, où il sera inhumé « dans la plus stricte inimité », a précisé Antoine Jaccottet.

Suisse de langue française, il est l’un des trois seuls poètes, avec René Char et Saint-John Perse, à avoir été publié de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade.

Récompensé par de nombreux prix français et allemands, dont le Goncourt de la poésie (2003) et le Grand prix national de Traduction (1987), Philippe Jaccottet, installé depuis plus d’un demi-siècle à Grignan, est l’un des poètes contemporains qui a fait l’objet de plus de thèses et de critiques.

Ses poèmes couronnés de succès

Il est né le 30 juin 1925 à Modon, dans le canton suisse de Vaud, et a passé l’essentiel de sa vie à Grignan. Son premier ouvrage, Trois poèmes aux démons, parait en 1945. Il se met alors à publier beaucoup de textes, notamment pour la Nouvelle Revue de Lausanne. Son premier recueil de poèmes L’Effraie (1953) sort aux éditions
Gallimard, dans la collection Métamorphoses, dirigée par Jean Paulhan.

Il a aussi participé à La Nouvelle Revue Française et fait en sorte d’ouvrir celle-ci à la littérature allemande. Couronnés de succès, ses poèmes entrent dans la collection Gallimard/Poésie, avec notamment A la lumière d’hiver (1977) et La Semaison (1984).

Ses traductions ont fait connaître en France l’écrivain autrichien Robert Musil (L’Homme sans qualités), le Russe Ossip Mandelstam, l’Italien Giuseppe Ungaretti ainsi qu’une part considérable de Rilke – dont la Correspondance avec Lou Andreas-Salomé. On lui doit également une transposition de L’Odyssée d’Homère, des vers d’Hölderlin et de Mort à Venise de Thomas Mann.

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