Le rappeur italien Sfera Ebbasta à la conquête du monde avec « Famoso »

  • Sfera Ebbasata est l’un des artistes italiens les plus écoutés en Italie. Son album Rockstar, sorti en 2018, est quintuple disque de platine.
  • Il sort ce vendredi son quatrième album, Famoso.
  • « Plus le succès augmente, plus la pression augmente, puisque je n’ai pas le droit à l’erreur », explique-t-il 20 Minutes Sfera Ebbasata qui dispose d’une certaine notoriété en France via ses featurings avec SCH ou Lacrim.

Sfera Ebbasta trône sur le rap italien et sur la musique transalpine tout court. Son album Rockstar, sorti en 2018, a été le plus streamé de l’autre côté des Alpes cette année-là. Résultat : un quintuple disque de platine. Les onze titres ont été sacrés au moins disques d’or et se sont retrouvés simultanément aux douze premières places du Top single – en se glissant à la sixième position avec Perfect, Ed Sheeran a empêché le grand chelem.

Depuis la sortie de son premier opus en 2016, Sfera Ebbasta a cumulé plus de 1.6 milliard de streams et 540 millions de vues sur YouTube. Les scores devraient encore gonfler à vue d’œil avec la sortie, ce vendredi, de son quatrième disque.

“Plus le succès augmente, plus la pression augmente”

Il est intitulé Famoso, c’est-à-dire « Célèbre ». « Plus le succès augmente, plus la pression augmente, puisque je n’ai pas le droit à l’erreur, avance-t-il à 20 Minutes. En même temps, ça renforce la confiance en soi. Plus tu vois que les gens apprécient ce que tu fais, plus tu cherches à faire mieux, à te dépasser. »

Le tableau rutilant est entaché par cette soirée maudite de décembre 2018 où, en marge d’un de ses concerts, un mouvement de foule combiné à la chute d’une balustrade a fait six morts et des dizaines de blessés à Corinaldo, dans les Marches.

Mais Sfera Ebbasta n’y est pour rien. Et son histoire n’en est pas moins une success story. Celle d’un livreur de pizza à Cinisello Balsamo, près de Milan, devenu « trap king », roi de la trap, par la grâce d’une rencontre décisive avec le producteur Charlie Charles en 2013.

« Il n’y a pas de règles pas de limites »

Un parcours retracé dans le documentaire, également intitulé Famoso, mis en ligne sur
Amazon Prime Video en octobre et composé de nombreuses images d’archives personnelles. « Je voulais faire montrer les coulisses d’une partie de ma vie et que les gens en apprennent davantage sur moi, avance-t-il. Je voulais aussi donner un peu d’inspiration aux nouvelles générations, montrer qu’il n’était pas impossible de percer. Il n’y a pas de règles ni de limite. Quand on regarde le film on se rend compte que tout est possible. »

Sfera Ebbasta vise désormais plus grand et plus loin que le marché italien. Pour s’imposer à l’international, il compte sur de prestigieuses collaborations. Famoso contient notamment des featurings avec Offset, Future, Lil Mosey… La barrière de la langue ne l’effraie pas. « L’italien est une langue difficile parce que seulement parlée en Italie, mais la bonne musique est un langage universel. Les sensations vont au-delà des paroles. Quand j’écoute du rap français, je ne comprends rien, mais je réussis à saisir les émotions que le morceau cherche à transmettre », souligne-t-il.

Sfera Ebbasta bénéficie d’ailleurs d’une certaine notoriété en France via ses featurings avec SCH (Cartine Cartier), Coyote Jo Bastard (Hoodboy) ou Lacrim (Dracula). « Les rappeurs français sont comme des cousins », dit-il, dans le sens où il note peu de différences d’un côté ou de l’autre des Alpes : « Le rap est avant tout un état d’esprit. Les points communs sont infinis, il n’y a que la langue qui change. »

Un constat en forme de méthode Coué pour celui qui rêve de « toucher le plus grand nombre de personnes et de pays possibles avec [sa] musique ». « Je ne veux pas m’imposer de limite », insiste-t-il. Pour l’heure, sa carrière au succès crescendo lui donne raison.

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