Le vaccin Johnson & Johnson pourrait entraîner un syndrome de Guillain-Barré, qu’est-ce que c’est ?

L’Agence américaine du médicament vient de confirmer le risque de developper des complications neurologiques, appelées syndrome de Guillain-Barré, chez les patients ayant reçu le vaccin anti-covid Johnson & Johnson. Zoom sur ce trouble du système nerveux.

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Fièvre, toux, conjonctivite, fatigue, difficultés à respirer, disparition de l’odorat et du goût… La liste des symptômes associés au nouveau coronavirus est désormais connue de tous. Alors que la plupart des patients souffrant du Covid-19 présentent ces signes évocateurs de la maladie, de précédentes études ont révélé que dans certains cas, le virus pouvait se manifester sous une forme neurologique, appelée syndrome de Guillain-Barré.

L’Agence américaine du médicament vient également d’alerter sur un risque de développer ce syndrome pour les patients qui auraient reçu le vaccin anti-covid Johnson & Johnson.

Vaccin anti-covid Johnson & Johnson : un risque de syndrome de Guillain-Barré

Douleurs articulaires ou musculaires, fatigue, frissons… Depuis le début de la campagne de vaccination lancée fin décembre, les effets secondaires fréquents suite à une injection de vaccin anti-covid ont été identifiés.

Mais pour le sérum Johnson & Johnson, qui peut être administré aux personnes de plus de 55 ans en France depuis le mois d’avril, l’Agence américaine du médicament alerte sur un “risque accru” de developper le syndrome de Guillain-Barré, qui se traduit par des complications neurologiques.

100 cas de patients touchés par cette affection neurologique ont été rapportés aux Etats-Unis à ce jour, alors que plus de 12 millions de doses ont déjà été administrées. L’Agence estime donc que “les bénéfices l’emportaient clairement sur les risques potentiels”, et qu’il n’y a pas de raison, pour l’instant, de stopper les injections avec le vaccin Johnson & Johnson.

Covid-19 : le virus peut attaquer le cerveau

Confusion mentale, délire, AVC, mouvements semblables à des convulsions… De nombreux médecins ont déjà observé chez des malades des atteintes cérébrales directement causés par le virus. Une encéphalopathie hémorragique aiguë nécrosante chez une femme testée positive au coronavirus a même été découvert par des neurologues américains. Son cas a été expliqué dans une étude publiée le 31 mars dernier dans la revue Radiology.

Ces manifestations neurologiques causées par l’infection au coronavirus ont été confirmées par le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Il avait alerté, le 20 mars dernier lors de son point quotidien sur l’épidémie, que “plusieurs ORL et infectiologues français ont récemment constaté la survenue d’anosmies brutales, souvent associées à une agueusie mais sans obstruction nasale, chez des patients suspects ou confirmés Covid-19”.

L’anosmie et l’agueusie, soit la perte de l’odorat et du goût “sont des atteintes neurologiques, puisque ce sont des nerfs qui déterminent le goût et l’odorat”, a expliqué à Medisite Jérôme Salomon. “Cela s’explique par l’attaque du virus sur les fosses nasales et donc on avait cette explication, qui est que, quand le virus est présent dans la sphère ORL, il peut attaquer ses nerfs et donner ces symptômes”, a-t-il poursuivi.

Covid-19 : qu’est-ce que le syndrome de Guillain-Barré ?

Il s’avère que d’autres signes peuvent se manifester. En effet, le patient infecté peut présenter des manifestations neurologiques causées par le syndrome de Guillain-Barré, développé par le coronavirus. C’est le cas dont a fait face des neurologues chinois du Central Hospital de Jingzhou et du Ruijin Hospital de Shanghai. Ils ont décrit dans une étude, publiée dans la revue The Lancet le 1er avril, un cas de Covid-19 dont les symptômes ont débuté par un syndrome de Guillain-Barré.

Ce syndrome est “une affection rare dans laquelle le système immunitaire du patient attaque les nerfs périphériques”, indique l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur son site. Cet état neurologique peut se développer après d’autres infections virales et se manifeste par une faiblesse des membres, un manque de réflexes, des picotements et même par une paralysie quasi-complète.

L’infection au coronavirus peut entraîner un syndrome de Guillain-Barré

Dans le cas rapporté par les neurologues chinois, la patiente est une femme de 61 ans, revenue de Wuhan quatre jours avant son hospitalisation. Elle présentait une faiblesse aiguë dans les deux jambes et une fatigue importante. Mais, la sexagénaire ne présentait pas de fièvre, de toux, de douleurs thoraciques ou de diarrhée. Et l’auscultation pulmonaire réalisée ne montrait rien de particulier. Cependant, trois jours après son hospitalisation, les symptômes se sont intensifiés et l’examen neurologique a révélé une faiblesse musculaire et une absence de réflexes aux deux jambes et aux pieds.

Une semaine après le début des symptômes, la patiente a développé les signes associés au coronavirus : une toux sèche et de la fièvre. Les neurologues lui ont ainsi fait réaliser un test PCR pour déterminer si elle était atteinte de Covid-19. Le test s’est révélé positif. Le cas observé par les neurologues semble ainsi indiquer qu’un syndrome de Guillain-Barré peut survenir au cours de l’infection par le Covid-19. Pour la sexagénaire, les manifestations neurologiques sont apparues avant la fièvre et les symptômes respiratoires.

Des médecins de la ville italienne de Pavie ont également fait le même constat. Ils ont rédigé une étude, parue dans la revue médicale New England Journal of Medicine le 17 avril, qui révèle que les patients atteints de Covid-19 peuvent présenter le syndrome de Guillain-Barré après l’apparition des premiers symptômes du coronavirus. Cinq patients sur les 1 200 malades traités dans la ville entre le 28 février et le 21 mars ont montré des signes correspondant au syndrome neurologique.

“Bien qu’elle puisse toucher les personnes de tout âge, cette maladie neurologique est plus fréquente à l’âge adulte et chez les sujets de sexe masculin. La plupart des personnes atteintes du syndrome de Guillain-Barré se rétablissent pleinement, même dans les cas les plus graves”, précise l’OMS.

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