Les femmes prennent la planche à bras le corps

  • Cet été, « 20 Minutes » part à la rencontre de surfeuses passionnées de sensations fortes et d’immensités bleues.
  • Exploits sportifs, dépassement de soi, soif d’aventure… Toutes ont dédié leur vie aux vagues et ont tenté de repousser les limites du corps et de l’esprit. 
  • Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer à l’assaut des vagues et à dominer les compétitions mondiales. 

Que vous ayez posé votre serviette en Bretagne, sur la côte landaise ou près de la Méditerranée, le constat est probablement le même : la moindre vaguelette est désormais prise d’assaut par des planches de surf qui se multiplient comme des petits flacons de gel hydroalcoolique. Une discipline qui ne cesse de
séduire des vacanciers en quête de nouveauté, des sportifs en recherche de sensations fortes, ou des instagrammeurs avides de clichés cool pour leurs stories.

Si les peaks (l’endroit où l’on se positionne pour prendre une vague) sont encore nettement squattés par une majorité d’hommes, de plus en plus de surfeuses s’y frayent un chemin et y impriment leurs propres techniques et styles. Les lignes bougent sur les vagues, et ce sport traditionnellement masculin, du moins très associé à des figures masculines (des pionniers Duke Kahanamoku ou Greg Noll à la superstar Kelly Slater), s’ouvre de plus en plus aux femmes.

Des surfeuses au sommet de la vague

Carissa Moore (médaillée d’or aux JO de Tokyo), Stéphanie Gilmore (septuple championne du monde), Maya Gabeira (record de la plus grosse vague surfée par une femme en 2020)… Autant de surfeuses internationales de haut niveau qui parcourent le globe de compétitions en compétitions, dominent les ligues d’élite et écrivent les nouvelles pages de l’histoire du surf. Des sportives qui depuis 2019 reçoivent d’ailleurs 
les mêmes primes que les hommes, après une décision de la World Surf League pour l’égalité salariale.

Du côté de la France, le surf compte lui aussi ses étoiles. A l’image de Justine Dupont, l’une des meilleures surfeuses au monde, spécialisées dans les vagues géantes. Ou encore Pauline Ado et Johanne Defay qui malgré leurs défaites en 8es de finale aux premières épreuves de la discipline des JO de Tokyo, comptent parmi les meilleures surfeuses de France et du monde.

Un engouement grandissant

Du côté de la Fédération Française de Surf, les femmes représentent 35 % des licences fédérales (qui comprend le surf, le stand up paddle, le longboard, le bodyboard et le bodysurf), soit 10 % de plus qu’à la fin des années 2000. Elles sont désormais deux fois plus nombreuses à pratiquer le surf à l’année. Un engouement grandissant pour la pratique que constate sur le terrain Nadia Ghali, vice-présidente de la fédération. Dans son club à Canet-en-Roussillon près de Perpignan, les femmes représentent même plus de la moitié des pratiquants.

« Je pense que beaucoup de femmes ne pensaient pas que c’était à leur portée, c’est en tout cas ce que je vis au quotidien dans mon club, explique-t-elle. Je leur dis que le surf n’est pas que ce qu’on voit à la télé, des gars sur des toutes petites planches à déchirer la vague. C’est le plaisir de la glisse, de partager, c’est un bien-être. Pour moi c’est ma méditation et mon exutoire, un des rares moments où l’on est dans le moment présent. »

Coucou les clichés

Le surf souffre encore de nombreux clichés et stéréotypes sexistes (le surfeur californien ultra tanké et la sirène blonde longiligne ont la vie dure…), et les inégalités persistent, notamment dans les structures encadrantes et dirigeantes, où les femmes sont encore largement minoritaires. Mais la fédération œuvre pour qu’elles se jettent de plus en plus à l’eau. « Il faut communiquer, il faut montrer des parcours inspirants pour créer des envies, des modèles, estime Nadia Ghali. Ne recommençons pas les mêmes erreurs. Il faut que les jeunes filles se disent qu’elles peuvent être juges, éducatrices et nos futures championnes de France. »

Cet été, 20 Minutes vous propose de partir à la rencontre de surfeuses passionnées de sensations fortes et d’immensités bleues. Sportives professionnelles ou non, à la recherche du dépassement de soi ou en quête d’aventures… Toutes ont dédié leur vie aux vagues et ont tenté de repousser les limites du corps et de l’esprit. Le premier épisode sera consacré à Justine Dupont, qui brave sans cesse l’impossible. La free surfeuse Léa Brassy sera au cœur du deuxième épisode, suivie par Marie-Christine Delanne, pionnière du surf en France. Enfin, le dernier épisode se tournera vers Vahine Fierro, espoir du surf français.

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