Les Français qui ont triomphé au Festival de Cannes

On se souvient des deux dernières Palme d’or françaises de la décennie. En 2013, il y a d’abord eu La Vie d’Adèle (d’Abdellatif Kechiche) avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Deux ans plus tard, Jacques Audiard était récompensé pour Dheepan

Il y a aussi les Palme d’or iconiques. Cinquante ans plus tôt, Jacques Demy était récompensé pour Les Parapluies de Cherbourg en 1964, premier grand rôle de Catherine Deneuve. 

Isabelle Huppert, Isabelle Adjani, Claude Lelouch… Voici notre sélection non-exhaustive des Français qui ont triomphé sur la Croisette depuis les années 60. 

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"Un homme et une femme" de Claude Lelouch reçoit la Palme d’or (1966)

En 1966, le réalisateur Claude Lelouch a tout juste 28 ans. Le jury lui attribue la Palme d’or pour Un homme et une femme, ex-aequo avec Ces messieurs dames de Pietro Germi. Il devient alors le sixième film français à recevoir une Palme d’or.

L’heure est à la renaissance pour le réalisateur, après plusieurs projets sans succès. Pour l’occasion, il choisit deux acteurs confirmés. Anouk Aimée a déjà joué deux fois pour Fellini (La Dolce Vita, Huit et demi), mais aussi pour Jacques Demy. Jean-Louis Trintignant est quant à lui devenu une star internationale dix ans plus tôt avec Brigitte Bardot dans Et Dieu… créa la femme.

La route du succès est lancée pour un des films français les plus iconiques, retraçant l’histoire d’amour entre un veuf et une veuve, respectivement parents d’une petite fille et d’un petit garçon. Il recevra deux Oscars et un Golden Globe l’année suivante. 

En 1986, Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée assistent à la projection cannoise de

La réalisateur revient à Cannes vingt ans plus tard, en 1986, toujours avec ses deux acteurs, pour présenter Un homme et une femme : Vingt ans déjà, puis en 2019 pour Les Plus Belles Années d’une vie, venant clore la trilogie s’étalant sur plus de quarante ans. 

Isabelle Adjani, double prix d’interprétation pour "Quartet" de James Ivory et "Possession" d’Andrzej Zulawski (1981)

En 1981, Isabelle Adjani entre dans l’Histoire du Festival de Cannes en devenant la première actrice à obtenir un double prix d’interprétation. Elle est récompensée pour son rôle dans Quartet, du Franco-Britannique James Ivory, dont l’histoire se déroule dans le Paris des années 20, ainsi que pour Possession, le quatrième filmdu réalisateur polonais Andrzej Zulawski, tourné à Berlin.

Le prix lui est remis par Donald Sutherland et Francine Racette. Sur scène, Adjani lance : “D’abord je suis contente que ce soit des amis qui me remettent le prix. Ensuite, ça m’a porté bonheur de venir remettre le prix à Anouk Aimée l’année dernière. Je voudrais remercier James Ivory et Andrzej Zulawski de m’avoir permis d’obtenir ce papier et cette boîte. Je voudrais quand même particulièrement remercier Andrzej Zulawski, sans qui je n’aurais pas pu faire le dixième de ce que j’ai fait dans Possession”.

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Isabelle Huppert et Benoît Magimel, prix d’interprétation pour leurs rôles dans "La Pianiste"  (2001)

En 2001, le film de l’Autrichien Michael Haneke devient le troisième long-métrage de l’Histoire triplement récompensé à Cannes, après Barton Fink (1991) des frères Coen et L’Humanité (1999) de Bruno Dumont.

La Pianiste repart avec le Grand prix du jury pour le réalisateur autrichien. Les deux acteurs principaux, Isabelle Huppert et Benoît Magimel remportent les prix d’interprétation. En remettant le prix à l’actrice française, la présidente du jury, l’actrice et réalisatrice norvégienne Liv Ullmann, annonce que le choix a été fait à l’unanimité. 

Isabelle Huppert incarne Erika Kohut, une professeur de piano autrichienne, célibataire, quadragénaire. Passionnée par son métier et très exigeante avec ses élèves, elle va être attirée par l’un d’entre eux, joué par Benoît Magimel. Les deux vont entretenir une relation destructrice aux tendances sadomasochistes.

"Un prophète" de Jacques Audiard, Grand prix du jury (2009)

Véritable triomphe de la 62e édition du Festival de Cannes, Un prophète a obtenu le Grand prix du jury. Le film marque le premier grand rôle remarqué de Tahar Rahim, incarnant Malik El Djebena, jeune délinquant analphabète condamné à six ans de prison, face à Niels Arestrup, en parrain corse impeccable. 

Leïla Bekhti, aussi au casting, tient un de ses premiers seconds rôles au cinéma. C’est d’ailleurs sur le tournage du film que le couple se rencontre. Le passage cannois sera prophétique pour ce film sombre traitant de l’univers carcéral. Un Prophète triomphe aux César, un an plus tard, en remportant neuf récompenses.

Pour Jacques Audiard, la consécration aura lieu six ans plus tard lorsque Dheepan reçoit la Palme d’or.

Bérenice Béjo, prix d’interprétation féminine pour "Le Passé" d’Asghar Farhadi (2013)

Un an après son rôle de maîtresse de cérémonie et ses multiples nominations pour The Artist, Bérénice Béjo est une nouvelle fois montée sur la scène du Palais des Festivals. À 36 ans, elle reçoit le prix d’interprétation féminine pour son rôle de Marie, dans Le Passé, ex-compagne d’un Iranien venue en France pour finaliser son divorce.

Asghar Farhadi a d’abord pensé à Marion Cotillard, finalement indisponible. La compagne de Michel Hazanavicius s’est ainsi offert un nouveau succès international. Interrogée par TV5 Monde, à Cannes, en 2013, l’actrice évoquait sa collaboration dans Le Passé comme “le choc de [sa] vie”. 

Agnès Varda reçoit une Palme d’honneur (2015)

À 86 ans, Agnès Varda est devenue la première femme à recevoir une Palme d’or d’honneur, deux ans après avoir présidé la Caméra d’or. Dans son communiqué publié en 2015, le Festival relevait que “son œuvre et sa vie sont portés par un souffle de liberté, un art de repousser les limites, une détermination farouche et une conviction qui se rit de tous les obstacles : elle semble capable d’accomplir tout ce qu’elle désire.”

Son œuvre et sa vie sont portés par un souffle de liberté.

Elle reçoit le prix des mains de Jane Birkin qu’elle a filmée dans Jane B. par Agnès V. (1988). “Cette Palme d’or est un plaisir surprenant et inattendu”, s’exclame-t-elle après une standing ovation. Dans son discours, la réalisatrice se rappelle, émue, sa première venue à Cannes, en 1955, “dans le train en troisième classe”.

“Cette palme dorée va être placée dans un placard chez nous, à côté de la palme de Jacques (son mari, Jacques Demy, décédé en 1990, a remporté la Palme d’or en 1964 pour Les Parapluies de Cherbourg, ndlr). Dans la vie virtuelle que je continue à partager avec lui, aujourd’hui, il y a deux vraies palmes qui ondulent doucement dans la brise de la Croisette ou de la Baie des Anges”, a-t-elle conclu au bord des larmes. 

En 2019, quelques semaines après son décès, le Festival de Cannes lui a rendu hommage en lui dédiant l’affiche officielle de sa 72e édition. 

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