Louise Malek voulait que le VIH « ne passe pas à la trappe » dans « Skam »

  • Depuis le 3 mai, France.tv Slash diffuse la huitième saison de Skam France.
  • D’abord centrée sur l’histoire de Bilal, la série s’intéresse désormais aussi à Jo, une ado atteinte du VIH.
  • « Certaines personnes m’ont dit que c’était cool d’enfin aborder le sujet, surtout sur un personnage hétéro féminin », explique la comédienne Louise Malek à 20 Minutes​.

Un mystère entourait Jo au début de la saison 8 de Skam France. Quel secret pouvait-elle bien cacher à la Mif, sa bande de potes ? Les doutes des fans de la série ont été dissipés dans le quatrième épisode, où l’on apprend que ce personnage, toujours exubérant et sans retenue, est atteint du
VIH. Pour
Louise Malek, la comédienne qui prête ses traits à Jo, il a fallu changer de registre, passer de la comédie à des tonalités plus dramatiques. Elle raconte à 20 Minutes la façon dont elle a abordé la nouvelle facette de son rôle.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que votre personnage allait avoir droit à un tel scénario ?

Au tout début, j’étais super contente parce que je venais de voir le biopic de Freddie Mercury, Bohemian Rhapsody, et comme j’avais surkiffé, je me suis dit que ça abordait une thématique qui m’avait vraiment touchée. J’étais hyper enthousiaste à l’idée d’aborder cette thématique-là.

On imagine que vous vous êtes renseignée sur le sujet avant de démarrer le tournage ?

J’ai fait des recherches, j’ai regardé des films, des courts-métrages, des témoignages de personnes séropositives. En fait, j’ai un peu tapé « VIH » sur Internet pour voir ce à quoi ça se rapportait. Et puis, il y a un intervenant qui est venu parler à Khalil [Ben Gharbia, acteur principal de la saison] et moi. Il nous a raconté son histoire, nous a parlé de l’association qu’il a créée qui s’appelle Séropotes. Ça nous a vachement éclairés. Au tout début, on ne savait même pas qu’il y avait une différence entre le sida et le VIH et quand on est ressortis, on était au courant du moindre symptôme potentiel.

La série se veut pédagogique sur le sujet. Est-ce que c’est une lourde mission à endosser ?

Complètement, j’ai une pression là-dessus. J’ai même presque un peu paniqué parce que je me suis dit que le personnage de Jo était je-m’en-foutiste, donc je ne voulais pas que le sujet passe à la trappe. J’ai essayé de faire en sorte de mettre de côté cette part d’inconscience pour me concentrer sur quelque chose de plus important, de plus sérieux.

En tant que comédienne, que vous a apporté le drame qui s’abat sur votre personnage ?

J’ai trouvé ça assez génial parce que ça me permet d’aller encore plus loin qu’avant. Je n’avais pas exploré tout ça, j’étais vachement restée en surface. Ça m’a permis d’aller plus profondément dans ce qu’elle avait à l’intérieur d’elle, ce qu’elle cachait sous cette joie de vivre quotidienne.

Est-ce qu’il a été difficile d’enchaîner les scènes comiques et les scènes plus dramatiques ?

C’est vrai que parfois, il y avait des journées où on avait des scènes très drôles puis des scènes dramatiques. Mais Shirley Monsarrat [la réalisatrice] arrivait à nous remettre dans le bain, à nous recentrer. Il y a quelqu’un qui m’a vachement aidée, c’est Jean-Denis, le costumier. Il m’a donné plein de conseils pour passer du comique au dramatique. Pour la scène de l’infirmerie, je n’arrivais pas à pleurer au début donc je paniquais et j’arrivais encore moins à pleurer. Il m’a dit de penser à ma respiration et a fait en sorte que je me lâche un peu.

Les fans de Skam se rapprochent-ils de vous pour aborder la question du VIH ?

Non, comme il n’y a pas de projections, c’est compliqué de les rencontrer. Dans les messages que je reçois, la plupart du temps, on me dit que je suis très rigolote. Mais certaines personnes m’ont dit que c’était cool d’enfin aborder le sujet, surtout sur un personnage hétéro féminin.

Beaucoup de fans réclamaient une saison centrée sur votre personnage. Est-ce qu’on peut dire que c’est un peu le cas ?

Ouais, je suis super contente parce qu’avec une saison sur mes épaules, je crois que j’aurais un peu paniqué. Mais je suis trop contente de partager ça avec Khalil même si, à l’origine, cette saison est plus sur le personnage de Bilal. Je trouve ça génial que nos histoires puissent s’entremêler, je suis trop reconnaissante envers les auteurs, envers Shirley de m’avoir offert cette place parce que ça sort de la petite Jo rigolote.

Qu’est-ce que le VIH va changer dans la relation qui unit Jo et Bilal ?

Les deux se retrouvent confrontés à des problèmes d’adultes. Ils se retrouvent vachement dans les mêmes problématiques, dans le sens où ils ont des charges sur les épaules. Jo va devoir subir un traitement alors qu’elle part dans tous les sens. Bilal, lui, a son frère à charge. Ils vont créer un lien, se soutenir et se protéger. Je pense que ça va les lier et leur apporter une relation de protection. Comme ce sont deux personnages qui sont beaucoup dans le paraître, Bilal avec ses fringues, Jo avec son sourire permanent, ils vont enfin pouvoir être eux-mêmes grâce à ces deux problématiques.

Où pourra-t-on vous retrouver une fois la saison 8 terminée ?

On a tourné dans un film avec Flavie Delangle, Stella est amoureuse, où on joue deux meilleures copines. Il est réalisé par Sylvie Verheyde et devrait sortir en début d’année prochaine, je pense. Et j’ai fait un autre film de Laurent Tirard où je joue une bonne sœur.

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